Une défaite des Oilers serait trop bête


Marc de Foy
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La finale de la Coupe Stanley entre les Oilers et les Panthers est la preuve que le succès est une question de momentum. Ou d’impulsion du moment, comme il est recommandé de le dire en français.
Les Panthers avaient la situation bien en main lors des trois premiers matchs. Ils avaient limité Connor McDavid et sa bande à quatre petits buts. Ils tenaient les Oilers à la gorge. Comme un prédateur, ils étouffaient leur proie lentement.
Puis, il y a eu cette victoire de 8 à 1 des Oilers dans la quatrième rencontre. Débandade que l’on qualifiait de mauvais match dans le système de la part des Panthers.
Tout a basculé à partir de là.
Ce sont les Oilers qui ont le contrôle depuis.
Connor McDavid est pratiquement inarrêtable. Il connaît les plus grands moments de sa carrière.
Quel revirement!
C’est la panique partout!
Les joueurs des Panthers ne savent plus où donner de la tête. Ils sont étourdis par la vitesse des Oilers. La lenteur des défenseurs des Oilers est exposée au grand jour.
Sergei Bobrovsky n’effectue plus les gros arrêts.
C’est la débandade!
Le mal s’est propagé dans toute l’organisation. Paul Maurice semble à court de solutions. Lui qui est reconnu pour son calme, voilà qu’il perd son sang-froid.
Lors du cinquième match à Sunrise, le directeur général Bill Zito, dans un geste de frustration, a garroché sa bouteille d’eau. Le monsieur a un regard intense quand il voit son équipe cafouiller. S’il avait des fusils à la place des yeux, il y aurait déjà eu plusieurs victimes dans le camp des Panthers.
Matthew Tkachuk est devenu doux comme un agneau. On ne le voit pas beaucoup. Il totalise trois points (1-2) en six matchs.
Aleksander Barkov n’est plus dominant. Il n’a marqué qu’un but dans les trois derniers matchs. Dans les trois premiers, il avait récolté quatre points.
Deux clubs sous pression
Quand on voit ce que la série est devenue, on se demande comment les Panthers pourront réussir à renverser la vapeur. La pression sera lourde sur leurs épaules dans le match ultime. Aucune équipe ne veut perdre la dernière rencontre d’une finale devant ses partisans.
Rappelez-vous le visage de Brad Marchand après la défaite des Bruins contre les Blues, en 2019. Il pleurait comme un enfant.
Subir la défaite dans ces circonstances fait mal longtemps. Les joueurs l’ont sur la conscience tout l’été.
Mais les Oilers auront aussi beaucoup de pression à supporter, lundi soir, à Sunrise. Quand votre équipe surmonte un déficit de 0-3 en finale, vous ne voulez pas que ça se termine bêtement.
Les Oilers n’auront pas plus le droit de s’incliner que les Panthers. Ils ont fait trop de chemin pour s’arrêter là.
Un grand sentiment de vide les envahira s’ils ne vont pas au bout.
Et s’il y avait prolongation?
Le scénario le plus excitant serait que la série se décide en prolongation. Ça s’est produit deux fois en finales quatre de sept, les Red Wings de Detroit étant sortis vainqueurs à chaque occasion.
En 1950, Pete Babando avait déjoué Chuck Rayner, des Rangers, en deuxième période de prolongation. à l’Olympia de Detroit
En 1954, après avoir intercepté la rondelle le long de la bande, Tony Leswick l’avait redirigée tout de suite en direction du filet du Canadien. Le défenseur Doug Harvey, dans une tentative d’arrêter le tir, avait touché le disque du bout des doigts, le faisant dévier derrière son gardien Gerry McNeil.
Les joueurs du Canadien avaient quitté la glace de l’Olympia sans féliciter leurs adversaires. Les joueurs qui faisaient partie de cette équipe du Tricolore n’ont jamais oublié ce revers crève-cœur.
Leur déception était doublée par le fait que Leswick, qui ne faisait que cinq pieds sept pouces et 160 livres, avait le don de faire damner ses rivaux. Il avait d’ailleurs pour neveu l’ancien voltigeur Lenny Dykstra, qui ne donnait pas sa place non plus pour foutre la merde sur un terrain de baseball.
Nick Cousins serait un bon candidat pour faire ça chez les Panthers. Mais il serait étonnant que Paul Maurice le réintègre dans sa formation.
Du côté des Oilers, Evander Kane est blessé, mais Corey Perry a bien son petit côté détestable. Ça couronnerait bien sa carrière.
Mais le plus important est que les meilleurs gagnent!