Une double fierté pour un entraîneur québécois qui comptera trois athlètes aux Jeux olympiques de Paris


Richard Boutin
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Félix-Antoine Lapointe doit se pincer pour réaliser qu’il dirigera trois de ses athlètes aux Jeux olympiques de Paris.
Entraîneur-chef des équipes du Québec, Lapointe dirige aussi Charles Philibert-Thiboutot, Jean-Simon Desgagnés et Thomas Fafard qui portent les couleurs du club d’athlétisme de l’Université Laval.
«Quand j’ai été embauché à temps plein à l’Université Laval en 2011, j’aurais eu de la difficulté à le croire, a-t-il avoué. C’est assez rare au Canada qu’un entraîneur amène trois de ses athlètes aux Jeux. C’est assez spécial que je sois là avec trois de mes athlètes.»
Double fierté
Il s’agit d’une double fierté pour Lapointe. «C’est une belle fierté personnelle, mais aussi une fierté que les trois athlètes aient fait leur parcours au Québec sans avoir eu besoin de s’exiler pour connaître du succès. J’espère que leur succès va inspirer d’autres jeunes Québécois à emprunter le même parcours.»
À Paris, Lapointe fera partie du personnel d’entraîneurs de l’équipe canadienne contrairement à Rio en 2016 où il avait assisté à la course de Charles Philibert-Thiboutot des gradins. Il avait pu être présent lors des entraînements.
«C’est plus gros les Jeux olympiques, mais mon rôle va être semblable à celui que j’ai occupé lors des mondiaux de 2022 et 2023, a-t-il expliqué. Je sais à quoi à m’attendre. C’est une belle marque de confiance d’Athlétisme Canada parce que les places sont rares. Je suis fier de faire partie de ce groupe sélect.»
Renversement de situation
À Tokyo en 2021, le Québec ne comptait qu’un représentant au sein de l’équipe d’athlétisme, soit le marcheur Mathieu Bilodeau. À Paris, ils seront sept. Les Jeux de 2012 (3) et 2016 (2) n’ont guère été mieux. Séoul en 1988 avec 12 et Barcelone en 1992 avec 10 sont les deux meilleures performances.
Lapointe croit que ce succès pourra perdurer dans le temps et même augmenter. À ses deuxièmes Jeux après ceux de Rio en 2016, Charles Philibert-Thiboutot est le plus âgé du groupe à 33 ans.
«Plusieurs athlètes sont jeunes et vont poursuivre jusqu’en 2028 à Los Angeles alors que d’autres poussent, a-t-il souligné. Ça ne sera pas seulement un succès pour Paris. On sera capable de maintenir une bonne participation. On a l’ambition d’avoir un athlète ou deux de plus à Los Angeles.»
Au moment de son embauche à la Fédération québécoise d’athlétisme en 2018, Lapointe et les dirigeants avaient établi un plan quadriennal dont la priorité était d’augmenter le nombre d’athlètes élites pour l’équipe nationale. L’objectif à l’époque était de miser sur quatre à cinq représentants dans la Ville Lumière.
«L’embauche d’entraîneurs à temps plein et la mise sur pied d’un Centre national consacré au sprint à Montréal qu’Athlétisme Canada appuie financièrement ont contribué au succès qu’on connaît. Cet environnement composé d'infrastructures, d'entraîneurs à temps plein et de spécialistes augmente les probabilités qu’on ait plus d’athlètes aux Jeux.»
Le Québec avait une longue pente à remonter. «Tokyo avait été une grosse déception et on partait de loin, a résumé Lapointe. Le Québec compte un poids démographique de 20 pour cent au Canada et on veut maintenir ce ratio dans notre représentation. Avec Paris, on ramène le nombre d’athlètes dans un ordre de grandeur qui a du sens.»