Une cryptobanque québécoise
Le propriétaire des Mavericks de Dallas et la star hollywoodienne Ashton Kutcher ont investi dans Zapper

Julien McEvoy
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À 29 ans, Sébastien Audet souhaite contribuer à placer le Québec à l’avant-scène mondiale du marché de la cryptomonnaie. Il vient de réaliser une ronde de financement de 15 millions $ depuis son salon avec son cofondateur, qu’il n’a jamais rencontré en personne. Voici l’histoire de l’entreprise Zapper.
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En janvier 2020, le jeune homme originaire de Saint-Bruno travaille à temps partiel chez Shakepay, une boîte de Montréal derrière une interface de vente et d’achat de cryptomonnaies, tout en bidouillant un outil de son cru, DeFiZap.
Le bachelier en finance, qui a appris la programmation informatique lors d’un stage, voit dans la cryptomonnaie une façon de rassembler ses deux passions : créativité et codage.
« Il n’y a pas de place pour les nouveaux produits, en finance, c’est une vieille industrie », dit-il.
Si des entreprises comme Coinbase, qui est récemment entrée en Bourse et qui vaut pour l’instant plus de 45 milliards US, sont des plateformes où l’on paye avec de l’argent pour acheter des cryptomonnaies, la plateforme de Sébastien sert à la gestion de ces actifs numériques.
« Avec l’internet, toutes les entreprises qui ont bâti le réseau viennent de la Silicon Valley. C’est important de saisir l’opportunité de la cryptomonnaie pour bâtir quelque chose de solide au Québec », croit l’entrepreneur.
Croissance explosive
C’est à l’hiver 2020 que son chemin se trace. Il fait la rencontre de Suhail Gangji sur le site de messagerie Discord. L’Edmontonien utilise DeFiZap avec enthousiasme. Quand la pandémie frappe, les deux acolytes se lancent. Sébastien quitte son emploi en mars et se consacre au projet.
En mai 2020, ils renomment l’entreprise Zapper : Sébastien en sera le PDG et Suhail le « geek-en-chef ».
En août, les deux entrepreneurs arrivent à récolter 1,5 million $ grâce à quelques utilisateurs qui acceptent d’investir dans l’entreprise.
Un an plus tard, en mars 2021, ils vont chercher un autre montant de 15 millions $.
« Cette ronde-là n’a pas été difficile du tout. Tous nos investisseurs sont des utilisateurs, ils comprennent bien le problème qu’on est en train de résoudre », avance Sébastien.
Le milliardaire et homme d’affaires américain Mark Cuban, qui possède les Mavericks de Dallas dans la NBA et qui est un redoutable investisseur en technologie, est de la partie avec une mise de 500 000 $. L’acteur hollywoodien Ashton Kutcher investit lui aussi dans Zapper.
Aujourd’hui, l’entreprise compte quinze employés, dont huit à Montréal.
Zapper est utilisée par 150 000 personnes chaque mois et vient de franchir la barre des 3 milliards $ en volume d’échanges.
Tout ça sans que Sébastien et Suhail ne se soient jamais vus en personne !
« On est en distanciel par défaut, on n’a connu que ça », dit le PDG, qui compte bien ouvrir un bureau à Montréal une fois la pandémie derrière nous.
Quant aux profits, ils ne seraient pas au rendez-vous pour le moment, puisque Zapper « mise d’abord sur la croissance ».
La banque de demain ?
Si de plus en plus de gens téléchargent un portefeuille virtuel et commencent à acheter des cryptomonnaies, ils se butent rapidement à la complexité de gérer ces actifs.
Et c’est ce que Zapper propose de simplifier. « C’est assez difficile à vulgariser et je ne sais pas si c’est le bon terme, mais plusieurs utilisateurs nous décrivent comme une cryptobanque », illustre Sébastien.
Une fois le ou les premiers achats de cryptomonnaie réalisés, Zapper permet de les faire fructifier en facilitant leur échange avec d’autres cryptomonnaies ou même en les prêtant avec intérêt, par exemple. On peut aussi y visionner l’ensemble de ses achats.
Et si la « banque dans ta poche » de demain était Québécoise ?
Zapper en chiffres
- 150 000 : nombre d’utilisateurs mensuels
- 3 milliards $ : volume de transactions en un an (mai 2020 à mai 2021)
- 1,5 million $ : financement privé obtenu en août 2020
- 15 millions $ : financement privé obtenu en mars 2021