Une opération a changé la vie d’un golfeur amputé
Jasmin Dumas
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La vie d’un Sherbrookois a complètement changé depuis qu’il a reçu une ostéointégration, une prothèse vissée directement dans son tibia, lui permettant de continuer à exercer l’une de ses passions: le golf.
Bernard Ouellet fait partie de la soixantaine d’amputés québécois qui ont eu recours à cette opération réalisée depuis seulement cinq ans au Canada.
«C’est comme si j’avais mes deux pieds», résume-t-il sur le 10e trou du Club de golf Milby, en Estrie, là où il joue quatre à cinq fois par semaine.
Bernard Ouellet a subi une amputation de son pied gauche à la suite d’un accident de travail dans les années 1990. Il a eu une prothèse à emboîture traditionnelle fixée à son moignon durant près de 25 ans, jusqu’à ce que son médecin lui propose l’ostéointégration en 2021.
«J’ai dit oui tout de suite. J’étais dans les premiers au pays à recevoir ça, mais ailleurs dans le monde ça se fait depuis longtemps alors je n’ai pas hésité. Et je ne le regrette pas, ç’a complètement changé ma vie», explique-t-il.
Terminés, l’irritation cutanée, les plaies et l’inconfort de la prothèse à emboîture, en plus d’être beaucoup plus stable.
«Avant ça, je tombais au moins deux fois par année, des bonnes débarques. Depuis que j’ai ma nouvelle prothèse, je n’ai pas chuté. Et mon élan de golf est beaucoup plus naturel!» lance-t-il.

Le Dr Robert Turcotte, chirurgien orthopédique au CUSM, a procédé à l’ostéointégration.
«L’idée est de mettre un implant dans l’os qui va passer à travers la peau et qui va se souder à l’os comme une prothèse de hanche ou de genou. Ce n’est pas une opération qui est très compliquée», indique-t-il.
L’ostéointégration est couverte par l’assurance maladie, la CNESST et la SAAQ. Elle est contre-indiquée chez les personnes qui ont des problèmes d’os, celles qui reçoivent des traitements de chimiothérapies et les fumeurs.
«On a fait 60 opérations comme ça depuis cinq ans, mentionne le Dr Turcotte. Un jour, je pense que ça va devenir une opération de routine. On va vous amputer et on va vous faire ça, mais pour l’instant ça reste une opération qu’on fait chez les gens qui ont des problèmes avec l’emboîture.»
L’année dernière, Bernard Ouellet a terminé au troisième rang du championnat canadien pour les personnes handicapées. Il participera au tournoi pour une deuxième fois en septembre prochain.
«C’est vraiment une belle expérience, tu joues avec des gens qui comprennent ta réalité et j’en profite pour faire de la promotion pour l’ostéointégration. Pour moi, c’est important de faire connaître cette nouvelle technologie afin que le plus de personnes possible puissent en bénéficier», souligne-t-il.