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Un traitement «dangereux» pour «inverser» le processus de la pilule abortive

Photo portrait de Laurence Morin

Laurence Morin

2024-11-18T15:32:51Z

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Des militants antiavortement font la promotion d’un traitement pour «inverser» le processus de la pilule abortive.

Ce traitement, d’abord décrit dans un article de La Presse lundi, vise à donner une «seconde chance» à une femme qui «regrette» d’avoir avalé la pilule abortive, lit-on sur le site Abortion Pill Reversal.

Bien qu’il soit dit «sûr, testé et efficace» sur son site internet, il est «terrible» et «dangereux», selon la directrice générale de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC), la Dre Diane Francoeur.

«On ne peut pas faire ça [...] Il ne faut pas que les femmes aillent là», a-t-elle lancé d’entrée de jeu en entrevue au Québec matin, lundi.

Celle qui avait pris position avec la SOGC sur cet enjeu en 2021 a réitéré que les femmes ne devraient en aucun cas se tourner vers ce traitement.

«C’est qu’on leur donne des mégadoses de médicaments en espérant que le bébé va s’accrocher, a-t-elle expliqué. Ce n’est pas ça, la solution. La solution, c’est que les femmes doivent être accompagnées avant de faire le choix de se faire avorter».

Un traitement «dangereux»

Pour la Dre Francoeur, les femmes doivent «prendre le temps de peser le pour et le contre» et devraient recevoir l’aide «nécessaire» pour prendre les meilleures décisions.

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«Une fois que c’est commencé, on ne peut pas revenir en arrière», a-t-elle poursuivi.

La directrice générale a d’ailleurs précisé que ce traitement était «complètement dangereux et inutile», notant qu’il était impossible de faire «la moitié d’un avortement».

«Un des médicaments qu’on utilise dans l’avortement médical, si on décide de garder le bébé et que le bébé reste accroché, c’est associé à des anomalies, a-t-elle ajouté. On ne peut pas faire ça».

Les groupes antiavortement, qui sont omniprésents sur les réseaux sociaux, «tellement puissants» et «tellement financés», présentent de la mauvaise information aux femmes, ce qui est particulièrement inquiétant, selon la Dre Francoeur.

Plan d’action

La ministre provinciale des Relations internationales, Martine Biron, lance jeudi son Plan d’action gouvernemental sur l’accès à l’avortement.

Pour la Dre Francoeur, ce plan d’action est une «bonne nouvelle» pour les femmes.

«On est content que Mme Biron prenne de l’avant dans sa volonté de sécuriser l’accès à l’avortement au Québec, a-t-elle souligné. On a beaucoup d’acquis, on veut les garder. On est très inquiet de perdre [l’accès à l’avortement], comme ce qui s’est passé chez nos voisins du Sud».

La directrice générale de la SOGC a d’ailleurs noté que 50% des avortements seraient associés à un échec de contraception, d’où l’importance d’offrir gratuitement les moyens de contraception.

«Si la contraception était gratuite pour les femmes, on n’aurait peut-être pas besoin de se retrouver là. La poule et l’œuf, des fois, ça serait bien de regarder l’ordre un petit peu», a-t-elle renchéri.

Voyez l’entrevue complète ci-dessus.

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