Une course libérale qui avantage Poilievre?


Guillaume St-Pierre – analyse
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OTTAWA | Mine de rien, Pierre Poilievre pourrait bien avoir le français comme avantage lors de la prochaine campagne électorale sur son adversaire libéral.
Qui l’eût cru?
Ce n’est pas tous les jours qu’un chef conservateur peut avoir le dessus sur son adversaire du PLC concernant la maîtrise de l’autre langue officielle.
Et disons que le parti du bilinguisme est bien mal parti s’il souhaite démontrer qu’il a encore à cœur cette tradition.
On s’en fout du français!
Un candidat de la région d’Ottawa a causé la stupéfaction en soutenant qu’il n’a rien à faire du français.
L’important n’est pas la langue, mais de «livrer la marchandise», a dit Chandra Arya.
A-t-on déjà entendu un candidat libéral rejeter de manière aussi décomplexée un des fondements mêmes du parti et du pays depuis des décennies?
Mais bon, M. Arya est un candidat marginal qui a peu de chance de l’emporter.
C’est tout le contraire de l’ex-première ministre de la Colombie-Britannique Christy Clark, qui risque de faire partie du trio de tête avec Mark Carney et Chrystia Freeland.
Elle a passé du temps en immersion au Québec dernièrement. Mais apprendre une langue tard dans la vie n’est pas une mince affaire. Parlez-en à la gouverneure générale Mary Simon. À l’heure actuelle, Mme Clark serait incapable de donner une entrevue et encore moins débattre en français.
Pierre Poilievre aurait aussi le dessus face à Chrystia Freeland et Mark Carney, qui a confirmé vendredi sa candidature.
Dans les deux cas, leur français est assez robotique et hésitant pour le moment.
C’est là où le bât blesse; ils ont peu de temps pour s’améliorer.
À l’inverse, Poilievre s’améliore de jour en jour à force de travail et d’acharnement. Il se prépare depuis des années pour ce moment. À cause de l’obstination de Justin Trudeau, les candidats libéraux n’ont pas le luxe du temps.
Important
On aurait tort de penser que la maîtrise du français n’a aucune importance à l’extérieur du Québec.
Un mauvais débat en français peut avoir des répercussions sur le momentum de la course et le moral des troupes. Andrew Scheer et Erin O’Toole peuvent en témoigner.
D’un point de vue identitaire, le bilinguisme officiel fait encore partie de ce qui fait le Canada pour bien des Canadiens hors Québec.
Surtout à l’heure où le pays redécouvre la valeur de sa souveraineté face à Donald Trump.
Mélanie Joly et l’Acadien Dominic LeBlanc auraient pu changer le portrait de la course libérale.
Les deux ministres ont décidé de se concentrer sur Trump et ses menaces de tarifs.
Sage décision.
De toute façon, Mélanie Joly, à 45 ans, a le temps d’attendre son tour. Dominic LeBlanc est un habile politicien. Voulait-il vraiment se jeter dans la gueule du loup?
Une course expresse, des élections sans grande préparation, pour avoir en cadeau la chance de gérer le pays avec Trump comme meilleur ennemi, quelle aubaine!
Reste à voir si François-Philippe Champagne sauvera l’honneur du Québec. Au moment de publier ces lignes, il se laissait encore désirer.
Sans vouloir manquer de respect au Gatinois d’adoption Steve MacKinnon, qui lui aussi songe à se lancer, on peut se demander s’il ferait le poids devant Freeland et les autres.
Pendant que les libéraux seront occupés à débattre entre eux, Pierre Poilievre aura le loisir de peaufiner son programme électoral, et son français!
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