Un virage majeur avec le ministre Julien


Karine Gagnon
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L’arrivée de Jonatan Julien comme ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale marque un virage majeur par rapport aux années Guilbault, avec une volonté forte non seulement de faire avancer les dossiers, mais de rétablir le canal de communication avec les acteurs régionaux.
Rencontré la veille de l’entretien à une activité de Québec Ville en rose, M. Julien soulignait à quel point « il est heureux » d’avoir été nommé à ce titre, lui qui est aussi responsable des Infrastructures.
C’est précisément avec ces mots qu’il a aussi débuté l’entrevue, hier matin.
« Je suis certainement très heureux », a-t-il lancé, énumérant qu’il a eu 50 ans cette année, qu’il est né et a grandi à Québec, qu’il a toujours vécu à Québec, et ses enfants aussi.
Le ministre souligne qu’il s’est lancé à l’origine en politique, avec Régis Labeaume, parce qu’il trouvait que Québec était sur une erre d’aller où tout était possible.
Ce bel élan, cet ex-vice-président du comité exécutif de Québec est fier de pouvoir y contribuer, cette fois, en portant les dossiers de la région au Conseil des ministres.
« J’ai le goût que ça marche à Québec », lance-t-il.
Longueur d’avance
Nommé il y a deux semaines à peine, Jonatan Julien a déjà établi des contacts avec plusieurs élus et intervenants de Québec pour connaître leurs préoccupations.
Il a même prévu des rencontres bimensuelles avec le maire Bruno Marchand, et invite les acteurs régionaux qui n’auraient pas reçu d’appel de son cabinet à le contacter.
Le mot d’ordre, c’est la concertation, insiste M. Julien. Il souligne que, évidemment, il ne s’attend pas à ce que le maire de Québec et lui soient toujours d’accord. Mais il mise beaucoup sur la communication.
Souvent, les désaccords résident dans l’incompréhension, estime-t-il.
Il s’agit d’une bonne longueur d’avance par rapport à sa prédécesseure, Geneviève Guilbault, qui a mis plus d’un an à établir des contacts avec le milieu, et qu’on sentait peu investie dans ces fonctions.
Elle a souvent eu du mal à défendre les dossiers régionaux, comme le tramway, et ses relations avec les maires de Québec se sont avérées des plus difficiles.
Nouvelle posture
L’organisation de la CAQ a par ailleurs manifesté, durant la campagne électorale, une volonté de se positionner autrement par rapport à la région.
On souhaite parler aussi d’autres projets et enjeux que le troisième lien, et manifester un véritable appui au tramway.
L’attitude de M. Julien s’inscrit exactement dans cette mouvance. Il « ne se sent pas » comme le messager du troisième lien, bien qu’il croit fermement au projet.
Au sujet du tramway, il croit qu’il faut évoquer une deuxième phase, et s’affiche comme un allié indéfectible.
Malheureusement, au sujet du pont de Québec, le ministre demeure campé sur la position du gouvernement. Pas question de bouger.
Or, dans ce dossier, la CAQ aurait intérêt à manifester sa bonne foi, dans le souci d’en arriver à une solution pérenne pour cette infrastructure essentielle et emblématique.
Mais dans l’ensemble, le discours passionné de Jonatan Julien m’a fait penser à celui de Sam Hamad.
Lorsqu’il occupait ce poste, ce dernier s’imposait en ardent défenseur des projets de Québec.
Or, clairement, depuis quatre ans, la région a manqué d’amour et a toutes les chances de bénéficier de cette attention qu’on sent bienveillante.