Une expansion de la guerre à Gaza serait «potentiellement apocalyptique», prévient l’ONU

AFP
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Le chef des affaires humanitaires de l’ONU a averti mercredi que la propagation au Liban de la guerre livrée par Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza serait «potentiellement apocalyptique», pendant que les bombardements et les combats se poursuivent dans le territoire palestinien.
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«Je vois cela comme l’étincelle qui mettra le feu aux poudres... C’est potentiellement apocalyptique», a déclaré à Genève Martin Griffiths dans sa mise en garde, disant craindre les conséquences «imprévisibles» d’un conflit qui gagnerait le Liban.
La guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre, a entraîné une flambée de violences à la frontière nord d’Israël avec le Liban, où les échanges de tirs sont presque quotidiens entre le Hezbollah libanais, un allié du mouvement islamiste palestinien, et l’armée israélienne.
Les États-Unis, principal allié d’Israël, ont eux aussi souligné les risques liés à l’expansion de la guerre.
Un conflit impliquant le Liban «gagnera la Syrie... gagnera les autres territoires de la région», a dit M. Griffiths. «Il aura évidemment des conséquences à Gaza» et «un impact sur la Cisjordanie» occupée par Israël, a-t-il ajouté.

Les bombardements israéliens se sont poursuivis mercredi dans la bande de Gaza où, selon des témoins, des combats faisaient rage dans l’ouest de Rafah, ville du sud du territoire, là où l’armée israélienne a lancé le 7 mai une offensive terrestre.
Dans le nord, la Défense civile a déclaré que trois enfants et une femme avaient été tués dans une frappe à Beit Lahia. Des tirs de chars ont été signalés dans la ville de Gaza.
Un responsable de la Défense civile a déclaré à l’AFP que les sauveteurs avaient récupéré 15 corps dans «diverses zones de la ville de Rafah». Le porte-parole de cette agence, Mahmoud Bassal, a cependant affirmé que les bombardements étaient moins intenses mercredi.
«Conséquences désastreuses»
À la frontière israélo-libanaise, une récente escalade des attaques de part et d’autre et des menaces échangées entre Israël et le Hezbollah ont fait craindre une nouvelle guerre.
Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, en recevant mardi à Washington son homologue israélien, Yoav Gallant, a lancé cet avertissement: «Une guerre entre Israël et le Hezbollah pourrait facilement devenir une guerre régionale, avec des conséquences désastreuses pour le Moyen-Orient».
«Nous ne combattons que ceux qui cherchent à nous nuire», a rétorqué M. Gallant.

Le ministre israélien a aussi estimé que des «progrès significatifs» avaient été faits pendant sa visite à Washington au sujet de la livraison d’armes américaines à Israël, à l’origine de tensions ces derniers jours entre les deux alliés.
Le 19 juin, Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, mouvement islamiste tout-puissant au Liban, avait averti qu’«aucun lieu» en Israël ne serait épargné par les missiles de son mouvement, au lendemain d’une annonce de l’armée israélienne selon laquelle «des plans opérationnels pour une offensive au Liban» avaient été «validés».
Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a annoncé dimanche que la phase «intense» des combats touchait à sa fin dans la bande de Gaza et affirmé qu’ensuite, Israël pourrait «redéployer certaines forces vers le nord», à la frontière avec le Liban, «à des fins défensives».
Après le Canada, l’Allemagne a exhorté mercredi ses ressortissants à quitter le Liban.

Le Hezbollah a ouvert le front avec Israël en soutien au Hamas au lendemain de l’attaque menée par le mouvement palestinien, le 7 octobre dans le sud d’Israël, qui a entraîné la mort de 1195 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles israéliennes.
Sur 251 personnes enlevées durant l’attaque, 116 sont toujours retenues en otages à Gaza, dont 42 sont mortes, selon l’armée.
En représailles, Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza où plus de 37 718 Palestiniens, en majorité des civils, ont été tués depuis le début de la guerre, selon les données du ministère de la Santé du gouvernement dirigé par le Hamas.
En annonçant que la phase «intense» des combats, notamment à Rafah, était «sur le point de se terminer», Benjamin Netanyahou a affirmé que la guerre se poursuivrait contre le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007 et considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis, l’Union européenne et Israël.
«Besoin d’eau»
La guerre a provoqué une catastrophe humanitaire dans le territoire de 2,4 millions d’habitants assiégé par Israël, où 495 000 personnes souffrent de la faim à un niveau «catastrophique», selon un rapport publié mardi par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), sur lequel s’appuient les agences de l’ONU.
L’eau manque aussi en plein été dans le territoire surpeuplé de Gaza, où les habitants se pressent avec leurs bidons quand arrive un camion chargé de citernes.
«La crise s’est aggravée avec l’arrivée de l’été. Les gens ont besoin d’eau pour boire et se laver», témoigne Muhammad Bashir, qui répare dans son atelier de Deir El-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, des dizaines de réservoirs endommagés ou percés par des éclats d’obus.
L’ouverture en mars d’un couloir maritime depuis Chypre a permis l’envoi à Gaza de 7000 tonnes d’aide humanitaire, dont 6000 tonnes restent entreposées à cause des pillages et de la violence qui empêchent leur distribution, ont affirmé mercredi des responsables américains réunis à Chypre.
«Je n’ai jamais vu un environnement aussi difficile ou complexe» pour les missions humanitaires, a déclaré Doug Stropes de l’USAID, l’agence américaine pour le développement, parlant d’«anarchie» et de «gangs».