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Une 10e année qui débute en grand pour Kevin Owens

Photo portrait de Patric Laprade

Patric Laprade

2024-01-26T15:52:33Z

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En 2024, Kevin Owens célébrera ses 10 ans avec la WWE. Déjà. 

Et Owens débute cette dixième année en force en ayant seulement l’un des quatre matchs annoncés jusqu’à présent pour le Royal Rumble, qui aura lieu samedi au Tropicana Field de Tampa, et pas contre n’importe qui. Il va affronter le champion des États-Unis, influenceur et youtubeur, la sensation Logan Paul. 

Champion à la WWE certes. Mais il ne faut pas oublier que Paul, 28 ans, n’a seulement que huit matchs en carrière: deux chacun à WrestleMania, SummerSlam et Crown Jewel, un à Money in the Bank et le Royal Rumble de l’an dernier. Tous des PLE, tous des matchs importants pour celui qui est suivi par 27 millions d’abonnés sur Instagram. 

Il est encore vert et pour un vétéran comme Owens, qui lutte depuis bientôt 24 ans, ça amène son lot de défis. 

« Je vois ce match comme une bonne opportunité de faire partie du plus gros show de l’année, mais également comme un défi de lutter contre quelqu’un qui a une expérience très limitée et dont les combats sont scrutés à la loupe », avoue l’athlète de Marieville, dans un entretien qu’il m’a accordé plus tôt cette semaine. 

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Quand Owens parle d’un défi, c’est que travailler avec une personne moins expérimentée comporte des risques, autant pour la recrue que pour le vétéran. 

« Il y a des choses que tu apprends uniquement avec l’expérience, précise Owens. Comment éviter les blessures, comment réagir lorsqu’une manœuvre tourne mal. »

N’empêche que Logan Paul est impressionnant depuis qu’il a fait ses débuts. Que ce soit l’an dernier au Royal Rumble avec Ricochet ou plus récemment face à Rey Mysterio, il a l’air né pour faire ce métier. Et il prend la lutte au sérieux, ce qui n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd...ou de Kevin Owens! 

« Personne ne peut nier le fait qu’il est bien meilleur qu’on se serait attendu, affirme l’ancien champion Universel. Il se donne à fond dans ses combats, il est très athlétique et malgré son niveau d’expérience, il comprend ce qu’on fait. Il travaille fort pour prouver qu’il a une place ici. Il a eu une entrée très facile dans un monde où il est extrêmement difficile d’entrer, mais il travaille fort et il faut le reconnaître. »

Reconnaissant de l’appui de la foule

Kevin a eu un automne et un début d’hiver moins occupé. Depuis qu’il a été transféré à SmackDown en octobre dernier, il n’a lutté que six fois à l’émission du vendredi soir, même s’il y est apparu plus souvent dans d’autres types de segments. Il a notamment remporté un tournoi éliminatoire lui permettant justement d’affronter Paul pour le titre. Toutefois, c’est principalement l’appui de la foule qui a marqué son attention.  

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« Ce qui revient toujours, c’est le support que j’ai de la foule. Peu importe le rôle ou l’importance que j’ai sur un show, les gens me réservent toujours des réactions spéciales. C’est dur à expliquer, mais à un certain moment donné dans une carrière à la WWE, tu atteins un niveau qui te permet d’avoir le respect de la foule, simplement parce que ça fait longtemps que tu es là, que tu livres la marchandise, que les gens te voient travailler fort et il y a un respect qui vient avec ça. Je pense avoir acquis ça dans les dernières années et c’est très précieux pour moi. En même temps, ce n’est pas quelque chose que je prends pour acquis. Cette réaction des fans, je l’apprécie chaque fois. »

Kevin, qui soufflera ses 39 bougies au mois de mai, a davantage travaillé ces derniers temps avec des plus jeunes comme Austin Theory et Grayson Waller, quelque chose de rafraîchissant pour lui. 

