Même si des écrits antisémites peuvent être « répugnants », cela ne veut pas dire qu’ils incitent à la violence contre les Juifs, a plaidé la défense au procès d’un Montréalais accusé d’avoir fomenté la haine.
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« Il a le droit de ne pas aimer les Juifs, les Noirs, et même toute l’humanité [...] ça importe peu », a lancé Me Hélène Poussard à la défense de Gabriel Sohier Chaput, aujourd'hui au palais de justice de Montréal.
Sohier Chaput, 36 ans, jouait sa dernière carte dans l’espoir d’être acquitté d’avoir fomenté la haine, en lien avec un texte publié en 2017 sur le Daily Stormer, une prolifique publication néonazie américaine.
De l’humour...
Le texte, utilisant des stéréotypes racistes et péjoratifs envers les Juifs, appelait à « du nazisme non-stop, partout, jusqu’à ce que toutes les rues soient inondées des larmes de nos ennemis ». Il s’était défendu en affirmant faire du « nazisme ironique » versant dans ce qu’il considère de l’humour.
« Pour qu’il soit déclaré coupable, ça ne suffit pas que des gens soient choqués, il faut que ça amène à détester le groupe ciblé, que ça aille plus loin qu’humilier ou offenser », a affirmé Me Poussard en rappelant l’importance de la liberté d’expression.
Quant aux photos de Hitler et d’un mème montrant un officier SS ouvrir une valve à gaz, en référence à l’Holocauste, l’avocate a rappelé que, selon son client, il s’agissait d’images qui circulent largement en ligne.
« Une photo de Hitler, ça n’amène pas à la détestation des Juifs », a-t-elle plaidé en demandant l’acquittement.
Le procureur de la Couronne, Me Patrick Lafrenière, plaidera assurément le contraire, mais faute de temps, il ne pourra le faire qu’en juillet, seule date disponible dans le calendrier judiciaire.
