Une faiblesse parfaitement exploitée par les Alouettes


Marc Calixte
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Les Alouettes m’ont fait mentir en allant battre les Roughriders en Saskatchewan samedi dernier. Ce fut un match spectaculaire pour plusieurs joueurs à l’attaque de la formation montréalaise, mais tout a découlé d’une faiblesse de l’adversaire que les Alouettes ont parfaitement réussi à exploiter.
Au football, la chaîne est aussi forte que le chaînon le plus faible au sein d’une unité défensive. J’hésite à écrire le nom du Montréalais Kerfalla Exumé. Si je le fais, c’est surtout par compassion pour ce joueur de football qui, normalement, fait un excellent travail sur les unités spéciales. Exumé a d’ailleurs déjà remporté deux fois la Coupe Grey, soit en 2019 avec les Blue Bombers de Winnipeg et encore, l’an dernier, avec les Argonauts de Toronto.
Mais à quoi donc ont pensé les entraîneurs des Roughriders en utilisant le Montréalais comme demi de coin afin de surveiller un receveur de passes aussi explosif que Tyson Philpot?
De leur côté, les instructeurs des Alouettes, dont le coordonnateur offensif Anthony Calvillo, ont accompli un très bon boulot en tirant profit de la situation.
Philpot, qui a totalisé 238 verges de gains par la passe dans la victoire de 48 à 31 des Alouettes, est difficile à couvrir, même pour un joueur étoile en défense. D’envoyer Exumé contre lui, c’est un peu comme si mes entraîneurs des Stampeders de Calgary, à l’époque où je jouais, m’avaient demandé de surveiller le légendaire Milt Stegall. J’aurais eu l’air cave. J’étais aussi d’abord et avant tout un joueur des unités spéciales, pas un demi de coin, position à laquelle tu peux facilement avoir l’air fou en étant isolé.
L’effet domino
Il y a évidemment eu un certain ajustement pendant le match au sein de l’unité défensive des Roughriders. Ils ont ainsi privilégié une couverture de zone.
Dans un effet domino, le quart-arrière McLeod Bethel-Thompson, confortable dans sa pochette, en a profité, tout comme le porteur de ballon Stevie Scott III, sans oublier les joueurs de la ligne offensive des Alouettes, qui ont été dominants. J’applaudis particulièrement la prestation de Bethel-Thompson, puisque le vétéran de 37 ans pouvait possiblement en être au dernier match de sa carrière.
Que ce soit avec Davis Alexander ou avec Bethel-Thompson, j’ai maintenant hâte au match entre les Alouettes (6-7) et les Argonauts (5-8), vendredi, à Toronto. Il serait facile de dire qu’il s’agit du match le plus important de la saison, mais la réalité, c’est que les Alouettes n’en sont pas encore à un moment critique. Je ne crois pas non plus que ce soit encore l’objectif pour Montréal de terminer au premier rang de la division Est, position qu’occupent les Tiger-Cats (8-5) de Hamilton.
– Propos recueillis par Benoît Rioux