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Vaccination obligatoire: un simple piège, croit Deltell

Guy Martel/Agence QMI

Antoine Robitaille | Agence QMI

2021-08-17T10:00:00Z

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La vaccination obligatoire des fonctionnaires fédéraux contre la COVID, souhaitée par le gouvernement Trudeau, pourrait-elle être au chef conservateur Erin O’Toole ce que l’avortement a été pour son prédécesseur Andrew Scheer?

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Un sujet qui force le chef à constamment montrer patte blanche. Qui finit malgré tout par rendre méfiants bien des électeurs?

La question me trottait en tête alors que je me rendais hier matin vers 6h30 rencontrer Gérard Deltell au Normandin de Neufchâtel, à Québec. Sorte de tradition d'interviewer l’ancien collègue journaliste, mais aussi ex-chef adéquiste, dans son fief.

Guy Martel/Agence QMI
Guy Martel/Agence QMI

Hésitant  

Questionné sur la vaccination obligatoire, dimanche, Erin O’toole avait paru hésitant avant de laisser tomber «on doit éduquer et pas forcer».

Le chef conservateur venait-il de tomber dans le piège à ours tendu par Justin Trudeau?

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Contraint à prendre une position sur un sujet qui divise ses troupes, O’Toole risque, sur cette question, de mécontenter tout le monde dans son camp: les pro-vaccins; les critiques légitimes des mesures sanitaires et enfin, évidemment, la petite – mais sonore – minorité, réfractaire à la vaccination.

Pour Trudeau, ce sera l’occasion de dépeindre les «bleus» et leur chef comme hostiles à la science, légèrement attardés.

À Qub hier matin, la présidente de la campagne libérale, Mélanie Joly, disait par exemple trouver «ironique» que les conservateurs «prétendent vouloir protéger la population» tout en étant «contre le passeport vaccinal et la vaccination des employés fédéraux».

Guy Martel/Agence QMI
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Deltell piqué  

Lorsque j’ai souligné à Deltell qu’O’Toole parut embêté par le sujet dimanche, il s’anima, rappelant d’abord que le gouvernement Legault avait rejeté cette idée, se rabattant sur un passeport vaccinal uniquement pour des activités non essentielles. Une vaccination obligatoire des employés de l'État risquerait de susciter «mille contestations», opina-t-il.

Pour Deltell, la position de Trudeau n'est que «foutaise»: «Il y a un mois à peine, il disait ne pas vouloir faire ça pour éviter de diviser les Canadiens. Et là, curieusement, en pleine campagne, il en fait un enjeu partisan!»

Lorsqu'il est question de santé publique, il faut «mettre de côté la partisanerie», peste-t-il. (Les conservateurs n'ont jamais fait ça?)

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Deltell insiste sur l'appui de son camp à la vaccination. On sent qu'il ne veut surtout pas revivre un débat comme celui sur l'avortement. «On se faisait constamment interpeller là-dessus!» Le chef Scheer avait beau jurer que ses convictions personnelles pro-choix ne l'amèneraient jamais à nier ce droit dans ses choix politiques, rien n'y fit.

Guy Martel/Agence QMI
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Écran de fumée  

Chroniqueur constitutionnel à mon émission de Qub, le professeur Patrick Taillon, de l'Université Laval, expliquait hier que la vaccination obligatoire des employés de l'État pourrait n'être qu'une stratégie politique des libéraux.

Il souligne que l'ancien stratège de Jean Chrétien, Peter Donolo, a écrit dans le «Globe and Mail», en substance, que la contrainte vaccinale permettrait au PLC d’unir son camp et, surtout, de diviser les conservateurs.

Or, cette formule va beaucoup plus loin que le passeport vaccinal québécois. Surprenant pour les trudeauistes qui se proclament «champions des libertés individuelles», note le juriste.

Ce dernier parie que si jamais la mesure était appliquée, ce serait «un principe aux mille exceptions».

Écoutez l'entrevue d'Antoine Robitaille avec Gérard Deltel sur QUB radio: 

Voire plus encore, comme cette loi ontarienne qui contraint techniquement les parents à prouver que leurs enfants sont vaccinés contre neuf maladies infectieuses, mais qui permet dans les faits bien des dérogations, notamment pour «des raisons de conscience ou de croyance religieuse».

Un fonctionnaire congédié parce que non vacciné? «Pratiquement impossible», tranche le prof. Les libéraux devront préciser. Sinon, on aura raison de n'y voir qu'un piège à «bleus».

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