Les Chiefs face aux 49ers au Super Bowl LVIII

Stéphane Cadorette
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BALTIMORE | Pour une quatrième fois en cinq ans, les Chiefs se retrouvent au Super Bowl. Ils renoueront avec les 49ers, qui avaient été leurs adversaires au match ultime en 2019.
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Même les Ravens, dans leur forteresse gardée par 71 000 partisans, ont été incapables de freiner la machine des Chiefs en finale de la conférence américaine. Les Chiefs l’ont emporté 17-10 et même lors d’une saison où ils ne sont pas au sommet de leur art offensivement, ils se retrouvent au match ultime à Las Vegas, le 11 février. De leur côté, les 49ers ont comblé un déficit de 17 points à la demie pour venir à bout des Lions par 34-31 en finale de la conférence nationale. Il s'agira de leur huitième présence au Super Bowl.
Le Journal était présent à Baltimore pour assister à un autre dénouement qui a brisé le coeur des fervents des Ravens. Cette équipe devait être parfaite pour battre les Chiefs, qui jouissent d'un énorme bagage dans ces situations où la chaleur monte dans la cuisine. Malheureusement pour eux, les Ravens ont été loin, très loin de la perfection.
- Écoutez le segment sportif avec Jean-François Baril via QUB:
Leur quart-arrière, Lamar Jackson, a été victime de deux revirements. Après son interception dans la zone des buts sur une séquence critique au milieu du quatrième quart, plusieurs partisans ont lancé leurs bières par dépit sur le terrain. Du beau gaspillage de nourriture!
À Baltimore, le même désolant refrain se répète donc. L’équipe connaît une saison extraordinaire, Jackson récolte le titre de joueur le plus utile, la défense écrase de grosses équipes, puis le château de cartes s’effondre en séries. Voilà qui ne va pas calmer les ardeurs de ceux qui prétendent que Jackson s'efface quand l'enjeu s'élève, lui qui n'a réussi que 20 de ses 37 passes.
Un party gâché


Un beau gros party semblait pourtant en voie de se produire à Baltimore. Plus de trois heures avant le match, les partisans convergeaient par milliers vers le M&T Stadium via le «Ravens Walk».

Ce couloir piétonnier situé entre le stade des Orioles et celui des Ravens est festif à souhait avec plusieurs fervents survoltés et déguisés aux couleurs de leur équipe. C’est aussi dans ce secteur que la fameuse fanfare des Ravens s’offre en spectacle pour réchauffer les troupes.
En bout de ligne toutefois, peu importe la chaleur générée avant le match, c’est une douche froide qui a frappé les partisans, qui vivaient une première finale de conférence de leur équipe à la maison et une première dans la ville en 53 ans.
Même la présence sur le terrain de légendes d’une époque pas si lointaine, comme Ray Lewis, Ed Reed et Terrell Suggs, n’a pas permis de fouetter les joueurs actuels, qui n’ont pas été à la hauteur des standards du passé.

La défense des Chiefs domine
Les Ravens, qui ont l’habitude de punir leurs rivaux physiquement, ont vite réalisé que la défense des Chiefs mérite le respect.
C’est de bon ton de parler continuellement des exploits de Patrick Mahomes (241 verges, 1 passe de touché), mais ce match, c’est la défense qui est allée le chercher.
Lamar Jackson a peiné à trouver ses receveurs et il a été victime de trois sacs. Le jeu au sol a trop vite été évacué du plan de match, avec seulement huit courses en dehors de celles de Jackson. Difficile de justifier qu’ils aient dérogé à ce point de leur identité.
La défense des Ravens a tenu son bout tant bien que mal, mais a été incapable de freiner Travis Kelce. L’ailier rapproché a capté 11 passes de Patrick Mahomes pour 116 verges et un touché.
Il est ainsi devenu détenteur du record pour le plus grand nombre de réceptions dans l’histoire des séries, surpassant l’immortel Jerry Rice.
C’était le sixième match de séries de Kelce avec au moins 10 réceptions, soit le double de n’importe quel autre joueur dans l’histoire.
Indiscipline flagrante

Les Ravens se sont aussi tirés dans le pied avec huit pénalités, dont quelques-unes franchement stupides. Même si leurs partisans ont souvent scandé «bullshit», c’était indiscutable. Les Chiefs, plus expérimentés dans ces grands moments, ont eu le don de leur jouer dans le coco.
Le receveur Zay Flowers, le meilleur du groupe chez les Ravens, a été l’exemple parfait. Il a écopé d’une punition stupide pour avoir nargué le demi de coin L’Jarius Sneed après un long jeu. Il a ensuite échappé le ballon à la porte des buts, privant les siens d’un touché. Le karma l’a frappé, puisque c’est ce même Sneed qui lui a fait perdre le précieux objet.
Pour couronner le tout, il s’est coupé la main en frappant le banc après coup. Très chic!
Lamar Jackson et les Ravens représentaient le dernier espoir de la frange des amateurs de football qui ne pouvaient vivre avec l’idée d’une semaine du Super Bowl qui ramènera sans cesse Taylor Swift dans les manchettes.

Les Chiefs ont mieux joué, mieux géré leurs émotions et méritaient plus la victoire.
Patrick Mahomes revendique maintenant 14 victoires sur 17 matchs en séries. Il devient le premier quart-arrière à participer quatre fois au Super Bowl avant l’âge de 30 ans, lui qui a déjà soulevé le trophée Vince-Lombardi deux fois. On ne le réalise pas, mais c’est absolument délirant.