Une médaille olympique malgré une fracture à un pied


Richard Boutin
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L’adrénaline et le désir de ne pas rater son baptême olympique aidant, la plongeuse Mélissa Citrini-Beaulieu a remporté l’argent aux Jeux de Tokyo en dépit d’une fracture au pied gauche.
En compagnie de Jennifer Abel, Citrini-Beaulieu est montée sur la deuxième marche du podium au 3 m synchronisé pour offrir au Canada sa première médaille des Jeux. Il s’agissait du meilleur résultat canadien depuis la médaille d’argent d’Alexandre Despatie en 2008 à Pékin et du meilleur de l’histoire au 3 m synchronisé.
«Nous avons tous des bobos, mais disons que j’ai un bon seuil de tolérance à la douleur, a raconté la plongeuse de 26 ans. Je sentais la douleur, mais c’était endurable. Avec l’adrénaline, tu oublies les bobos quand tu montes sur le tremplin. Je misais sur un bon physiothérapeute et les entraîneurs ont bien géré la situation.»
La plongeuse de Saint-Constant a-t-elle craint à un moment donné de rater les Jeux ?
«Le mal était fait et je ne pouvais pas aggraver ma blessure, a-t-elle expliqué au sujet de sa fracture subie en août 2020. Je savais qu’une opération serait nécessaire, mais j’ai préféré attendre parce que nous étions dans une année olympique. J’ai plongé un an et demi avec ma blessure. En décembre 2020, j’ai porté une botte et reçu une injection de cortisone pendant la période des Fêtes. Ça m’a aidé à mon retour.»
«Je me dis que nous sommes toutes dans le même bateau, de poursuivre Citrini-Beaulieu, et ce sont les athlètes qui affrontent les problèmes le mieux qui sont avantagés. Ma philosophie de vie est quand il y a un problème, tu trouves une solution. C’est la même chose dans le sport.»
Blessure à l’épaule
En décembre alors qu’elle se préparait pour la nouvelle saison sans avoir encore passé sous le bistouri, la médaillée d’argent des Jeux de Tokyo s’est disloqué l’épaule droite. Le bras immobilisé dans une attelle, elle a été arrêtée pendant des semaines.
«J’ai réalisé que j’avais besoin de prendre soin de mon corps parce que les Jeux de 2024 arrivent à grands pas, a-t-elle résumé. J’ai été opérée au pied il y a un mois et je suis des traitements pour ma clavicule. En cette année postolympique, c’était le meilleur moment pour être opérée et me consacrer à ma santé. J’ai pris la décision avec les membres de mon équipe et tout le monde m’a appuyé.»
Citrini-Beaulieu a donc fait l’impasse sur les championnats nationaux qui ont eu lieu la fin de semaine dernière à Victoria et par la même occasion elle doit faire une croix sur les mondiaux aquatiques qui se dérouleront du 18 juin au 3 juillet à Budapest.
«J’ai amorcé mon processus de réhabilitation pour mes deux blessures et je me prépare pour la prochaine saison, a indiqué celle qui a aussi commencé à travailler comme infirmière. Je prends l’été pour me remettre sur pied et je prévois être là pour le début de la prochaine saison à la fin août.»
Nouvelle partenaire
Désireuse de poursuivre jusqu’à Paris, Citrini-Beaulieu sait qu’elle devra se dénicher une nouvelle partenaire puisque Abel a pris sa retraite au retour de Tokyo et donné naissance à un premier enfant au printemps.
«La relation avec Jennifer était très particulière parce que la cohésion était présente dès le départ. Il y a une belle relève au Canada et il reste deux ans pour déterminer qu’elle sera la meilleure combinaison. L’épreuve individuelle a toujours été la priorité et ça ne change pas.»
À Victoria, Mia Vallé a remporté les épreuves aux tremplins d’un mètre qui n’est pas une discipline olympique et de 3 m. La double olympienne Pamela Ware a terminé au 3e rang à chaque occasion.