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Une banque harcèle une victime de vol d’identité

La BMO lui réclame plus de 70 000$ et massacre sa cote de crédit

Daniel H. accepte de raconter son histoire, mais préfère taire son nom de famille « pour éviter d’attirer tous les fraudeurs du 
Québec ». La BMO lui réclame 71 336 $ alors qu’il n’a jamais été client de cette banque, ce qui a fait dégringoler sa cote de crédit.
Daniel H. accepte de raconter son histoire, mais préfère taire son nom de famille « pour éviter d’attirer tous les fraudeurs du Québec ». La BMO lui réclame 71 336 $ alors qu’il n’a jamais été client de cette banque, ce qui a fait dégringoler sa cote de crédit. Photo Agence QMI, Joêl Lemay
Photo portrait de Julien McEvoy

Julien McEvoy

2021-08-03T04:00:00Z

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Se faire voler son identité est déjà un calvaire, mais quand, en plus, on se fait frauder de 60 000 $ dans une banque qui refuse de reconnaître son erreur, ça devient vite l’enfer. C’est exactement ce qu’a vécu Daniel H. avec la BMO.

• À lire aussi: Chaque client victime du vol chez Desjardins valait 1,50$

« Je n’ai jamais mis les pieds dans une Banque de Montréal de ma vie », lance ce jeune retraité de 65 ans, qui, depuis toujours, habite sur le bord de l’eau, là où se rencontrent le lac Saint-Louis et le fleuve Saint-Laurent, à Dorval.

Cela n’a pas empêché la succursale de Saint-Bruno-de-Montarville, en banlieue de Montréal, d’accorder une MasterCard de 60 000 $ à son nom, en mars 2018. 

Le fraudeur n’a eu qu’à se présenter là avec le NAS de Daniel et une fausse carte d’assurance-maladie à son nom. 

« Quelqu’un a fait une erreur à Saint-
Bruno. Ils me font vivre l’enfer depuis trois ans pour que je paye pour ça », affirme le snowbird, qui était justement en Floride lors de la fraude. 

Il est informé de l’affaire à l’été 2018. Son parcours digne de la maison des fous dans Astérix commence. 

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La maison des fous

Rapport de police en mains, il se rend à la succursale de la BMO de Dorval, près de chez lui, pour remplir une série de documents. 

Le siège social de Toronto lui demande de remplir les mêmes documents une deuxième fois. « Ils parlent deux langues et ne se comprennent pas », déplore Daniel, qui a aussi fait des appels, écrit des courriels et contacté les agences de crédit. 

Il croit le tout réglé quand il reçoit la visite d’un huissier en janvier 2021. Dans une mise en demeure « au ton menaçant », la BMO lui réclame 71 336 $, c’est-à-dire 60 000 $ plus les intérêts. 

Les autres endroits où les fraudeurs ont sévi en son nom ont pourtant effacé l’affaire depuis plus de deux ans – notamment Moneris, une coentreprise de la Banque Royale et de... la BMO. 

Daniel constate alors que de 2018 à 2021, sa cote de crédit est passée de très bonne à très mauvaise. Cela l’empêche entre autres d’acheter une maison en Floride et de louer une voiture, bref, de profiter de sa retraite. 

À bout de patience, il y a deux semaines, il a mis la BMO en demeure : il réclame 9000 $ pour perte de jouissance. Une plainte à l’Autorité des marchés financiers (AMF) a aussi été déposée. 

La BMO se réveille

Mais ce n’est qu’à la suite des questions posées par Le Journal, la semaine dernière, que la BMO l’a contacté. La banque se dit non seulement prête à radier sa « dette », mais aussi à tout faire pour rétablir sa cote de crédit. 

« Nous vous confirmons que BMO est en communication avec la victime afin de régulariser la situation », indique la banque. 

Daniel, lui, s’apprête à quitter la maison des fous. « Je le croirai quand je le verrai », laisse-t-il tomber.

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