Tournoi des Maîtres: une marche «brutale»
L’Ontarien Mackenzie Hughes anticipe déjà la pénible montée de l’allée du 18e trou


François-David Rouleau
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AUGUSTA | Bien calé dans son sofa à regarder attentivement le Tournoi des Maîtres, on distingue peu, ou à peu près pas, les ondulations et les changements d’élévation du Augusta National. Sur place, la réalité saute aux yeux. Déambuler sur ce parcours n’est pas une petite promenade dominicale.
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Après la montée de l’allée du 18e trou, Mackenzie Hughes aimerait se retrouver confortablement installé sur un divan tant la marche a déchargé sa batterie.
« C’est brutal. Je le dis chaque fois à mon cadet Mike, relate le Canadien de 31 ans qui participe à son troisième Tournoi des Maîtres. J’ai pourtant deux très bonnes jambes et je suis en forme. Je sens toujours que c’est plus taxant que ça en a l’air. C’est toute une marche ! »
« Pour terminer la ronde, cette côte au 18e nous achève, poursuit-il, en notant aussi celles à l’approche des 8e et 9e fanions. Tout ce que tu souhaites, c’est d’en finir et relaxer. »
Aux passages ascendants s’ajoutent les endroits inclinés. L’allée de la normale 5 du 13e drapeau, surnommée Azalea, est autant inclinée vers la gauche qu’un virage d’une piste de NASCAR.
Des déplacements additionnels
Et aux 7510 verges officielles, il faut aussi additionner les distances pour se rendre aux tertres plus reculés. Au fil du temps, l’Augusta National s’est adapté aux avancées technologiques de l’équipement. Les tertres ne sont plus adjacents aux verts.
« C’est franchement un parcours difficile à marcher », estime Justin Thomas, 28 ans, qui joue en moyenne 23 tournois par saison sur le circuit de la PGA depuis 2014.
« C’est la plus difficile de l’année, insiste-t-il. Elle est très, très longue et vallonnée. Se rendre aux tertres arrière, reculés de 60-70 verges, ce n’est pas toujours évident. Il y a 20 ou 30 ans, ça ne devait pas être si dur, mais le parcours a beaucoup changé. »
En effet, depuis sa fondation en 1934, le comité de compétition l’a allongé de près de 600 verges au fil des ans. Cette année, les 11e et 15e trous ont subi des rénovations majeures changeant la stratégie.
« On ajoute tous ces déplacements supplémentaires aux ondulations impressionnantes et nous terminons notre ronde brûlés. À la fin de la semaine, j’ai les jambes mortes », explique Hughes.
Gestion des forces
Même pas encore dans la trentaine, Thomas explique qu’il doit gérer son énergie durant la semaine du Masters. Il se prépare physiquement dans les semaines précédant le prestigieux événement.
Les golfeurs d’aujourd’hui n’ont jamais été aussi en forme. Pour résister au marathon d’un championnat, ils se soumettent à d’intenses régimes d’entraînement. Exit depuis longtemps les bedonnants et les fumeurs sur le parcours.
Observer la silhouette des meilleurs d’entre eux permet de constater l’évolution du sport.
Bref, des promenades de beaucoup plus de 8000 verges par jour, en montées, en descentes et en dévers, c’est ce qui attend Tiger Woods cette semaine. Cela représente environ 7,5 kilomètres quotidiennement.
Avec une jambe droite qui a subi d’importantes chirurgies et qui manque de flexibilité, la tâche ne sera pas évidente. D’autant plus qu’il doit aligner de bons pointages.
« J’espère que ça va tenir et qu’il se sentira en forme », a souhaité Hughes.