Le départ du meilleur pointeur des Saguenéens en pleine saison: une décision qui n’a aucune logique

Antoine Roussel
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La décision de Nathan Lecompte de quitter les Saguenéens de Chicoutimi en pleine saison n’a aucune logique.
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Je veux mettre quelque chose au clair, d’emblée: je fais partie du conseil d’administration et de la fondation des Saguenéens. Je suis impliqué auprès de l’organisation, mais l’opinion que j’exprime ici, c’est la mienne, et non celle du club.
Nathan Lecompte en est à sa troisième année avec les «Sags». C’est un choix de première ronde, quatrième au total. L’équipe a utilisé deux choix de premier tour pour le sélectionner.
C’est un joueur qui occupe un rôle prédominant dans le vestiaire. Il fait partie intégrante de l’équipe.
Le moment que les fans attendent
Et cette saison, c’est LA grosse année des Saguenéens de Chicoutimi. Dans le hockey junior, c’est le genre de saison où tu mets tous tes œufs dans le même panier pour espérer gagner le championnat.
Ça fait depuis 1994 que les «Sags» n’ont plus remporté le titre de la LHJMQ. La dernière fois que le cycle du hockey junior les avait placés dans un rôle d’aspirants, c’était à l’époque où Dawson Mercer portait leurs couleurs.
Mais c’était dans le temps de la COVID-19. Et ça s’est arrêté net. Les séries ont été annulées. Il y a donc six ans que les partisans, que l’organisation attendent ce moment avec impatience.
Une organisation qui, d’ailleurs, est un OSBL. Il y a des gens qui touchent un salaire, mais il y a aussi beaucoup de monde qui travaille d’arrache-pied bénévolement depuis des années pour mettre en place un club aussi compétitif.
Ils réussissent à le faire parce qu’ils mettent leurs tripes sur la table. Ils le font par passion.
Dans ce contexte, quand tu vois un joueur sur lequel une équipe a autant misé partir en plein milieu de la saison de façon cavalière, tu te poses plein de questions.
Nathan Lecompte a un temps de glace de qualité. C’est le meilleur marqueur de l’équipe.

Pas de meilleur endroit
Après vérification, il n’y a pas vraiment de bonnes raisons qui expliquent son départ. Il a décidé de joindre un circuit qui est inférieur, la USHL. Quand il a annoncé ça à ses coéquipiers, il a dit qu’il avait besoin d’un moment de repos.
Ses coéquipiers ont compris. La santé mentale, c’est important. Mais quand tu apprends le jour même par son agent qu’il s’en va dans la USHL... ça n’a aucune logique.
Depuis que la NCAA a mis en place ses nouvelles règles, le meilleur chemin pour accéder au circuit universitaire américain, c’est la Ligue canadienne de hockey. Les joueurs n’ont plus à trancher après les rangs midgets.
En plus, Nathan Lecompte est dans une équipe qui était prête à gagner. Il n’était pas dans un club de dernière place, dans lequel il n’avait pas de temps de jeu.
C’est normal qu’il ait des attentes, des aspirations professionnelles. Mais il n’y a pas meilleur endroit que le hockey junior pour rayonner.
Tous les recruteurs sont là. Tout le décisionnel est là. Ce n’est plus vrai qu’il y a d’autres parcours.
Et dans la LHJMQ, l’école est encore priorisée pour la majorité des équipes. C’est vrai pour les Saguenéens: tu peux étudier en français ou en anglais, tu peux aller à l’université si tu le veux.
Semble-t-il que Nathan était triste quand il a annoncé sa décision à ses coéquipiers. Eux aussi l’étaient. Et on doit leur lever notre chapeau: ils se sont rassérénés de brillante façon en écrasant la puissante Armada de Blainville-Boisbriand, samedi.
Il n’est pas trop tard
Je me demande quel type d’agent peut conseiller une décision du genre à l’un de ses joueurs. C’est tellement mal orienter un jeune.
L’agent de Nathan Lecompte, c’est Allan Walsh. J’ai déjà commis l’erreur de le choisir.
C’était à ma dernière année de contrat. Il m’avait garanti à 100% qu’il m’en trouverait un autre. Ça n’a pas marché, mais ce n’est pas ce qui m’a le plus dérangé. C’est que lorsque tout a été fini, il ne m’a jamais rappelé.
C’était plus facile de parler au petit Jésus qu’à Allan Walsh. C’est le genre de respect qu’il démontre.
Nathan Lecompte a bien le droit de partir. Le hic, c’est quand tu le fais au beau milieu d’une saison, sans laisser de marge de manœuvre à ton équipe.
Mais on fait tous des erreurs. Et Nathan Lecompte peut toujours la corriger.
Si c’était moi qui le conseillais, je lui laisserais le temps de remettre ses idées en place à la maison. Ensuite, je lui dirais qu’il peut revenir avec les «Sags». Il n’a pas encore été libéré.
Je suis convaincu que les gars l’accueilleraient à bras ouverts, dans la bonne humeur, et que tout le monde regarderait vers l’avant.
–Propos recueillis par Jessica Lapinski