«Une idée, ça ne se bombarde pas»: la mort du chef du Hamas pourrait ne rien changer, selon un expert
Cheyenne Ogoyard
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La mort du chef du Hamas, Yahya Sinouar, est un coup dur pour l’organisation, mais ne va pas l’empêcher d’exister, estime un expert.
«C'est sûr que c'est un dur coup, forcément, parce que bon, non seulement il était le dirigeant du Hamas, mais c'est aussi un peu un symbole. Mais le Hamas, comme le Hezbollah d'ailleurs, vous avez vu, ils ont réussi à éliminer Nasrallah, mais le Hezbollah existe toujours. Le Hamas, c'est un peu ça», a expliqué Sylvain Castonguay, journaliste indépendant.
Pour le journaliste, les personnes qui pourraient lui succéder ne sont pas moins radicales qu’il ne l’était.
«Pour des gens comme lui, c'est la victoire ou la mort. Il a une chose en commun avec Netanyahou et les gens du Likud [parti politique israélien de tendance national-libérale]. Lui non plus, il ne croit pas à la solution à deux états. C'est absolument exclu», a-t-il continué.
Le chef du Hamas était vu par beaucoup comme un frein à la libération des otages israéliens depuis le 7 octobre, et beaucoup le tenaient également responsable de la non-progression des négociations sur un cessez-le-feu.
Cependant, M. Castonguay croit que pour arrêter le conflit, un compromis difficile à accepter doit être avancé.
«Moi, je pense qu'une idée, ça ne se bombarde pas, ça ne s'élimine pas. Et je pense que si jamais ils y arrivaient, c'est un peu utopique de le penser, mais en ce moment, quand on voit toutes les victimes dans la bande de Gaza [...] il faut arriver à une solution qui va déplaire aux extrémistes des deux côtés pour que les gens qui vivent entre les deux puissent justement vivre en paix», a-t-il ajouté.
«[Yahya Sinouar] a tué beaucoup plus de Palestiniens que tué d'Israéliens dans sa vie», a-t-il poursuivi.
Cette nouvelle suscite l’espoir auprès des familles des otages toujours détenus à Gaza, mais soulève aussi bien des questions quant à la suite de cette guerre qui a coûté la vie à plus de 40 000 Palestiniens.