Une sérieuse blessure en 2022: un élément déclencheur de l’ascension de Michael Hage

Nicolas Cloutier
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MINNEAPOLIS | La vision que le Canadien avait en sélectionnant Michael Hage au 21e rang du repêchage de 2024 est en train de prendre forme au Championnat mondial junior. Pour comprendre l’ascension de ce joueur de centre très doué, il faut remonter à sa première saison dans la USHL.
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Quand Hage est arrivé à Chicago pour effectuer ses débuts avec le Steel en 2022, il n’était «qu’un tout petit garçon», nous racontait Matt Deschamps dans un entretien, en novembre dernier.
Deschamps était entraîneur adjoint du Steel à l’époque et il a plus tard retrouvé Hage lorsqu’il a accepté les mêmes responsabilités avec l’Université du Michigan.
La première campagne de Hage dans le junior aux États-Unis a façonné le jeune homme qu’il est aujourd’hui. On peut avec le recul la considérer comme l’élément déclencheur.
Lors de son tout premier entraînement avec le Steel, cette année-là, Hage a subi une grave blessure à une épaule: une déchirure du labrum. La même blessure qui avait forcé Cole Caufield à rater le reste de la saison 2022-2023 au mois de février, lorsqu’il marquait des buts à un rythme d’enfer. Même à son retour, Caufield avait mis du temps avant de retrouver son rythme de croisière.

Un tournant
Sans même qu’on y fasse allusion, Hage a mentionné deux fois cette blessure qui a marqué le début de sa carrière dans le junior, jeudi, au lendemain de la victoire de 7 à 4 du Canada aux dépens de la Finlande.
«Depuis que je me suis fait mal à ma première année, je veux faire mentir les gens, a affirmé Hage. Je veux prouver à tout le monde que je peux m’améliorer d’année en année.»
Durant sa remise en forme, qui s’est étirée jusqu’au mois de mars, Hage a entre autres travaillé avec Mike Fazio, un entraîneur d’habiletés du Steel. Fazio est tristement mort du cancer du testicule l’automne suivant.
Sur son poignet droit, Hage porte un bracelet vert sur lequel il est inscrit «#Mikestrong», honorant la mémoire de son défunt entraîneur.
Michael Hage porte en permanence un bracelet qui a une signification spéciale pour lui.
— Nicolas Cloutier (@NCloutierTVA) 1 janvier 2026
Il rend hommage à Mike Fazio, l'un de ses anciens entraîneurs dans la USHL décédé du cancer.
«Il m’a aidé à revenir d’une blessure durant ma première année dans le junior. Je pense à lui.» pic.twitter.com/nJH1JMin0x
«Je l’ai reçu à ses funérailles, a-t-il expliqué. Il m’avait aidé à revenir de cette blessure. Il est dans mes pensées.»
Entre cette déchirure du labrum et la perte de Fazio, il y a eu une autre tragédie. Le décès du père de Michael, Alain, dans un terrible accident.
Traverser des épreuves aussi sérieuses à un si jeune âge forge le caractère.
C’est avec fierté que Deschamps a pu témoigner de la croissance de Hage comme joueur de hockey, mais aussi comme être humain.
«Évidemment, ça n’a pas été facile pour lui, s’est-il rappelé. Au bout du compte, ce qui a été enrichissant dans cette expérience, ç’a été d’observer son développement, alors qu’il surmontait de l’adversité.
«Je l'ai vu devenir un homme.»
Hage a désormais la chance de ramener l’or, ce qu’il n’a pas eu l’occasion de faire l’an passé, puisqu’on n’avait même pas daigné l’inviter au camp de sélection.
On sent qu’il a faim. Mais ce n’est pas forcément parce qu’à pareille date en 2025, il regardait le tournoi à la maison.
«C’est surtout que j’ai tellement envie de gagner», a-t-il confié.
Voilà l’état d’esprit qui l’habite à l’approche des quarts de finale, qui opposeront vendredi soir le Canada à la Slovaquie.