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«J’avais des pensées négatives»: une pause du hockey salutaire pour l'espoir William Dufour

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Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2024-09-24T04:00:00Z

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EAST MEADOW, NY | Après une première saison professionnelle où il avait inscrit 48 points en 69 matchs avec les Islanders de Bridgeport en 2022-2023, tous les espoirs étaient permis pour l’attaquant William Dufour la saison dernière, mais les choses ont déraillé. À tel point qu’il a dû quitter l’organisation quelques semaines afin de prendre soin de sa santé mentale. Il a accepté de se confier au Journal.

Dufour, un choix de cinquième ronde des Islanders, avait le vent dans les voiles lorsqu’il a entamé sa carrière professionnelle dans la Ligue américaine de hockey. Il venait de remporter le titre de joueur le plus utile dans la LHJMQ et de mener les Sea Dogs de Saint-Jean à la conquête de la coupe Memorial grâce à sept buts en quatre matchs dans le tournoi.

À ce moment, ce choix de cinquième tour s’est hissé parmi les meilleurs espoirs des Isles et il a l’a prouvé à sa première saison dans la LAH en inscrivant 21 buts et 48 points pour terminer au cinquième rang des pointeurs de l’équipe, se méritant au passage un premier match dans la LNH, le 18 janvier 2023.

Il s’était ensuite présenté au camp des Islanders en confiance et avait laissé sa carte de visite, inscrivant notamment un but lors du match présaison face aux Rangers de New York.

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À son retour dans la LAH, toutefois, les choses ont changé. Le gros attaquant de 6 pi 3 po et 212 lb s’est mis à sentir le poids des attentes placées en lui et s’est retrouvé dans une spirale de «pensées négatives, d’idées qui n’étaient pas à la bonne place», nous a-t-il confié la semaine dernière, dans le vestiaire réservé aux joueurs n’ayant pas de place comme joueur régulier avec les Islanders, à leur complexe d’entraînement d’East Meadow en banlieue de New York.

La pression des attentes

Dufour a tout d’abord été blanchi à ses quatre premiers matchs dans la LAH puis, après ses neuf premiers matchs, comptait un but et deux mentions d’aide.

Mais, au-delà des points, la pression qu’il se mettait sur les épaules se faisait de plus en plus forte.

«La dernière fois que j’avais vécu une expérience de même, c’était à mon année de 16 ans à Rouyn-Noranda. J’étais arrivé comme choix de première ronde et les attentes étaient hautes, mais je n’avais pas fait grand-chose. Je ressentais la même chose l’an dernier. Il y avait des attentes parce que ma première saison s’était bien passée. J’avais beaucoup de hauts et de bas et j’avais du mal à passer à travers l’adversité quand je vivais un bas. Quand j’avais des séquences de deux ou trois mauvais matchs, je me mettais à trop penser», a-t-il raconté.

Une pause nécessaire

Le 5 novembre 2023, après neuf matchs et sous la recommandation de son agent, Olivier Fortier, il a donc pris la décision de se retirer de l’entourage de l’équipe afin de s’occuper de lui et de sa santé mentale.

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Il est donc revenu dans sa région natale de Québec, où il a notamment fait appel à un psychologue sportif.

«Je pense que c’était la bonne affaire. Comme Oli [Fortier] m’a dit: “Deux ou trois semaines, ce n’est pas six mois et tu es encore un bon espoir de l’organisation.” Je pense que c’est ce qui m’a réveillé et fait réaliser que manquer deux ou trois semaines de hockey, ce n’était pas catastrophique et, en bout de ligne, ç’a été bénéfique pour moi. J’ai surtout travaillé à changer ma façon de penser. Si tu fais une erreur, c’est fait, tu ne peux plus revenir en arrière et ça ne sert à rien d’y penser sans arrêt. J’ai beaucoup amélioré ça.»

De retour en confiance

Photo Jean-François Chaumont
Photo Jean-François Chaumont

William Dufour s’est présenté au camp des Islanders avec une mentalité et une confiance renouvelées. Son objectif: forcer la main de l’organisation.

L’attaquant de 22 ans est tout de même conscient du défi qui l’attend s’il désire se tailler une place avec les Islanders dès le début de la saison. L’équipe compte sur plusieurs joueurs possédant des contrats à un volet et, à vue de nez, les places disponibles en attaque sont quasi inexistantes, surtout avec l’ajout d’Anthony Duclair et de Maxim Tsyplakov lors de la saison morte.

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Mais pour Dufour, «forcer la main des Islanders» ne veut pas nécessairement dire se tailler une place dès le premier match de la saison.

«Je suis conscient qu’il y a beaucoup de joueurs sous contrat avec l’équipe. C’est sûr que s’il y a une place pour moi, je veux la saisir. J’ai travaillé sur l’aspect mental et je suis ici pour tout donner. Si ça n’arrive pas [un poste avec l’équipe en partant], je vais retourner dans la Ligue américaine de hockey et tout faire pour être le premier joueur rappelé. J’aimerais être capable de terminer la saison dans la LNH.»

Motivé par Patrick Roy

Dufour devra donc convaincre Patrick Roy de lui faire une place dans son alignement.

D’ailleurs, c’est la première fois que Dufour peut réellement travailler avec Roy sur la patinoire, et il aime l’expérience.

«J’ai vu Pat deux fois cet été au golf et on s’est aussi parlé un peu au début du camp. C’est le fun d’avoir un entraîneur qui me connaît très bien. Quand il me corrige, il le fait en français et je n’étais plus habitué à ça puisque depuis mon année à Saint John [en 2021-2022], j’ai toujours eu des entraîneurs anglophones. Patrick, c’est une légende. Je ne l’ai pas vu jouer quand j’étais petit, mais je sais ce qu’il a accompli. De pouvoir apprendre de lui, c’est incroyable et ça ne fait que commencer.»

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