Une occasion manquée à Washington

Jean-Charles Lajoie
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L’algorithme chargé de planifier le calendrier de la Ligue nationale semble affectionner les Capitals de Washington.
Souvent, les «Caps» attendent un adversaire qui débarque sur la fin d’un «dos-à-dos», c’était le cas pour le Canadien, mardi soir.
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L’ennui, c’est que le niveau élevé de sécurité nationale dans la capitale américaine apporte un alourdissement aux équipes en visite.
Impossible d’atterrir à l’aéroport situé à 15 minutes du lieu du match passé une certaine heure, les clubs doivent se résoudre à toucher terre à trois quarts d’heure de leur hôtel.
Si au moins la ligue faisait un peu sa part en programmant les matchs à 20h au lieu de 19h. Mais non. Ça prive les joueurs adverses d’une précieuse heure de sommeil de plus.
Le Canadien est arrivé à l’hôtel passé 2h30 dans la nuit de lundi à mardi. Tout était en place pour un effondrement en règle en troisième période... et c’est arrivé.
Voilà pour les excuses. C’est en se basant sur celles-ci que l’on convient d’emblée que le Tricolore a arraché un énorme point de classement aux «Caps» à Washington, mardi soir.
C’est une façon romantique de voir la chose et je comprends le discours d’après match de Martin St-Louis, plutôt heureux de la tournure des événements, du moins devant les médias. Toutefois, je doute que le coach ait été aussi calme intérieurement.
Parce qu’au-delà du résultat, il y a la manière et elle n’était pas belle à Washington. Le CH était à peu de choses de s’accrocher et de gagner le duel.
À commencer par le cinq contre trois en fin de deuxième. Aucune menace, aucun sentiment d’urgence, comme si le simple fait de posséder la rondelle et la faire circuler dans le tiers offensif suffisait.
Le CH marque sur cette séquence et le match est hors de portée compte tenu de l’excellence de Samuel Montembeault, un des seuls qui méritait un meilleur sort.
Et puis, préférer Alexandre Texier à Ivan Demidov en avantage numérique équivaut à dire au jeune ailier russe que son trophée Calder nous intéresse comme un traitement de canal à froid.
Tout comme préférer Noah Dobson à Lane Hutson est une insulte à l’intelligence du joueur «franchise» de l’organisation. Hutson est un catalyseur extraordinaire, c’est encore plus vrai avec un homme en plus.
Au fait, pourquoi deux présences de Juraj Slafkovsky et aucune de Demidov en prolongation? «Slaf» est dans une éclosion qui me fait oublier toutes ses soirées où il me décevait, mais il ne sera jamais plus efficace qu’un Demidov à trois contre trois.
Ces petits détails en disent long sur la façon dont Martin St-Louis semble encore quelques fois pris entre l’apprentissage et le développement vis-à-vis de l’urgence de gagner.
C’était Washington, mardi soir. Ce club qui s’est essuyé les pieds sur le visage du Canadien en cinq petits matchs en avril dernier en séries, avec de le planter 8-4 devant ses partisans en novembre.
Une équipe amoindrie et dans une mauvaise passe, privée de la brute Tom Wilson.
L’occasion était superbe de leur remettre un peu de change. Il fallait flairer l’odeur du sang, mettre un troisième but en fin de deuxième puis s’accrocher en repli en s’appuyant sur Montembeault.
En prolongation, il fallait «lâcher lousse» Demidov, capable de sceller le match à lui seul. Au fait, où est-il écrit que Demidov ne peut pas faire une présence avec Nick Suzuki en prolongation?
Mardi soir, le Canadien a perdu un gros point de classement à Washington. Vous me trouvez trop sévère? Pourtant, je regarde une excellente jeune équipe en développement et je ne fais que rehausser mes exigences, tout simplement.