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Une hérésie gênante

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-05-13T22:19:32Z

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Ça me brise pratiquement le cœur de seulement l’évoquer, mais la saison de l’équipe de Montréal en LPHF semble tirer à sa fin.

En retard 2-0 dans sa série au meilleur de cinq, les troupières de Marie-Philip Poulin et Kori Cheverie doivent aller gagner deux fois à Boston et revenir triompher à Laval en match ultime. Pas de la tarte.

Elles doivent surtout trouver une façon de résoudre l’énigme Aerin Frankel, la gardienne de but de Boston qui a repoussé 109 tirs en deux matchs s’étirant sur 186 minutes et neuf secondes, soit neuf périodes et un tiers ou un peu plus de trois rencontres.

Avant le début de la série, néophyte plus qu’expert, mais quand même observateur averti, je me disais qu’outre Marie-Philip Poulin, la «clutch des clutch», Montréal comptait assurément sur une domination devant la cage avec la présence d’Anne-Renée Desbiens.

Dans les faits, Desbiens n’a rien à se reprocher, mais Frankel jusqu’ici fait les quelques arrêts de plus pour mener les siennes vers la grande finale.

Ce qui ressort, outre cette élimination qui pend trop rapidement au bout du nez des Montréalaises, c’est l’utilisation à géométrie très variable des forces disponibles sur le banc par la coach Kori Cheverie.

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Sa rivale de Boston donne dans le même sens aussi, mais de voir 10 joueuses sur 36 jouer moins de 10 minutes dans un match qui en a compté presque 112 est une hérésie gênante.

La Ligue va devoir réagir et faire des approches et autres interventions de sensibilisation auprès des dirigeantes des équipes. Ce n’est pas en dirigeant deux équipes en une que la ligue va gagner la crédibilité qu’elle souhaite recevoir.

Si près de 30% des effectifs ne jouent pas ou très peu dans les séries, comment prétendre voir les cadres de la ligue augmenter sans nuire irrémédiablement à la qualité du spectacle?!

Ça, c’est ma perception du regard corporatif des autorités de la LPHF sur cette situation déplorable...

Quant à mon regard au niveau des opérations de chacune des équipes, peu importe le sport et le niveau, il est toujours hasardeux de donner dans du temps d’utilisation aussi mal réparti.

Dans la ligue nationale, lors de marathons de séries éliminatoires, on voit des joueurs disputer moins de minutes que les autres, mais en général, ils sont trois ou quatre par équipe maximum à moins toucher à la glace et, encore, ils y touchent en moyenne beaucoup plus que ce à quoi on a assisté à Laval lors des deux premiers matchs de cette série.

C’est dangereux pour le collectif, c’est contre-indiqué et, à moyen terme, ça ne peut que nuire à la crédibilité du circuit pourtant impressionnant de Billie Jean King.

Je comprends toutefois que des rivalités existent bel et bien, que les équipes jouent pour elles-mêmes et non pour la collectivité... qu’une concertation suivie d’une collusion dans la confrérie des directrices générales et des entraineuses est pratiquement impensable.

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N’empêche qu’une réflexion majeure s’impose afin de s’assurer de gagner tout en développant les joueuses de soutien et en les gardant impliquées dans les matchs autrement qu’en attrapant la grippe ou en développant des engelures aux orteils assises sur le bout du banc.

Ce n’est pas normal que des joueuses prêtent leurs gants secs à d’autres joueuses, car les leur sont trop trempés...

Et je précise qu’il ne s’agit pas ici d’une critique envers l’équipe de Montréal uniquement. Boston agit de la même façon ou à peu près dans cette série.

Et comme les habitués de ma tribune le savent fort bien, je ne taris pas d’éloges à l’endroit de Mélodie Daoust, que j’adore.

Mais sa situation personnelle a fait en sorte qu’il lui fut difficile de jouer à temps plein avec l’équipe de Montréal cette saison. C’est une situation regrettable qui a certainement déplu avec raison à Mélo...

Mais lorsqu’elle peut rejoindre l’équipe sur un contrat de 10 jours, on comprend qu’elle va disputer la demi-finale, mais sera exclue de la finale le cas échant...

Qui plus est, en entrant dans la formation directement sur le premier trio alors que certaines coéquipières temps plein se les gèle au bout du banc, pour le collectif, je ne suis pas certain que c’est très productif. À bon entendeur, une réflexion s’impose, parce qu’on gagne en équipe et, dans le cas de Montréal, actuellement, on perd, mais pas nécessairement en équipe

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