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Une autre chronique pour se péter les bretelles à Québec

Plusieurs Montréalais m’ont écrit que l’on se contente de peu à Québec en s’excitant le poil des jambes avec les Capitales, les Remparts ainsi que le Rouge et Or.

Vue aérienne du stade Canac, prise le 31 août 2023. Photo fournie par les Capitales de Québec, Christian Gingras.
Vue aérienne du stade Canac, prise le 31 août 2023. Photo fournie par les Capitales de Québec, Christian Gingras. Capitales de Québec / Christian Gingras
Photo portrait de Jean-Nicolas  Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2023-09-10T21:00:00Z

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Plusieurs Montréalais m’ont écrit que l’on se contente de peu à Québec en s’excitant le poil des jambes avec les Capitales, les Remparts ainsi que le Rouge et Or.

Comme si j’étais un peu tata d’aimer autre chose que le Canadien, le baseball majeur ou la Ligue canadienne de football.  

Certains se moquaient de moi parce que j’ai écrit que les Capitales étaient du baseball professionnel. Pour eux, c’est du petit baseball mignon.  

Comme si le câble ne se rendait pas à Québec et que je ne comprenais pas c’était quoi du baseball.  

Je suis un fou de baseball, je dois être un des rares Québécois qui a choisi, pour ses vacances, d’aller voir des équipes de niveau A des ligues mineures en Floride. J’étais l’un des 12 spectateurs à chaque match.  

Évidemment, la plupart des gens qui m’ont écrit ça n’avaient jamais mis le pied au Stade Canac à Québec.  

Quand Greg Bird a frappé son grand chelem samedi contre un gars qui lançait à 98 miles à l’heure, je trouvais que c’était plutôt professionnel et relevé comme baseball.  

Ren� Baillargeon / Agence QMI
Ren� Baillargeon / Agence QMI

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Bref, je sais que je touche une corde sensible quand je compare Québec et Montréal dans le sport. C’est facile de s’enflammer.

Y'a de quoi être fiers

Mais je ne suis pas si sérieux que ça. Je sais très bien que Montréal compte sur des équipes qui évoluent dans des circuits majeurs et que l’offre sportive est incomparable. Mais il y a quelque chose d’assez magique à Québec, qu’on ne voit pas souvent à Montréal depuis quelques années avec des équipes ordinaires.  

Et il y a vraiment de quoi être fiers à Québec. On peut se péter les bretelles. On a tellement mangé nos bas depuis des années avec la frustration du non-retour des Nordiques que les gens de Québec peuvent se targuer de redevenir une splendide ville de sports.  

Samedi, il y avait plus de 13 000 personnes au match du Rouge et Or à l’Université Laval. En même temps, au Stade Canac, c’était salle comble pour le match des Capitales (4297 spectateurs).  

Avec le match de dimanche, c’est plus de 800 000 billets qui ont été vendus en un an pour les évènements sportifs majeurs de Québec (Remparts, Capitales, Rouge et Or, Tournoi pee-wee).  

C’est environ ce que le Canadien accueille chaque année au Centre Bell. Et c’est plus que les Alouettes, le CF Montréal et le Rocket de Laval, réunis.  

Ça marche très fort

J’ai fait quelques calculs, et il y a beaucoup plus de billets sportifs vendus par habitant à Québec qu’à Montréal. C’est évidemment plus abordable à Québec, mais ça expose l’attachement aux équipes.  

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Les Remparts ont la meilleure foule de la ligue au Québec, par près du triple de la deuxième. Les Capitales ont la deuxième meilleure foule de la ligue sur 15 clubs. Et le Rouge et Or, évidemment, a les meilleures foules au Canada.  

Pourquoi ça marche si fort?  

D’abord, parce que les clubs de Québec torchent tout le monde. Ils sont bien gérés et fiers. Pas question d’être moyens.  

Patrick Roy, Jacques Tanguay, Glen Constantin, Michel Laplante, Patrick Scalabrini sont des compétiteurs féroces. Ça aide pour gagner, dans la même année, une Coupe Memorial, une Coupe Vanier et un championnat des séries de la Ligue Frontier.  

Mais aussi, parce que ces équipes ont compris qu’il faut penser d’abord et avant tout à leurs fans.  

Tout coûte plus cher, les ménages québécois en arrachent. Pourtant, les équipes de Québec attirent plus de monde que jamais avec des records d’assistance cette année. Même les Capitales, avec une météo de bouette cet été.  

L’équipe a gelé les prix des billets les moins chers et ont abaissé le prix des hot-dogs à 1$ le samedi. La bière est à 4$. Pour les familles, c’est parfait.  

Le Rouge et Or, ce n’est pas juste un match de football. C’est un happening incontournable à Québec avec un des plus gros tailgates au pays, toutes ligues confondues.  

Les Remparts sont devenus au fil des années l’organisation la plus prestigieuse au pays.  

Pas le même divertissement

J’adore assister à un match du Canadien. Mais ça ne me tentait pas tant que ça de payer 600$ cette année pour y aller avec ma conjointe et mes deux enfants, afin de voir Chris Tierney et Christian Dvorak bien jouer défensivement lors d’une défaite qui ne change rien au classement.  

J’ai eu du plaisir la dernière fois que je suis allé au CF Montréal, mais quand l’équipe marque en moyenne moins d’un but par match, ce n’est pas le divertissement du siècle, mettons.  

Mais lorsque Greg Bird a frappé son grand chelem samedi, quand les Remparts ont corrigé tous les meilleurs clubs du Canada en juin à la Coupe Memorial et quand le Rouge et Or a remporté sa 11e Coupe Vanier en novembre, je ne trouvais pas qu’on se contentait de peu à Québec.  

Je trouve plutôt qu’on sait comment apprécier nos équipes et elles savent bien nous le rendre. Et si on a plus un jour, tant mieux.

Mais on n’attend plus en grognant. On profite pleinement de ce que l’on a.  

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