Une défaite qui laissera des traces

Jean-Charles Lajoie
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Pas de panique, la série est égale. En principe, le Canadien est heureux, mais l’est-il vraiment ?
Ils diront que mercredi est un nouveau chapitre, une nouvelle occasion de gagner. Tous les clichés résonneront fort. Toutefois, il serait étonnant que la défaite de dimanche ne laisse pas de traces.
Le match s’est joué dans la deuxième portion de la période médiane. Cole Caufield marque enfin et le CH accentue son avance. Darren Raddysh offre un avantage numérique au Tricolore en expédiant la rondelle dans les gradins peu après. Il fallait compter le but assommoir, mais le jeu de puissance n’y est pas parvenu.
Il reste environ deux minutes à jouer en deuxième lorsque Max Crozier envoie Juraj Slafkovsky au pays des rêves ; second K.-O. en moins de quatre matchs pour celui ayant encaissé la droite percutante de Brandon Hagel.
Ensuite, Mike Matheson et Hagel sont punis. On joue à quatre contre quatre pour finir l’engagement, mais les joueurs du Canadien ont la tête ailleurs. Ils se demandent si Slafkovsky va bien.
Martin St-Louis ignore l’instinct de survie et tente le grand coup en déléguant Ivan Demidov sur la glace avec Alex Newhook, Lane Hutson et Jayden Struble. Jake Guentzel, Anthony Cirelli, J.J. Moser et Raddysh n’en demandaient pas tant, Jon Cooper non plus. Guentzel a marqué.
Il fallait pourtant tenir moins de deux minutes en fin de période : avec Hutson et Newhook certes, mais aussi Kaiden Guhle, Alexandre Carrier, Josh Anderson, Phillip Danault, Jake Evans ou Nick Suzuki, à la limite.
Le Canadien est rentré au vestiaire doublement inquiet et assommé. Le Lightning était survolté et confiant. Ne cherchez pas longtemps pourquoi le CH n’a pas Tampa Bay dans les câbles actuellement.
Cooper a molesté le CH, il a joué des bras. Puis, il a sorti Scott Sabourin et on s’est demandé ce qu’il faisait. Mais l’entraîneur a décidé de rallier le talent de son club, de le laisser s’exprimer offensivement, de jouer du hockey propre au Lightning. Personne n’a vu ça venir, pas même St-Louis. Résultat : Brayden Point a joué son meilleur match en plus de deux mois, Nikita Kucherov a pris ses aises, Guentzel a de nouveau frappé et Hagel a continué de dominer.
Premier trio recherché
À l’opposé, Slafkovsky est étourdi et n’a plus ses jambes dominantes. Suzuki a joué un bon match, mais la magie continue d’ignorer son jeu, celle qui lui faisait réussir des passes lumineuses ou d’inscrire des buts cruciaux. Demidov est une recrue qui prêche dans le désert avec des gars de troisième trio au mieux.
Cole Caufield ? Si on plaçait ses présences à égalité numérique bout à bout et qu’on montrait le film à un gars de hockey sortant d’un coma de trois ans, il nous demanderait ce que ce jeune homme frileux fait sur le premier trio.
Malgré tout, le CH a eu une occasion en fin de match. Durant un temps d’arrêt, St-Louis a demandé à Danault, absent de sa leçon au tableau, de sauter sur la glace ; il me semble qu’on commence toujours par déléguer les six hommes que l’on veut voir marquer avant les dessins sur la planche.
La série est égale et le Canadien, qui a bien fait en se cherchant un deuxième trio toute la saison, devra le refaire cette fois en se cherchant un... premier trio.