Une hockeyeuse de 17 ans se bat contre un cancer: «Je ne voulais pas devenir une guenille»


Mylène Richard
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Quand Alicia Laroche a reçu un diagnostic de leucémie, elle a pleuré, mais rapidement, l’adolescente de l’Estrie a relevé la tête dans l’espoir de rechausser ses patins.
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«J’ai dit à ma mère que je ne voulais pas devenir une guenille et que je voulais jouer au hockey», a raconté Alicia en entrevue au Journal.
Avec sa mère, Anik, son père, Patrick, son frère, Félix, 11 ans, et sa sœur, Naomy, 16 ans, elle a versé des larmes. Pas question, cependant, de s’apitoyer sur son sort.
«Ça ne changeait rien au fait que j’étais malade. Aussi bien se motiver, se botter le derrière et se battre», a dit avec philosophie l’héroïne de la Coupe Charles-Bruneau de Montréal, un tournoi de hockey-balle qui aura lieu samedi au stade IGA dont l’objectif est de récolter 1,25 million $ pour la recherche sur les cancers pédiatriques.

Et c’est un peu grâce à sa «tête de cochon» que l’ado de 17 ans a pu affronter cette épreuve avec bravoure.
«Quand on me disait quelque chose, je le faisais. Je n’ai pas lâché. J’ai réussi à continuer ma vie malgré tout. Je savais que j’étais têtue, mais peut-être pas à ce point-là!» a rigolé celle qui est dorénavant en «maintenance», n’ayant qu’un rendez-vous par mois à l’hôpital.

35 jours plus tard
La vie d’Alicia a basculé en août 2024. Elle ne se sentait pas bien et, anticipant une mononucléose, sa mère l’a amenée à la clinique.
«Le lendemain, on nous a appelés pour nous dire qu’on nous attendait en urgence au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke parce que mes globules blancs étaient anormalement bas. Je suis ressortie 35 jours plus tard», a relaté l’athlète de Coaticook.
Ce ne fut pas facile de perdre en partie ses beaux et longs cheveux, mais ne pas pouvoir jouer avec son équipe féminine M18 AA du Phœnix de Sherbrooke est encore aujourd’hui un supplice.
Dépenser son énergie
Avant cette leucémie lymphoblastique aiguë de type B, Alicia était jusqu’à six fois par semaine sur la patinoire. En plus de deux entraînements et de deux matchs, elle donnait un coup de main lors des entraînements de son frère et jouait parfois dans la ligue de sa tante.
Le sport, c’est un mode de vie nécessaire à son équilibre depuis qu’elle a 4 ans.
«À l’école, j’avais des problèmes parce que j’avais trop d’énergie pour les profs. Mes parents m’ont inscrit au hockey et ça s’est réglé. Il faut que je bouge, sinon mon moral en prend un coup et je suis un peu désagréable!» a admis la défenseure, qui n’a presque pas ressenti d’effets secondaires à la suite des traitements, «l’exception des exceptions», selon des infirmières.

Insistante auprès des docteurs
À force de harceler les médecins, Alicia a obtenu l’autorisation de s’entraîner après Noël. Son entraîneur, Francis Rosa, avec qui elle a remporté deux fois la coupe Chevrolet aux Championnats provinciaux à 10 et 11 ans, lui a permis de retrouver ses coéquipières. Mais son retour ne s’est pas passé comme prévu.
«Je pense que je n’étais pas assez en forme, a-t-elle reconnu. Après cinq minutes, je me suis assise sur le banc et ça n’allait pas. Je suis allée ensuite au gym et ça m’a aidée. C’est sûr que j’étais plus lente, mais techniquement, ce n’était pas si pire.»
«J’étais quand même fière parce que je ne savais pas si j’allais devoir recommencer à zéro, réapprendre à patiner. Finalement, c’est comme faire du vélo», a mentionné Alicia, qui devrait disputer un premier match en un an et demi au mois d’octobre.
