Une 3e Coupe des Présidents à Montréal? Dans une autre vie... peut-être
La formidable édition sur le parcours du Royal Montréal a malheureusement été ponctuée de plusieurs problèmes


François-David Rouleau
Partager
Quand les grands artisans de cette deuxième édition de la Coupe des Présidents à Montréal se sont rencontrés tard dimanche soir, dans un salon du Royal Montréal, ils ont poussé un souffle de soulagement et même versé quelques larmes. L’adrénaline tombée au plancher, ils ont réfléchi à la semaine qu’ils ont mis six ans à préparer.
«Neil [Macrae] et moi, nous avons pris la parole, félicité tout le monde et remercié tous ces bénévoles qui ont aidé. Nous avons réussi notre mission, a relaté Michael Richards au lendemain d’une semaine «inoubliable».
«J’étais complètement toasté, a-t-il ajouté en riant de bon cœur au bout du fil, lorsque rejoint par Le Journal en mi-journée. Mes derniers mots ont été: "Maintenant, je sors d’ici!"»

En 2007, l’instigateur derrière la Coupe des Présidents avait prédit qu’on ne reverrait jamais le tournoi à Montréal. Dix ans plus tard, il avait replongé dans un projet pour la ramener et il a réussit avec brio.
Jamais deux sans trois?
L’avocat de profession qui a mis tous les pions en place à deux reprises a hésité avant de répondre et d’offrir sa pensée.
«Ce serait plus simple. Ce fut deux éditions incroyables. Mais je ne crois pas que ce sera de retour, car il y a tant de destinations à travers le monde. Les sites sont sélectionnés jusqu’au milieu des années 2030 et davantage.»
Dans les cercles très fermés du prestigieux Royal Montréal, on parle de cette édition 2024 comme d’un franc succès dans les compétences qu’il pouvait contrôler. Avec raison.

Car le magnifique «Blue Course» a été le théâtre d’un excellent spectacle et d’un affrontement serré. Car les spectateurs ont apprécié leur visite, savouré leur moment inoubliable et contemplé les prouesses des meilleurs golfeurs de la planète. Car dame Nature a collaboré durant les jours de compétition.
Succès et ratés
À l’aube du tournoi, M. Richards était soucieux en raison de la pluie sous la pluie et d'un plan de circulation sur l’île Bizard inefficace. L’arrivée des rayons du soleil après la cérémonie d’ouverture l’a fait sourire. Le déploiement d’un nouveau système aux abords du vétuste pont Jacques-Bizard a ensuite un brin dissipé ses doutes.
Sur le plan sportif, la remontée des Internationaux qui ont créé l’égalité 5 à 5 au tableau, vendredi soir, aura permis de garder le suspense pour le week-end. Ses comparses et lui s'en frottaient les mains.

Il importe de le rappeler. Si le tournoi fut un succès sur le parcours, on ne peut en dire autant au-delà des portes du Royal Montréal. Les problèmes ont poussé comme les épines dans un gros rosiers.
Le plan de «mobilité» n’a pas fonctionné. Il a fait rager les citoyens, les commerçants et les spectateurs en plus de créer de sérieux problèmes. Et ce, quoi qu’en disent les divers paliers de gouvernement impliqués dans cette logistique qui figurait au sommet des priorités.
Sans nouveau pont qui était promis en 2023, le plan aurait dû être plaqué du sceau «à toute épreuve». Au centre-ville, les employés de l’hôtel Le Reine Elizabeth, où était logé le circuit de la PGA, ont décidé de déclencher une grève de sept jours à la veille du tournoi.
La cerise sur le gâteau
Et voilà que les solutions de transport mises en place pour pallier l’absence du nouveau, «déjouer» les chantiers routiers et «améliorer» la circulation ont été mises à mal. Des agents de Contrôle routier Québec ont décidé de mener, durant 72 heures, plus de 130 inspections sur les quelque 200 navettes transportant la majorité des 35 000 spectateurs par jour. Des inspections fortuites réalisées aux heures d’affluence.

Un affront mal reçu parmi les acteurs impliqués dans l’organisation de la Coupe des Présidents, un événement international.
Les spectateurs ont remarqué ces problèmes avant d’entrer dans le merveilleux environnement du Royal Montréal. Comme ceux de la Formule 1 en juin dernier.
Évidemment, les centaines de millions de téléspectateurs ne les voient pas sur les magnifiques images diffusées à la télévision dans leur salon, en Australie, en Asie, en Afrique du Sud et en Amérique du Sud.
Mais quelle carte Montréal et le Québec laissent-ils à l’invité qui les a choisis en 2020?

Celle qu’ils ne sont pas capables de l’accueillir, malgré des subventions gouvernementales de près de 10 M$, sans mettre du sable dans l’engrenage d’une machine bien huilée?
Très difficile de dire mission accomplie avec succès. Les acteurs impliqués dans les dossiers savent qu’ils doivent faire mieux et agir pour éviter de reproduire les gaffes de ces deux grands événements sportifs internationaux de l’été 2024.
Montréal, la province et le pays ont reçu une deuxième fois la Coupe des Présidents dans un tournoi de golf aussi formidable qu’excitant.

Peuvent-ils l’accueillir une troisième fois?
La réponse viendra dans une autre vie.
Le dauphin de Michael Richards et cie devra se montrer plus que convaincant.