«Il n’a pas été qu’un entraîneur»: une relation unique unit Makhmudov à Marc Ramsay
Le lien entre le boxeur et l’entraîneur est fort


Dave Lévesque
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LONDRES | La relation entre un boxeur et son entraîneur est particulière, elle est même presque unique à certains égards.
Il y a d’abord le cas de l’employé qui dirige le patron. Parce que l’entraîneur travaille pour le boxeur qui le paie. Il faut qu’il y ait une grande confiance qui s’installe entre les deux hommes.
C’est ce qui se passe entre Arslanbek Makhmudov et son entraîneur, Marc Ramsay, le seul qu’il ait connu depuis qu’il est venu s’installer à Montréal en 2017 pour lancer sa carrière professionnelle.
Installé sur une banquette du bar d’un hôtel de la banlieue de Londres, lors d’une journée média cacophonique en marge de son affrontement contre Tyson Fury samedi, le boxeur originaire de l’Ossétie du Nord, dans le sud-ouest de la Russie, jette un coup d’œil en direction de Ramsay comme pour s’assurer qu’il ne l’entend pas avant de parler de lui.
« Nous avons une belle connexion. Il m’a beaucoup aidé à m’adapter à la vie au Québec », confie le boxeur.
Un ami
À bien des égards, Marc Ramsay a agi comme mentor auprès de son protégé, qui lui en est reconnaissant.
« Avec l’argent, il m’a donné de bons conseils en me rappelant qu’une carrière dans la boxe, c’est court. Il m’a aidé à trouver un appartement, une maison, il n’a pas été qu’un entraîneur. Il est très heureux que j’aie une maison et une famille.
« Je dois être intelligent financièrement et ne pas dépenser de l’argent pour rien. Il a pris le temps de m’expliquer tous les aspects que je devais connaître. »
Makhmudov, qui est réservé au point d’avoir du mal à regarder son interlocuteur dans les yeux, finit par admettre timidement que Ramsay est un peu comme un membre de la famille pour lui.
« C’est un entraîneur, mais c’est aussi un ami et un peu un grand frère. Évidemment qu’on parle de boxe, mais on peut aussi parler de la vie et de plein de choses comme avec un ami. »
Compromis
Si la relation se passe bien, c’est parce que les deux hommes sont capables de mettre de l’eau dans leur vin quand c’est le temps d’atteindre un but commun.
« C’est un bon élève, il est comme à peu près tous les boxeurs qui viennent de cette région-là, il est un peu têtu, il a ses idées, s’amuse Marc Ramsay. Il faut beaucoup discuter avec pour l’amener au point où tu veux l’amener.
« Il y a beaucoup de discussions à avoir, mais il n’en demeure pas moins que c’est plaisant. »
Il n’est surtout pas question que l’un ou l’autre gagne toujours les arguments, ça serait contre-productif.
« Des fois on fait des compromis. Ça n’existe pas dans le monde de la boxe des gars avec qui tout est à sens unique. Il y a des gars plus faciles et malléables que d’autres. »
Ramsay souligne qu’il doit bien connaître la personne qui se trouve devant lui pour connaître du succès.
« Avant d’enseigner la boxe, il faut négocier avec des profils psychologiques et c’est à recommencer chaque fois. »
Makhmudov : jette un coup d’œil à sa droite où Marc est assis
Les autres Russes : Biyarslanov, nous venons des mêmes régions, alors nous nous aidons. C’est bon pour nous, ça nous permet de garder contact avec notre culture.