Tous les résultats
Publicité

Un retour ardu pour les nageurs

Les Françaises Axelle Cara, Mélissande Hanicque, Alice Ponsardin et Morgane Dornic (à l’avant) sont les quatre nageuses du Rouge et Or qui ont réussi leur standard pour le championnat canadien universitaire.
Les Françaises Axelle Cara, Mélissande Hanicque, Alice Ponsardin et Morgane Dornic (à l’avant) sont les quatre nageuses du Rouge et Or qui ont réussi leur standard pour le championnat canadien universitaire. Photo Courtoisie, Mathieu Tanguay
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2022-03-23T01:10:55Z

Partager

Pour la première fois depuis 2016 et la 6e fois de son histoire, le PEPS de l’Université Laval sera le théâtre du championnat canadien de natation, qui prendra l’affiche du 24 au 26 mars.

En raison de la pandémie et de l’arrêt du sport au Québec pendant près de deux mois, de la mi-décembre au début de février, les nageurs du Rouge et Or de l’Université Laval ont craint que l’événement ne coule à pic. « L’événement était en péril et nous sommes vraiment heureux même si ça ne se déroulera pas dans des conditions normales et idéales, a raconté l’entraîneur-chef Patrick Paradis. C’est fantastique de savoir que les amateurs et les anciens pourront être présents dans les gradins. Ça peut faire quelque chose de spécial. ».

L’arrêt a fait mal aux protégés de Paradis. « Tout allait bien cet automne, mais la pause a changé beaucoup de choses, a indiqué le pilote du Rouge et Or. Le moral a vraiment baissé. Les nageurs sont en forme et ils vont aller vite, mais ça ne sera vraiment pas la même chose. »

Samuel Bélanger et Morgane Dornic abondent dans le même sens. « En natation, les arrêts ne pardonnent pas beaucoup, a résumé l’étudiante française à la maîtrise en études internationales. Ce n’est pas la même chose de nager dans un bain libre sans tes coéquipiers et tes entraîneurs. Il y a eu un relâchement sans compter les cas de COVID-19. C’était frustrant surtout qu’on voyait les nageurs de l’Ouest qui pouvaient s’entraîner normalement. »

Publicité

Pas d’attentes

« On n’a pas de grandes attentes, de renchérir Samuel Bélanger, spécialiste du 200 m libre. C’est difficile de revenir après un arrêt de plus d’un mois. On arrête habituellement un mois l’été et non pas en pleine saison. On était pris ici et on ne pouvait rien faire. Je n’ai pas d’objectif personnel. Je veux simplement revenir et avoir du plaisir. »

Dornic s’est questionnée sur son choix de revenir au Québec après le deuxième arrêt. « Lors du premier confinement en mars 2020, je suis retournée en France, a raconté la Française, qui s’est teint les cheveux en rouge pour les nationaux. À mon retour en novembre 2021, tout était quasi normal jusqu’à une nouvelle fermeture. Je me suis alors questionnée sur ma décision de revenir. »

Douze nageurs sélectionnés

Le Rouge et Or misera sur une petite équipe de huit hommes et quatre femmes. À son premier championnat canadien comme entraîneur, Paradis est conscient que le Rouge et Or ne pourra pas rivaliser avec les puissances de UBC, de Calgary et de Toronto pour les bannières par équipe, mais il croit néanmoins obtenir de bons résultats sur le plan individuel. « On peut aspirer à quelques médailles, des finales A et nous sommes bons dans les relais. »

Paradis prévoit un championnat très relevé. 

« En termes de profondeur, le championnat canadien sera plus relevé que les essais canadiens. En plus des Canadiens, plusieurs équipes misent sur des étrangers de grande qualité. »

Médaillée d’argent aux Jeux de Tokyo, au relais 4x100m libre, Rebecca Smith, des Dinos de Calgary, sera à surveiller. L’Olympien Gabriel Mastromatteo, des Blues de l’Université de Toronto, sera lui aussi en action.

Publicité

Un nouveau départ 

Jadis une puissance sur la scène québécoise et parmi les meilleurs clubs au niveau canadien, le Rouge et Or a coulé à pic dans la dernière décennie, mais l’entrée en scène de Patrick Paradis a redonné un nouveau souffle au programme.

Bien installé en Colombie-Britannique au sein du programme civil Chena Swim Club, Paradis a pris les rênes du Rouge et Or le 1er septembre 2020. La COVID-19 a mêlé les cartes, mais le Rouge et Or est monté sur le podium du classement combiné au championnat provincial pour la première fois depuis 2018 à Ottawa il y a trois semaines.

Quelque chose de spécial

« C’est le début de quelque chose de spécial, a affirmé le Franco-Ontarien de Cornwall. On ne perd que deux filles l’an prochain et tous les gars seront de retour en plus de nouveaux venus de bon niveau. On veut remporter une bannière RSEQ l’an prochain et se retrouver dans la même conservation au sujet des meilleurs programmes au pays. Le but à moyen terme est de gagner une première bannière nationale. »

Paradis a pris la relève de Martin Grégoire dont le retour n’a duré qu’un an après avoir succédé à Nicholas Perron. La dernière bannière provinciale remonte à 2016 alors que les hommes s’étaient imposés. Pour les femmes, le dernier titre date de 2009 et en 2012 pour le combiné.

Changement de cap

Parmi les vétérans de l’équipe, Samuel Bélanger note des différences importantes. « Ce n’est pas la même atmosphère et la même vision, a-t-il expliqué. On est tous unis vers le même objectif. Il y a beaucoup d’écoute, de partage et il y a un souci que chaque nageur trouve sa place dans l’équipe. On est conscient que nous avons un travail à faire, mais l’atmosphère est meilleure. »

Paradis confirme que des changements étaient nécessaires. « Il manquait une vision du futur, a-t-il expliqué. Quand nous avons instauré cette vision, tout est devenu tellement facile. Les athlètes ont embarqué dès le premier jour. Les athlètes souhaitaient que l’entraîneur reste en place. C’est pourquoi j’ai signé un contrat de quatre ans. » 

Paradis peut compter sur un recrutement international pour atteindre ses objectifs. « Il y a six pays représentés au sein de l’équipe, a-t-il indiqué, et on recrute un Colombien. Ça parle quatre ou cinq langues et ça crée une belle énergie. Je n’avais pas parlé français depuis l’âge de 14 ans. Mon épouse parlait seulement anglais quand j’ai accepté le poste. J’étais bien avec mon club et si j’ai accepté de déménager à Québec, c’est parce que je voyais quelque chose de spécial. »

Publicité
Publicité