Réinventer son emploi: clouée au sol, une agente de bord veut devenir assistante dentaire
Elle a entrepris des études d’assistante dentaire

Diane Tremblay
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Tant qu’à être clouée au sol, une agente de bord de la compagnie Sunwing a décidé, durant la pandémie, de relever un nouveau défi en entreprenant des études d’assistante dentaire.
Marie-Ève Keroack, de Québec, qui est à l’emploi de Sunwing depuis 12 ans, ne pouvait pas rester chez elle à attendre que le temps passe.
Pour celle qui aime être en contact avec le public, le retour aux études a fait naître une nouvelle passion.
Lorsque Marie-Ève s’est entretenue avec la représentante du Journal, la nouvelle étudiante profitait d’une journée pédagogique bien méritée pour se remettre d’une semaine d’examens plutôt chargée.
«C’est beaucoup d’étude. C’est complètement nouveau pour moi, mais je tripe au boutte. J’aime ça. Les profs sont tellement passionnés. C’est super motivant», a-t-elle confié.
Depuis novembre dernier, la mère de famille de 41 ans étudie au Centre de formation professionnelle Fierbourg, à Québec. Si tout va bien, elle devrait obtenir son diplôme d’assistante dentaire en avril 2022.
Avant que la pandémie porte un dur coup à l’industrie aérienne, Marie-Ève filait le parfait bonheur comme agente de bord pour Sunwing.
Son rêve
«J’ai toujours travaillé avec le public. C’était mon rêve de petite fille de devenir agente de bord. En 2008, quand Sunwing a ouvert une base à Québec, j’ai décidé d’appliquer et de vivre pleinement mon rêve. Dès le premier vol, j’ai su que c’était fait pour moi. Je me voyais faire ça encore longtemps. Je n’ai jamais pensé que ça pouvait s’arrêter aussi vite. Je menais ma carrière. Je gagnais bien ma vie. Tout allait bien», a-t-elle raconté.
Du jour au lendemain, au début de la crise sanitaire, elle a appris que tous les vols étaient suspendus. Les semaines qui ont suivi son dernier vol de rapatriement ont été particulièrement difficiles, même si elle conserve toujours son lien d’emploi.
Bancs d’école
«J’ai vécu une grosse déprime. Je ne voyais pas la lumière au bout du tunnel. C’était comme une grosse peine d’amour parce que j’aimais réellement mon travail. Août, septembre et octobre, je feelais mollo. C’était le temps qu’il se passe quelque chose dans ma vie. Je commençais à faire de l’anxiété. J’avais de la misère à dormir.»
C’est alors que Marie-Ève a appris qu’elle était acceptée dans le programme d’études professionnelles. Elle a pris son courage à deux mains et elle est retournée sur les bancs d’école dans un domaine qui lui était totalement inconnu.
Projet de vie
«Chaque fois que je vais chez le dentiste, les gens sont de bonne humeur. J’ai choisi d’essayer ça, car c’est un milieu qui m’attire beaucoup. Je ne suis pas faite pour travailler seule dans un cubicule. Ce n’est pas moi, ça», ajoute-t-elle.
Malgré les études qu’elle vient d’entreprendre, Marie-Ève n’a pas renoncé à poursuivre sa carrière d’agente de bord en parallèle. Habituée aux horaires atypiques, elle estime qu’elle sera en mesure de combiner les deux.
«Je n’ai pas baissé les bras. J’ai confiance que ça va reprendre. J’ai le goût de retourner voler. Pour l’instant, je me concentre sur mon nouveau projet de vie. J’essaie de ne pas trop penser aux avions. De toute façon, ça ne vole pas beaucoup ces temps-ci», a-t-elle conclu.