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Port du masque obligatoire : une enfant discriminée à cause de son handicap

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Julien Garon-Carrier

2021-03-31T18:26:53Z
2021-03-31T19:36:01Z

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Une mère de famille mène un combat contre une école primaire de Montréal pour que sa fille de neuf ans retourne en classe sans porter de couvre-visage, ce qui lui est refusé, malgré sa condition médicale. 

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La fille d’Isabelle Picard a une malformation congénitale à l’oreille droite l’empêchant d’y accrocher un masque médical. Elle est aussi sourde de cette même oreille. La jeune fille doit porter un bandeau de type BAHA, soit un bandeau sur lequel est accroché un appareil électronique lui permettant d’entendre. Le problème est que dès que quelque chose touche au bandeau (comme un masque ou un couvre-visage), cela provoque un important silement qui altère l’audition de la fillette.

Or, depuis le 8 mars dernier, les enfants du primaire vivant en zone rouge doivent tous porter un masque de procédure à partir de la première année. Depuis, c’est le parcours du combattant pour Mme Picard afin que sa fille soit scolarisée à l’école Saint-François-Solano, dans le respect de son handicap.

Parcours du combattant

« Ce n’est pas normal que ça soit comme ça », a indiqué Isabelle Picard dans un échange de messages avec l’Agence QMI. « Vous réagiriez comment si on vous disait que votre enfant myope ne pourra pas porter de lunettes » en classe, a ajouté la mère monoparentale.

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Anticipant le port obligatoire du masque en mars, elle s’est procuré un billet médical pour son enfant le 26 février. Au début mars, à la demande de la direction de l’école, Mme Picard a obtenu un autre avis médical, cette fois d’une audiologiste du CHU Sainte-Justine.

Malgré tout, la direction de l’école lui a offert uniquement deux options : l’école en virtuel ou le port d’un couvre-visage.

Que ce soit un masque de procédure ou un couvre-visage, « les deux posent problème avec l’appareil BAHA », a souligné Mme Picard, en entrevue, ajoutant que, pour des raisons liées à son emploi, la scolarité en virtuel s’avère impossible.

Depuis, Isabelle Picard a multiplié les interventions pour faire bouger les choses : plainte au Protecteur de l’élève du Centre de service scolaire de Montréal (CSSM), plainte au Protecteur du citoyen, message au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, coup de fil au député de Rosemont, Vincent Marissal. Mais sans succès.

« Je ne suis pas en colère, mais je suis juste démolie », a dit Mme Picard dans un message qu’elle nous a envoyé.

Aucune conciliation possible

Contacté par l’Agence QMI, le directeur de l'école Saint-François-Solano, Patrick Simard, n'a voulu émettre aucun commentaire et a précisé que le Centre de services scolaire de Montréal (CSSM) devait gérer les communications avec les médias.

À notre demande d’entrevue, le CSSM a répondu que « l’école n’a jamais obligé l’élève à porter un masque de procédure », mais plutôt un couvre-visage, en précisant que ce dernier est « plus facile à attacher ».

À bout de souffle, Isabelle Picard et plusieurs mères de partout au Québec, ayant des enfants handicapés ne pouvant porter le masque, ont créé un groupe Facebook pour discuter de la situation et dénoncer le fait, selon elles, que le port du masque a un effet préjudiciable sur leurs enfants. Elles envisagent recourir aux tribunaux pour obtenir une injonction afin que leurs enfants puissent fréquenter leur école respective.

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