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Une fiche trompeuse pour Montréal

PHOTO FOURNIE PAR LA LPHF
Photo portrait de Patric Laprade

Patric Laprade

2024-12-22T14:48:22Z

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Après une longue pause de 15 jours, la Victoire de Montréal a repris le collier samedi après-midi et l’a fait de belle façon avec un gain de 4 à 3 contre les Sceptres de Toronto. Il s’agit d’une première victoire en six matchs pour l’équipe de Kori Cheverie contre Toronto. 

Avec cette victoire, Montréal présente donc une fiche de trois victoires et une seule défaite. Pas mauvais direz-vous. Pourtant, l’équipe se trouve au troisième rang du classement général, à trois points du Frost du Minnesota.

Est-ce que la fiche de la Victoire est trompeuse? Il faut en effet regarder un peu plus en détail pour bien comprendre et analyser le tout.

Contrairement à la LNH, LAH et LHJMQ, les ligues de hockey les plus connues au Québec, une victoire en temps régulier dans la LPHF ne vaut pas la même chose qu’une victoire en prolongation ou en tirs de barrage.

Un gain à la règlementaire vaut trois points et une en prolongation ou en fusillade en vaut deux, alors qu’une défaite après 60 minutes de jeu vaut un point.

C’est ce qui fait dire à la majorité des entraîneurs que chaque point est important dans cette ligue. Certes. Mais par-dessus tout, une victoire en temps réglementaire est payante.

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Montréal, New York et Minnesota ont tous les trois une fiche de trois victoires et une seule défaite. Pourtant, Minnesota domine le classement avec 10 points, New York suit avec huit et Montréal est troisième avec sept points.

Trois fiches qui semblent identiques. Trois points d’écart entre les trois équipes.

C’est que Minnesota a remporté ses trois victoires à l’intérieur des 60 minutes de jeu. New York a réussi à gagner de cette manière à deux reprises alors que Montréal ne l’a fait qu’une seule fois. De plus, les défaites des Sirens et de la Victoire sont survenues à la régulière, alors que Minnesota a perdu son seul et unique match en prolongation.

C’est ce qui cause l’écart entre les trois équipes. Par le fait même, Montréal se trouve à trois points de la première place, mais aussi à trois points de la dernière place, et ce, même si Toronto a une fiche d’une victoire et quatre défaites.

Gagner à la régulière, mais perdre en prolongation est la clé du succès dans cette ligue. C’est la différence entre une première et une sixième place, entre participer aux séries et avoir le premier choix au prochain repêchage.

Des écarts ailleurs que dans le classement général

Mais continuons ces comparaisons entre Montréal et les deux autres équipes ayant la même fiche.

L’équipe a accordé 11 buts, soit un de plus que New York et Minnesota. Le problème réside dans le fait qu’elle n’en a marqué que 11 également. Minnesota et New York dominent dans cette catégorie avec 16 et 14 buts pour, respectivement.

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Montréal est en troisième position du classement général, un point devant Boston, mais se retrouve au quatrième rang dans la fiche des buts contre ainsi que dans la catégorie des buts pour.

Comme les victoires à la régulière sont si importantes, regardons le nombre de buts marqués dans les trois premières périodes. Minnesota domine avec 16, New York suit avec 13 alors que Montréal en a marqué neuf, bon pour le dernier rang, à égalité avec Boston.

Ce manque de production à l’attaque est particulièrement marqué par un avantage numérique déficient. Montréal est l’équipe qui a reçu le plus d’avantages numériques dans la ligue avec 18. Pourtant, elle n’a marqué que deux fois pour une moyenne de 11.1%. La moyenne de la ligue est de 22%, soit le double de la production montréalaise. L’avantage numérique de cinq minutes sans but du match de samedi est symptomatique du jeu de puissance de Montréal et aurait pu coûter le match à l’équipe.

Même au niveau individuel, Montréal n’est pas avantagée. Quand on regarde le classement des meilleures pointeuses, la Victoire n’a qu’une joueuse dans le top 20 de la ligue, soit Abby Boreen, avec sa fiche de deux buts et deux aides.

Au moment d’écrire ces lignes, Minnesota a cinq joueuses avec au moins deux buts. Toronto en a trois et New York deux. Boreen est la seule joueuse de Montréal ayant marqué plus d’une fois cette saison. De plus, aucune joueuse de défense de Montréal ne se trouve dans les 15 premières pointeuses à sa position.

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Les conclusions à tirer

L’échantillon est encore mince avec seulement quatre ou cinq parties jouées jusqu’à présent. Mais avec seulement 30 rencontres au calendrier, cinq parties dans la LPHF sont l’équivalent de 14 dans la LNH. Après 14 parties dans la LNH, on commence déjà à tirer certaines conclusions.

Et les conclusions sont que Montréal peut s'estimer heureux d’être au troisième rang en ce moment. L’équipe domine la ligue au niveau de la moyenne de tirs au but par match, à égalité avec Minnesota, mais n’arrive pas à fournir la même production offensive. En fait, l’équipe est dernière dans le ratio buts/tirs au but. Le manque d’opportunisme pourrait faire mal à l’équipe si la tendance continue.

Kori Cheverie devra trouver un moyen d’améliorer l’attaque ainsi que l’avantage numérique, un thème récurrent dans l’équipe, si elle espère se hisser au sommet de la ligue dans les prochaines semaines.

Une adaptation pour les recrues

La Suédoise Lina Ljungblom a marqué son premier but samedi, récoltant du même coup son premier point de la saison, certainement une pression de moins sur ses épaules.

Ljungblom a terminé la saison dernière au troisième rang des meilleures pointeuses de la SDHL. Au premier rang, on retrouvait la Finlandaise Noora Tulus, qui joue maintenant avec les Sirens et qui a, elle aussi, marqué son premier de la saison la semaine dernière.

Ce qui me fait penser qu’on sous-estime l’écart entre le niveau universitaire, européen et celui de la LPHF. Il y a une adaptation et la marche peut être grande pour certaines.

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Je lisais récemment l’opinion d’une consœur qui exprimait que la conférence WCHA de la NCAA, celle avec des équipes telles que Minnesota, Minnesota-Duluth, Ohio State et Wisconsin, était en fait la deuxième meilleure ligue féminine au monde, devant la SDHL en Suède. L’argument se tient.

Je crois tout de même que l’écart est plus grand entre la NCAA et la LPHF, par contre, les joueuses européennes doivent s’adapter à une nouvelle surface de jeu, un nouveau pays et une nouvelle langue.

C’est ce qui rend les performances de Sarah Fillier, sortie tout droit de l’université Princeton, qui ne fait pas partie de la WCHA, si spéciales. Elle domine la ligue présentement avec une récolte de sept points, alors qu’elle avait terminé au huitième rang de la NCAA pour la moyenne de points par match la saison dernière.

Un calendrier spécial

Le prochain match à domicile de la Victoire sera le 30 décembre. L’équipe n’a pas joué à la Place Bell depuis le 4 décembre.

Si vous croyez qu’un écart de 26 jours est important, il y a pire encore. Ottawa a joué son dernier match à domicile le 6 décembre et ne renouera avec ses partisans que le 11 janvier, soit 36 jours plus tard. Même écart du côté de Boston.

Tout ça à cause d’une pause internationale bien mal placée, du congé de Noël et des matchs en terrains neutres. Rien pour donner du momentum à la ligue et aux équipes dans leur marché respectif. Un calendrier qui sera à réviser à l’année trois, mais qui aurait dû l’être déjà pour la seconde saison.

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