Aréna Saint-Louis: une fermeture temporaire qui s’étire depuis deux ans
Les réparations dispendieuses minent l’avenir de l’aréna Saint-Louis à Montréal


Ludovic Théberge
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Au moment où Québec veut relancer la pratique du hockey, des citoyens du Mile-End, à Montréal, déplorent le fait que leur aréna de quartier soit fermé depuis deux ans et craignent qu’on ne puisse y pratiquer des sports sur glace avant des années.
« C’était un lieu de rencontre où les jeunes pouvaient aller pour faire du sport, pas par pression, mais par plaisir », se désole Stéphanie Simard, mère d’une jeune fille de 11 ans, qui s’inquiète des conséquences à long terme de la fermeture prolongée de cette patinoire de l’arrondissement Le Plateau–Mont-Royal.
Depuis le début de la pandémie, aucun résident de ce quartier central de Montréal n’a pu franchir les portes de l’aréna Saint-Louis, rue Saint-Dominique, réputé pour sa vocation de haut lieu du sport féminin sur glace.
Toutes les activités sportives de compétition ont été relocalisées à près de quatre kilomètres de là, à l’aréna Mont-Royal, qui ne dispose d’ailleurs pas de stationnement.

Manque d’accessibilité
La motivation des jeunes en prend tout un coup, selon Claude-André Bois.
« Il y a maintenant moins de temps de glace, les pratiques sont plus tôt. Quand tu arrives à une pratique à 7 h, au lieu d’y avoir 12 joueuses, il y en a quatre », explique le père de quatre enfants, dont trois jouent au hockey.
Pour Claire Cohalan, qui a fréquenté l’aréna Saint-Louis toute sa vie, avoir un accès à un aréna de proximité est primordial pour favoriser l’initiation au sport.
« Quand ton enfant a cinq ans, ce n’est pas vrai que tu vas traverser l’arrondissement au complet pour essayer un nouveau sport, tu vas l’essayer si c’est commode pour toi », dit-elle.
Fermé depuis deux ans, l’aréna n’est toutefois pas près de retrouver sa vocation originale, concède la conseillère d’arrondissement Marie Sterlin.
Cette dernière explique que des travaux de modernisation du système de réfrigération devaient être exécutés en 2017, mais ont été retardés en raison d’une rareté d’ammoniac, un gaz moins polluant que le fréon, actuellement utilisé.
Aujourd’hui, les travaux, qui devraient durer environ deux ans, n’ont toujours pas débuté.
Explosion des coûts
« C’est long à cause d’une explosion des coûts, explique Mme Sterlin, je sais qu’on est de l’ordre de 17 à 18 millions, mais le nerf de la guerre, c’est l’argent. »
Elle assure toutefois que l’aréna retrouvera sa vocation de haut lieu du sport féminin sur glace à Montréal.
« Les filles ont besoin d’endroits spécifiques pour exercer leur sport, cette vocation n’a jamais été remise en question », dit-elle
En attendant, le bâtiment devrait pouvoir être utilisé pour des sports qui ne nécessitent pas une surface glacée. La conseillère espère une ouverture vers la fin de l’été.
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