Un titre mondial pour se positionner

Benoît Rioux
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À tort ou à raison, le titre mondial IBO pour lequel Mary Spencer se battra, vendredi soir à Shawinigan, n’est pas le plus prestigieux dans le monde de la boxe. Cette ceinture des poids super-mi-moyens pourrait toutefois propulser l’Ontarienne de 38 ans vers les plus hauts sommets.
«Je ne sais pas si une victoire poserait une cible sur moi, indique Spencer, sûre de pouvoir l’emporter contre la Belge Femke Hermans (13-4, 5 K.-O.). Sinon, ça pourrait me placer en meilleure position comme aspirante pour unifier des titres. Il y a deux autres championnes dans la division [Natasha Jonas et Terri Harper] et je veux les affronter.»
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À propos de Jonas, championne WBC, WBO et IBF, rappelons qu’elle a vaincu la Québécoise Marie-Ève Dicaire, en novembre, dans un combat d’unification ayant eu lieu à Manchester, en Angleterre. Avant de rêver plus fort, Spencer (7-0, 5 K.-O.) devra toutefois vaincre Hermans.
La Belge de 32 ans a un parcours intrigant: elle avait fait la limite contre Claressa Shields dans un combat de 10 rounds, perdu par décision unanime des juges, en décembre 2018. Plus récemment, soit le 2 avril dernier, Hermans s’était inclinée dès le troisième round devant Savannah Marshall. Elle avait alors été mise K.-O. par un crochet de gauche à la tête.
Sans peur
«J’ai vu ses combats contre certaines des meilleures femmes au monde et elle n’avait pas peur, a observé Spencer. Elle échange coup pour coup au milieu du ring et c’est excitant pour moi. Je sens que je devrai me mettre en danger pour lancer mes coups.»
«Je veux casser la distance pour ne pas la laisser utiliser la longueur de ses bras, a pour sa part établi Hermans, sachant que Spencer possède une excellente force de frappe. Comme ça, elle va moins utiliser sa puissance. Dans les combats que j’ai vus d’elle, c’était plutôt statique et ce sera une autre histoire avec moi.»
La boxeuse belge, qui risque de bouger passablement dans le ring, précise qu’elle se sent bien depuis qu’elle est descendue de catégorie, elle qui se battait autrefois chez les poids moyens. Un passage au club de boxe Bufi l’a transformée, dit-elle.
«Je veux bien ramener la ceinture à la maison, c’est mon objectif, a avancé Hermans, montrant aussitôt beaucoup de respect pour la Canadienne. Elle a seulement sept combats jusqu’ici, mais je sais très bien qu’elle a eu une longue carrière au niveau amateur. Elle a donc une bonne expérience.»
«Un système juste»
À propos du titre IBO, les deux boxeuses s’entendent pour dire que la couronne est sous-estimée.
«C’est vrai qu’il y a beaucoup de gens qui voient le titre IBO comme le petit frère des quatre autres organisations (WBC, WBO, WBA et IBF), mais pour moi, c’est quand même un titre mondial, a souligné Hermans. À mes yeux, c’est la même importance que les autres titres et je vais tout faire pour le gagner.»
«L’IBO utilise un système juste pour les classements, a pour sa part noté Spencer. Tu ne peux pas t’acheter une occasion de te battre pour un titre, tu dois la mériter. Dans les autres organisations, si ton promoteur a de l’argent, tu peux avoir une occasion, et ce, même en changeant de catégorie de poids. À ce niveau, l’IBO est strict, c’est donc une ceinture respectable.»
Spencer connaît bien le milieu de la boxe. D’ailleurs, une nouvelle pouvant être aussi bonne que mauvaise pour elle: Clarissa Shields, reine incontestée des poids moyens, a justement démontré de l’intérêt pour se battre contre l’une ou l’autre des championnes des 154 livres. Cela pourrait justement retarder un éventuel affrontement entre Spencer et Jonas. Et si Shields se montrait intéressée à Spencer?
Environ 3000 billets ont été vendus à ce jour pour le gala à Shawinigan. Après le combat entre Spencer et Hermans, la finale de la soirée opposera Arslanbek Makhmudov (15-0, 14 K.-O.) à l’Allemand Michael Wallisch (23-5, 16 K.-O.).