«C’est très difficile»: manifestement abattu, Félix Auger-Aliassime n’aurait jamais pu imaginer pareil scénario à cet US Open


Jessica Lapinski
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NEW YORK | Rarement Félix Auger-Aliassime a paru aussi abattu et frustré par une défaite que celle qu’il a encaissée mardi au premier tour des Internationaux des États-Unis. Pas même l’an dernier, quand les revers s’accumulaient et qu’il peinait à retrouver sa touche sur les courts.
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«Personne, ni moi, ni mon équipe, n’aurait pu imaginer pareil scénario», a regretté le Québécois, le visage long, très long, une heure après avoir perdu de façon expéditive, 6-2, 6-4 et 6-2, devant le Tchèque Jakub Mensik, 18 ans seulement et 65e au monde.
«En fait, je n’ai pas un souvenir récent de m’être retrouvé dans une situation comme celle [de mardi], a-t-il poursuivi. Dernièrement, je joue quand même bien au tennis, je fais de bonnes choses, je suis en forme, je fais attention à tout ce qui est sous mon contrôle.»

Et la semaine d’entraînement avait été bonne, a-t-il assuré. Vendredi, lors de sa rencontre avec Le Journal, Félix, 19e tête de série à New York, apparaissait d’ailleurs relax, serein.
Confiant, même, avec l’assurance d’avoir en main le bon plan de match pour vaincre Mensik, un adversaire qu’il respectait, mais contre qui il avait dominé, plus tôt cette année à Madrid, avant que le jeune joueur n’abdique au début du deuxième set.

Encore «beaucoup à apprendre»
Bon, «FAA» avait bien peiné à Montréal, «mais il pouvait à peiner jouer», a-t-il rappelé, puisqu’il avait dans le corps tous ces matchs disputés aux Jeux olympiques.
Et à Cincinnati, même si ce match perdu sur une controverse n’allait pas déjà pas comme il le souhaitait, Auger-Aliassime était tout de même en quarts de finale d’un tournoi de la série Masters 1000.
«C’est dur, présentement, a-t-il expliqué. Quand je me présente dans un tournoi comme [l’US Open], je ne me dis jamais que ça peut être fini aussi tôt. [...] Mais quand ça m’arrive, je tente de trouver la solution afin de que ça ne se reproduise plus.»
«J’imagine que j’ai encore beaucoup à apprendre», a soulevé le joueur de 24 ans.
Pas la meilleure cuvée
Félix, en avait, en effet, une très mauvaise dans le système, mardi, comme on dit. Mais Mensik n'était pas non plus au sommet de son art.

En fait, on espère que ces spectateurs entassés dans les petits gradins court 5, qui tentaient de chasser les effets de la chaleur new-yorkaise en sirotant une coupe de Moët & Chandon à 45$, sur le coup de 11 h, avaient eu droit à une meilleure cuvée que ce match sans rythme.
Le rival de Félix n’a pas eu grand-chose à faire pour le battre. Le Québécois l’a lui-même admis. Parfois au tennis, il ne suffit pas de regarder la feuille de statistiques pour expliquer une défaite, mais dans le cas présent, elles disent tout.
Il est quasi impossible de battre un membre du top 100 en servant 10 doubles fautes et en commettant 36 fautes directes. Et dès la première manche, Auger-Aliassime a été coulé par sa plus belle arme: sa première balle de service, qui ne voulait rien savoir de se retrouver entre les lignes.
«J’ai fait quelques échanges qui ont été corrects, mais tout était difficile, a déploré Félix. Je n’étais pas capable d’être précis dans ce que je faisais. C’est rare que je me sois retrouvé dans une situation comme celle-ci.»
«C'est très difficile», a-t-il de nouveau regretté.
Le tableau était ouvert
Et la défaite sera peut-être encore plus amère quand Auger-Aliassime apprendra que le Grec Stefanos Tsitsipas, la 11e tête de série et son potentiel adversaire au troisième tour, était lui aussi tombé d'entrée de jeu de mardi, ce qui lui ouvrait un peu la porte à ces Internationaux des États-Unis.
Le seul point positif, c'est que Tsitsipas a trébuché devant l'Australien Thanasi Kokkinakis, celui-là même qui avait évincé Félix dès le premier tour à Wimbledon, il y a quelques semaines.
Il faut bien se consoler comme on peut, non?
En direct de New York
Un miracle sur le central
Les spectateurs qui avaient des billets pour la séance de soir sur le central Arthur-Ashe, lundi, ont eu droit à un petit miracle. Mais un petit miracle qu'ils auraient sans doute préféré remplacer par une victoire de l'une des leurs.
Menée 6-0 et 3-0 (puis 4-1), la Française Clara Burel est parvenue à renverser la championne à New York en 2017, Sloane Stephens. La 56e mondiale s'est finalement imposée 0-6, 7-5 et 7-5 devant une Stephens (62e) qui a servi pour le match à la deuxième, puis à la troisième manche.
Il fallait arriver tôt pour voir Félix
Félix Auger-Aliassime aurait sans doute préféré encaisser cette défaite difficile dans l'anonymat, mais malheureusement pour lui, les estrades du court 5 étaient bondées même avant 11h pour son match de premier tour. Il fallait trimer dur pour se trouver un banc.
Ce terrain, en apparence tout petit parce que le Arthur-Ashe et ses quelque 24 000 places le surplombent, est enclavé entre les terrains 4 et 6. Mais il compte tout de même quelque 1100 sièges et presque tous étaient occupés dès l'échauffement du Québécois.
Ce dernier a d'ailleurs été accueilli par des applaudissements nourris et des «Let's go, Félix!» Mais il lui en aurait fallu beaucoup plus pour s'en sortir, mardi.
Leylah est une bonne dormeuse
Questionnée par un collègue sur ses habitudes de sommeil avant les matchs, Leylah Fernandez a expliqué être une bonne dormeuse, capable de faire une sieste n'importe où. «Par chance!» a-t-elle lancé, en référence aux journées qui peuvent s'étirer en attendant de fouler le court.
Il en va de même pour Denis Shapovalov, qui se repose souvent au stade, avant les rencontres. «Il m'arrive de déplacer les fauteuils pour me faire un lit, ou de placer des coussins au sol pour m'en faire un, a expliqué la raquette canadienne. Je suis capable de dormir un peu tout croche.»
Bianca Andreescu, elle, préfère dormir à l'hôtel et arriver plus tard. «Ça peut rapidement devenir trop mouvementé sur le site des tournois», a-t-elle soulevé.