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Une première équipe de diabétiques participe au Grand Défi Pierre Lavoie

Ils veulent montrer que le sport et cette maladie peuvent cohabiter

Marie-Josée Hayes, Mélanie Blais, James Ravel, Julie Longpré et Isabelle Hayes sont tous diabétiques et ont décidé de participer au Grand Défi Pierre Lavoie pour démontrer qu'il est possible de faire du sport malgré leur condition.
Marie-Josée Hayes, Mélanie Blais, James Ravel, Julie Longpré et Isabelle Hayes sont tous diabétiques et ont décidé de participer au Grand Défi Pierre Lavoie pour démontrer qu'il est possible de faire du sport malgré leur condition. Courtoisie
Photo portrait de Dave Lévesque

Dave Lévesque

2023-06-10T04:00:00Z

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Le diabète et le sport ne font pas bon ménage. C’est une croyance populaire que cinq personnes ont décidé de torpiller en devenant la première équipe de diabétiques à participer au Grand Défi Pierre Lavoie.

Marie-Josée Hayes, sa sœur Isabelle, Julie Longpré, Mélanie Blais et Frank Ravel sont tous affectés par le diabète de type 1 et ils ont décidé de relever ce défi de 1000 kilomètres à vélo afin de démontrer qu’il est possible d’avoir une vie active malgré ce diagnostic.

«On veut que les parents n’empêchent pas leurs enfants de faire du sport et ne les empêchent pas de bouger», insiste Marie-Josée Hayes quand on lui parle à quelques heures du départ qui avait lieu jeudi soir à Saguenay.

«On essaie de montrer que le diabète n’est pas un problème qui nous empêche d’être actifs. Avec la technologie qu’on a maintenant, il n’y a pas de raison de ne pas faire du sport.»

Pas facile

Il faut dire que déjà, c’est un exploit d’obtenir une place pour le Grand Défi puisque les places sont très convoitées et que l’événement est contingenté.

«Nous avons fait la Boucle l’année dernière et avant la pandémie», précise Marie-Josée Hayes.

C’est par une connaissance commune que l’équipe a finalement pu gagner sa place sur la ligne de départ.

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Ils vont donc pédaler un total de mille kilomètres jusqu’à dimanche, mais c’est une distance qui est répartie sur l’ensemble du groupe.

Par exemple, Marie-Josée Hayes parcourra un peu plus de 460 kilomètres.

Gestion

Relever un tel défi est déjà colossal pour une personne qui n’a pas de problème de santé. Pour quelqu’un qui vit avec le diabète, on parle de gestion.

«C’est comme faire du vélo avec une balloune dans les mains, mais elle ne doit jamais tomber par terre», image Marie-Josée Hayes.

Les athlètes devront donc être à l’écoute de leur corps pour reconnaître les signes d’hypoglycémie par exemple, ce qui n’est pas de la tarte.

«On a des appareils pour suivre notre glycémie, mais on n’est pas assez à l’aise sur un vélo pour s’injecter en mouvement, admet Marie-Josée Hayes. Certains ont des pompes, mais la plupart sont encore aux stylos injecteurs. On ne peut pas se permettre d’arrêter en chemin et s’injecter parce qu’on roule en peloton.

«La gestion va être plus complexe, ça sera un peu plus dangereux en raison de notre état. Le fait d’être en équipe et de le faire ensemble, ça nous permet de moins nous sentir extra-terrestres.»

Bouger

On le mentionnait, il y a une vieille croyance qui veut que le sport et le diabète ne se conjuguent pas. Mais nos athlètes jurent que ce n’est pas vrai.

«Il y a beaucoup de méconnaissance du diabète, déplore Isabelle Hayes. Il y a des endocrinologues qui suivent de vieux protocoles. C’est possible d’être mince et d’être de type 1. Il y a encore beaucoup de médecins généralistes qui ne connaissent pas bien le diabète.»

James Ravel est le seul du groupe à avoir reçu un diagnostic avant l’âge adulte. Il a connu cette réalité de ne pas pouvoir faire du sport au début.

«Oui ç’a été un frein, on ne connaissait pas mes limites. Ça m’a pris plus de temps avant de faire du vélo ou de la course à pied, il y a eu une courbe d’apprentissage. On est capable de dépasser nos limites.»

Obligation

Leur condition fait en sorte qu’en fin de compte, ces athlètes diabétiques ont une meilleure connaissance de leur corps et en prennent plus soin.

«On le dit à tout le monde, pour avoir une meilleure santé, il faut bouger et bien s’alimenter. Pour nous, c’est une façon de vivre», explique Marie-Josée Hayes.

«Il n’y a pas mieux qu’un autre diabétique pour comprendre notre maladie», ajoute-t-elle.

Le message semble être entendu parce que Hayes dit avoir déjà reçu des messages positifs au sujet de leur démarche.

«Il y a déjà des gens qui m’écrivent sur Facebook et qui me disent que ça donne de l’espoir à leur petit gars qui est diabétique.»

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