Un soldat de plus en plus aimé par St-Louis: Joe Veleno prend du galon

Nicolas Cloutier
Partager
C’est passé inaperçu au cours de la troisième période contre le Wild, mardi soir. Le Canadien s’est retrouvé en infériorité numérique avec une avance de 3 à 2 à protéger et un peu plus de neuf minutes à faire en temps réglementaire. Martin St-Louis a envoyé deux attaquants: Phillip Danault, mais aussi... Joe Veleno.
Veleno a été déployé à nouveau pour une mise au jeu en zone offensive à 3 à 3 avec deux minutes et des poussières à jouer, et encore une fois pour la dernière présence du match dans le but de préserver l’avance de 4 à 3 fournie par Cole Caufield.
- À lire aussi: L’espoir du CH dont personne ne parle
- À lire aussi: Une première en près de 10 ans pour le Canadien
Voilà des signes qui ne mentent pas. Le natif de Kirkland a gagné la confiance de l’entraîneur-chef Martin St-Louis.
«Je trouve qu’il est excellent défensivement, l’a encensé St-Louis au terme de l’entraînement matinal de mercredi. Il joue avec beaucoup de rythme. Il a de l’anticipation et une attitude qui vient avec. C’est ce que ça prend pour être bon défensivement.»
Sacrifier les points
En début de saison, surtout, le numéro 90 a été tourné en dérision par quelques partisans un peu malins qui s’amusaient à le surnommer «Cardio King» (le roi du cardio). Veleno était une cible facile, puisqu’il n’avait pas encore obtenu un seul point après 14 matchs.
La réalité est que cet attaquant autrefois qualifié d’«exceptionnel» à 15 ans dans la LHJMQ, choisi au 1er tour par les Red Wings en 2018, a accepté de sacrifier les points et de se réinventer.
C’était une question de survie pour rester dans la LNH. La chance que le Canadien lui offrait avec un contrat d’un an l’été dernier était peut-être bien sa dernière.
«Je pense que mon rôle a changé un peu cette année, a reconnu Veleno. C’était quelque chose que j’ai voulu embrasser cet été pour avoir de plus grandes responsabilités dans la Ligue nationale.»
Pour l’heure, il gagne son pari. Veleno joue désormais de 13 à 14 minutes par match, en plus d’occuper un poste régulier en infériorité numérique.
«C’est sûr que je voudrais produire plus. Parfois, c’est dur. Tout le monde commence un match en voulant scorer, a-t-il avoué. Mais on a beaucoup de gars qui peuvent mettre la rondelle dans le filet.»
«Joe, c’est un gars extrêmement intelligent, l’a vanté Zachary Bolduc, un de ses compagnons de trio contre le Wild. Il gagne de grosses mises au jeu et il ne donne pas grand-chose en zone défensive.»
«Il fait un super bon travail en infériorité numérique et sur les mises au jeu, a noté Alexandre Carrier. Il m’a même défendu un peu plus tôt cette saison en jetant les gants. Il est apprécié sur la glace comme hors glace.»
De l’aide de Lecavalier
Le Canadien a beaucoup de centres droitiers dans son organigramme, et bien peu de gauchers. C’est une des raisons qui ont motivé l’acquisition de Danault, par ailleurs.
Quand Veleno, un gaucher, a été embauché par le CH, il savait qu’une façon de se rendre utile était d’améliorer son rendement aux cercles des mises au jeu.
«Marc Bureau [le consultant du CH aux mises au jeu] est venu à l’occasion pendant l’été, a-t-il mentionné. Même Vincent Lecavalier est venu une couple de fois. Juste d’en parler avec eux, ça m’aide beaucoup.»
Lecavalier en avait arraché aux cercles en début de carrière avec une efficacité sous les 45% à ses six premières saisons. Le métier avait fini par rentrer.
Veleno peut en dire autant cette saison. Il affiche la meilleure efficacité de sa carrière aux cercles, à 50,9%.
«C’est ma cinquième année, a rappelé Veleno. Je commence à connaître les tendances des gars. L’analyse des séquences aide.»
Le progrès de Veleno à ce chapitre peut aussi être attribué à la culture qui prend forme au sein de l’organisation. Plusieurs joueurs ont pris la décision de rester à Montréal l’été dernier et tout le monde a été mis à contribution.
«Jake [Evans] était ici, a raconté l’ancien des Blackhawks et des Red Wings. J’ai travaillé beaucoup avec lui. Même Newhook était ici un peu, tout comme les fils de Kent [et Gorton].»