Contrat professionnel à 16 ans: une jeune Québécoise vit le rêve du soccer en Espagne


Benoît Rioux
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Depuis son départ pour l’Europe, la Québécoise Roxanne Bolduc a déjà eu l’occasion de croiser Kylian Mbappé de même que la jeune sensation espagnole Lamine Yamal. À seulement 16 ans, l’adolescente devine bien que sa vie est loin d’être banale, mais elle demeure les pieds sur terre en espérant tracer son propre chemin dans le soccer professionnel.
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«Mon horaire est tellement chargé avec l’école et les entraînements que je m’arrête rarement pour penser à tout ce que je vis», convient-elle, avec le sourire.
Établie depuis trois ans avec sa famille à Valence, en Espagne, Bolduc vient de franchir une nouvelle étape importante devant la mener vers ses plus grands rêves: un premier contrat professionnel d’une durée de trois ans.

Désormais associée avec l’équipe réserve du Valencia CF, la Québécoise évoluant comme défenseure centrale entend suivre le plan relié à son développement. Elle ne peut toutefois s’empêcher de viser de grands objectifs allant jusqu’à une victoire à la Coupe du monde de soccer.
«Depuis que je suis toute petite, ça demeure mon rêve le plus fou de gagner la Coupe du monde», indique-t-elle, consciente que les sacrifices seront encore nombreux avant d’en arriver là.
«Avec du recul, je me dis qu’il y a moins de trois ans, j’étais à des années-lumière de mon niveau actuel, ajoute l’adolescente. Donc, je me permets de rêver.»
Le numéro de Sinclair
Alors que son contrat professionnel entrera en vigueur officiellement le 1er janvier 2025, lorsqu’elle aura 17 ans, Bolduc a déjà pu choisir son numéro avec le club de Valence, un numéro qui fait d’ailleurs honneur à ses racines au Canada.
«Je souhaitais avoir le 12 pour Christine Sinclair et ç’a fonctionné, se réjouit-elle. J’ai joué avec ce numéro dans les dernières années et ç’a plutôt bien été.»

En défense centrale, Bolduc demeure calme et responsable, mais elle sait que ses habiletés à relancer l’attaque font partie de ses forces. Elle cite ainsi, parmi ses principaux modèles, la Canadienne Vanessa Gilles ou encore la Française Wendie Renard, des coéquipières avec l’Olympique lyonnais.
Si l’Espagne convient mieux pour le développement de Bolduc à long terme, en raison de son jeune âge, il faut savoir que la Québécoise a aussi été courtisée en France.
«Mbappé? Je l’ai vu quand j’ai été avec le Paris Saint-Germain pendant une semaine pour un essai, il s’entraînait sur le terrain d’à-côté», a-t-elle ainsi précisé, non sans une certaine retenue au moment d’apporter la précision.
Une sélection chez les «Bleues»
Après le déménagement de sa famille en Espagne, Bolduc a d’abord joué pour l’Académie de Levante UD (ce qui lui a d’ailleurs permis de croiser Lamine Yamal dans un tournoi à Madrid). En raison des origines françaises de sa mère Ingrid, elle est ensuite parvenue à se tailler une place avec l’équipe de France U17.

«Cette sélection [en septembre 2023] demeure peut-être ma plus belle expérience de soccer jusqu’à maintenant, qualifie celle qui a grandi à Otterburn Park, en Montérégie. On a joué un match amical contre l’Irlande du Nord. C’était à Belfast dans le vieux stade de Seaview, c’était incroyable!»
Cette expérience dans l’uniforme des «Bleues» a évidemment aidé à ce qu’elle obtienne un premier contrat professionnel. À propos du pays qu’elle rêve de représenter un jour à la Coupe du monde, Bolduc n’est pas encore rendue à se poser la question. Le Canada? La France? L’Espagne? Si, un jour, elle devait faire face à un tel dilemme, il s’agira d’un heureux problème.
Une pensée pour son premier entraîneur
Ayant longtemps vécu en Montérégie, Roxanne Bolduc poursuit maintenant son parcours sur les terrains de soccer en Espagne, mais elle n’oublie pas d’où elle vient.
La Québécoise aura donc défendu tour à tour les couleurs de l’Association de soccer de la Vallée du Richelieu, puis celles de l’association régionale de soccer Richelieu-Yamaska. Un petit tour avec le FC Saint-Bruno, puis avec l’Ascalon de Saint-Georges, en Beauce, avant de se retrouver en Europe.
À travers son chemin, Bolduc a naturellement croisé de nombreux entraîneurs au Québec. Reconnaissante, elle aimerait tous les nommer.
«J’en ai eu plusieurs, mais Pierre-Luc Roy a été mon premier entraîneur, a-t-elle indiqué. Il est celui qui m’a montré les bases du soccer.»
Ancienne partisane de l’Impact
Autrefois attaquante avant d’être mutée en défense centrale, Bolduc dit avoir aussi développé sa passion pour le soccer en suivant le club qu’on appelait alors l’Impact de Montréal. Elle reconnaît avoir trippé fort, plus jeune, sur Marco Di Vaio.
Bolduc vit maintenant son propre rêve avec l’équipe de réserve du Valencia FC. Qu’elle parvienne ou non à atteindre ses plus grands objectifs, l’adolescente québécoise ne pourra que bénéficier de sa présente expérience de vie, une expérience ayant d’abord débuté au Québec. Et lorsqu’elle revient dans La Belle Province pendant ses vacances, la poutine demeure toujours une option. Ou encore une bonne crème molle.