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Une finale qui fait du bien... et une leçon pour le Canadien

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2026-06-11T22:10:00Z
2026-06-11T22:10:56Z

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J’avais abordé cette finale de la Coupe Stanley à reculons. Le goût amer de l’élimination sans appel du Canadien face aux Hurricanes avait été long à digérer. Et pour être franc, la perspective de voir la Caroline en grande finale ne m’enthousiasmait pas vraiment. 

Car au-delà du résultat, j’accorde toujours une grande importance à la manière. Je veux du spectacle, du suspense, de l’émotion. Je veux rester sur le bout de mon siège et croire que rien n’est joué avant les derniers instants. C’est ça, la puissance du sport : ce dernier bastion du direct capable de captiver encore les foules à l’ère des plateformes numériques.

Or, la Caroline — malgré son efficacité redoutable — incarne un style qui peut vite devenir étouffant. Une approche défensive, un jeu fermé, presque soporifique, qui a permis d’éliminer le Canadien en cinq matchs, mais qui, sur une longue période, peut rendre le produit moins attrayant.

Je redoutais donc une finale à sens unique sur le plan du spectacle. Une victoire des Hurricanes aurait même pu inspirer une vague de copies à travers la ligue, comme à l’époque de la célèbre trappe de Jacques Lemaire. Une époque que plusieurs, dont moi, préfèrent oublier.

Finalement, la finale actuelle offre tout le contraire.

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Grâce aux Golden Knights de Vegas, on assiste à une série enlevante, intense, spectaculaire. Une équipe qui patine, frappe, attaque sans relâche et force son adversaire à suivre le rythme. Vegas impose un tempo qui oblige même la Caroline à sortir de sa zone de confort.

Résultat : une finale qui dépasse les attentes.

Il y a de la vitesse, de la robustesse, du talent. Des buts, des chances de marquer, du jeu ouvert. Bref, tout ce qu’on souhaite voir à ce temps-ci de l’année. Même le décorum parfois exagéré des Knights avant les matchs — un spectacle très américain — devient secondaire une fois la rondelle déposée.

Cette série rappelle une chose essentielle : pour gagner, oui, mais aussi pour plaire, le hockey doit demeurer spectaculaire.

Et cela amène une réflexion directe sur le Canadien.

À première vue, l’équipe montréalaise semble encore loin de rivaliser avec les formations en finale au mois de juin. Mais en regardant de plus près, l’écart n’est peut-être pas aussi grand qu’on le pense.

Oui, il manque des pièces importantes : un centre gaucher de qualité pour le top 6 et un défenseur droitier capable d’évoluer dans le top 4. Mais il y a aussi un élément souvent sous-estimé... un véritable quatrième trio ayant une identité.

Un trio composé de joueurs capables d’imposer leur présence physique, de déranger l’adversaire et de donner de l’énergie au groupe. Des joueurs prêts à tout pour le logo sur leur chandail.

Ces « plombiers » ont toujours joué un rôle crucial dans les équipes championnes. Les grands joueurs de l’histoire ont souvent été protégés et soutenus par ce type de coéquipier. Wayne Gretzky avec Dave Semenko, Mike Bossy avec Clark Gillies... et aujourd’hui encore, ce lien existe dans les vestiaires.

Chez le Canadien, Arber Xhekaj joue déjà ce rôle de shérif apprécié autour du noyau composé de Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky. Mais il en faut davantage.

La finale actuelle en offre un exemple concret. Les Golden Knights peuvent compter sur un quatrième trio énergique et robuste, capable de contribuer offensivement à l’occasion. Du côté des Hurricanes, le trio Jankowski-Carrier-Robinson fait également un travail remarquable depuis le début des séries.

À Montréal, certaines pistes existent déjà.

La candidature d’A.J. Greer sera à considérer. Josh Anderson pourrait également glisser dans un rôle plus adapté sur un quatrième trio. Encadrer un jeune comme Florian Xhekaj avec ce genre de profil pourrait donner une identité claire et efficace à cette unité.

Bref, cette finale ne fait pas que divertir. Elle sert aussi de rappel et de modèle.

Un modèle qui montre que le succès passe autant par le talent que par la profondeur, l’identité et l’engagement collectif.

Et ça, le Canadien ne doit pas le perdre de vue.

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