« C’est toujours plaisant de lutter contre des gars contre qui je ne me suis pas battu 100 fois, a mentionné Owens. Theory et Waller sont deux gars qui veulent se prouver, qui ont la passion, qui veulent démontrer qu’ils ont une place ici et ça, c’est toujours motivant. »

La carrière qui ne devait pas en être une

Pendant plusieurs années, lorsqu’il luttait sur le circuit indépendant au Québec, à Ring of Honor et à la PWG, ils étaient plusieurs à penser que jamais la WWE ne serait intéressée. Et pourtant, Kevin entame sa dixième année à la WWE. Il a été engagé officiellement en août 2014 et a fait ses débuts avec NXT en décembre de la même année. Dix ans, c’est plus que Jacques Rougeau. C’est plus que Rick Martel. En fait, il s’agit d’un sommet chez les Québécois que seul son ami de toujours, Sami Zayn, a atteint. 

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Je lui ai demandé si au mois d’août 2014, lorsqu’il a été engagé, il croyait que 10 ans plus tard, il serait encore avec la compagnie et encore mieux, qu’il deviendrait champion, avec deux finales de WrestleMania à son actif. 

Sa réponse est longue, mais combien réfléchie et posée. Je lui laisse donc toute la place. 

« Non à toutes ces questions! Quand j’ai eu l’appel que je me faisais engager, je me suis fait dire que ce serait juste pour NXT et que Vince McMahon ne serait pas trop friand de me mettre à la télé chaque semaine à cause de mon gabarit. Et j’avais répondu au recruteur de l’époque que j’étais prêt à relever le défi. Six mois plus tard, je faisais mes débuts à Raw et je travaillais avec John Cena. Et c’est quand j’ai eu ma rivalité avec Cena que je me suis permis de rêver ou de commencer à penser que j’allais peut-être avoir une carrière qui aurait de l’allure. 

« Mais jusqu’à ce moment-là, tout ce que je faisais c’était d’espérer. Je savais que j’allais donner tout ce que j’avais et que si ça ne fonctionnait pas, ça n’aurait pas été à cause de mon manque d’effort. Mais 10 ans plus tard, tous les championnats que j’ai gagnés, tous les moments que j’ai eus, les finales de WrestleMania, les matchs avec Undertaker, John Cena, Randy Orton, Seth Rollins, Roman Reigns, Sami Zayn, Steve Austin, remporter les championnats par équipe à WrestleMania. 

« Et même si ça peut sembler être des moments moins importants, mais de partager le ring ou d’avoir des segments backstage avec Kurt Angle, Mick Foley, Stephanie McMahon, Chris Jericho, Trish Stratus, Shawn Michaels, ce sont toutes des personnes que j’ai adorées quand j’étais plus jeune, qui étaient des idoles. 

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« J’ai eu la chance d’être en équipe avec Triple H, on a eu un moment spécial quand il m’a fait gagner le championnat Universel. Peu de gens ont eu la carrière que j’ai eue quand tu regardes ça et c’est sûr que c’est une carrière à laquelle je ne m’attendais pas. »

Est-ce que Kevin Owens est fier de ses 10 dernières années? 

« Ce n’est pas de la fierté que je ressens. C’est un sentiment de gratitude. Je me considère chanceux d’avoir pu vivre toutes ces expériences-là. »

Et c’est pour une réponse comme celle-là que Kevin aura toujours une place spéciale pour les amateurs de lutte et pour le Québec. 

Fâché de ne pouvoir être là pour Patrick Roy

-Ton article sort quand?

-Vendredi. Pourquoi?

-Ok. Je veux que tu ajoutes que je suis vraiment content de lutter au Royal Rumble, mais en même temps, puisque je dois me préparer pour le Rumble, je suis très chagriné de manquer le retour de Patrick Roy au Centre Bell! S’il y a un joueur de hockey qui m’a fait tripper et que j’aurais tout donné pour voir en personne, c’est Patrick Roy. J’étais tellement fâché quand j’ai vu ton Tweet qui disait que Roy était rendu avec les Islanders et qu’il serait à Montréal jeudi!

Je connais Kevin depuis 20 ans et je dois avouer, celle-là m’a pris par surprise! Notons qu’Owens a des billets de saison pour le Tricolore et qu’on le voit quelques fois par année au Centre Bell. Son père, Terry, n’en manque pas une!

Demain, je vous reviens avec mes prédictions pour le Royal Rumble, auquel j’assisterai en personne à Tampa, en plus de vous donner un résumé des entrevues que je vais faire ce matin, alors que plusieurs vedettes de la WWE seront disponibles pour les médias. Dimanche, je vous ferai un retour sur l’événement comme tel. 

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