Un stade de 1,4 milliard pour les Jaguars: jusqu’où l’escalade se poursuivra?


Stéphane Cadorette
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Les Jaguars et la ville de Jacksonville se sont entendus pour remodeler le Everbank Stadium pour la coquette somme de 1,4 milliard. Dans la NFL, cette vague de nouveaux stades ne semble pas s’estomper et ce sont les partisans qui encaissent le coup pour cette expérience client rehaussée.
Les Jaguars aménageaient dans ce stade construit pour 134 millions à titre d’équipe d’expansion en 1995.
Dix ans plus tard, en vue d’accueillir le Super Bowl 39, 47 millions additionnels avaient été investis. En 2014, une autre somme de 63 millions a été injectée, avant une autre retouche de 90 millions deux ans plus tard.
Cette fois-ci, l’équipe et la ville contribueront à raison de 625 millions chacune et la ville allongera une somme additionnelle de 150 millions afin de préparer adéquatement le stade aux travaux.
Selon Forbes, les Jaguars ont enregistré des revenus de 517 millions la saison dernière et la valeur de la franchise est évaluée à 4 milliards. Comme quoi il n’y a jamais rien de trop beau pour les milliardaires!
Le tout est conditionnel à l’approbation du conseil de ville en juin et des propriétaires des équipes de la NFL en octobre.
Dans les dernières années, les Jaguars ont fait l’objet de rumeurs de déménagement à Londres, eux qui y disputent au moins un match «local» par saison depuis 2013. L’équipe s’engagera à demeurer à Jacksonville pendant 30 ans.

Plusieurs changements
C’est trop souvent avec cette fameuse menace que les richissimes propriétaires parviennent à soutirer de l’argent public. Les exemples n'en finissent plus.
Les travaux débuteront en 2026 et prendront fin en 2028. La capacité d’accueil de 67 814 places sera réduite en 2026, tandis qu’en 2027, les Jaguars devront jouer leurs matchs locaux à Orlando ou à Gainesville.
Selon les plans, le stade deviendrait quatre fois plus large que sa dimension actuelle, avec des coursives plus ouvertes, même si le nombre de sièges sera réduit à 62 000. La rétention de la chaleur sera réduite de 70% grâce à l’installation d’une forme de couvert translucide. Tous les systèmes électriques, mécaniques et de plomberie seront évidemment remis à neuf.

Pour ceux qui se posent la question, oui, les fameux sièges à même les piscines dans le stade demeureront en place. Tout ça est bien beau, mais pour le commun des mortels qui craint bien plus la fin du mois que la fin du monde, cette fameuse expérience client rehaussée dans les grands stades vient avec une lourde facture.

Une vague
Dans les 10 dernières années, les 49ers (1,3 milliard), les Falcons (1,6 milliard), les Vikings (1,1 milliard), les Rams/Chargers (5,5 milliards) et les Raiders (1,9 milliard) se sont dotés de stades dernier cri.
Les Dolphins ont procédé à des rénovations majeures de leur stade en 2015 au coût de 350 millions et les Ravens font de même actuellement pour 430 millions.
Les Bills aménageront de l’autre côté de la rue à Buffalo dans leur nouveau palais de 1,7 milliard en 2026.
Pendant ce temps, les Bears viennent de dévoiler leurs plans pour un stade couvert de 3,2 milliards (en plus de 1,5 milliard en infrastructures additionnelles) aux abords du lac Michigan, au centre-ville de Chicago.
FIRST LOOK: Renderings of Bears proposed stadium. pic.twitter.com/Y7ZBtZpB5Z
— Sean Hammond (@sean_hammond) April 24, 2024
Les Chiefs, Browns et Commanders sont aussi dans la file d’attente.
Il faut bien financer toutes ces extravagances et le partisan répond toujours présent. C’est à se demander jusqu’où cette vertigineuse escalade se poursuivra et à quel point les fans seront prêts encore longtemps à encaisser l'inflation inévitable qui s'ensuit sur le prix de leurs billets.
Un jour, tous ces stades de plus en plus luxueux finiront par être beaux sur des maquettes, mais inaccessibles quand les matchs se joueront.