Un Québécois s'impose dans la Ligue Frontière de baseball
Porte-couleurs des Aigles, Louis-Philippe Pelletier vaut le détour à Trois-Rivières, lui qui flirte avec une moyenne au bâton de ,400.


Benoît Rioux
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Évoluant pour les Aigles de Trois-Rivières, le Québécois Louis-Philippe Pelletier domine la Ligue Frontière de baseball, cette saison, ayant présenté une brillante moyenne au bâton de ,390 après ses 34 premiers matchs. À lui seul, il vaut le détour en Mauricie pour quiconque voudrait observer un joueur qui, offensivement, ne semble pas très loin du calibre d’un frappeur du baseball majeur.
«Si j’obtenais une offre d’une organisation pour aller dans le AA ou le AAA, je prendrais l’opportunité les yeux fermés, mais présentement, je me concentre sur ma saison avec les Aigles», a tranché Pelletier, lors d’une entrevue avec Le Journal.

Âgé de 28 ans, Pelletier pense qu’il aurait en effet le talent pour se débrouiller à un niveau supérieur, mais il ne perd plus le sommeil en rêvant d’attirer les regards des recruteurs. Ayant bien joué à un camp des Diamondbacks de l’Arizona, il y a deux ans, le Québécois a aussi suscité l’intérêt des Phillies de Philadelphie, mais le projet a achoppé.
«En raison de ma grandeur, le fait que je sois voltigeur ne m’aide pas», a estimé franchement Pelletier, un athlète de 5 pi 10 po.
Heureux pour son ami Abraham
Plus tôt ce mois-ci, soit du 9 au 16 juin, Pelletier a connu une brillante séquence de sept matchs avec deux coups sûrs ou plus. Sa moyenne au bâton, en date du dimanche 30 juin, est maintenant de .360.
Le Québécois explique notamment son succès par le travail effectué, physiquement et mentalement, durant la saison morte.
Pelletier s’est entraîné avec ses partenaires habituels, dont son bon ami Abraham Toro, qui connaît pour sa part une excellente saison avec les Athletics d’Oakland.
«Ce que j’admire le plus d’Abraham, c’est qu’il a toujours été convaincu, dans sa tête, qu’il est un joueur du baseball majeur, a commenté Pelletier. Il a mis les bouchées doubles, cet hiver, et je suis content de son retour au sommet. C’est beau à voir! Tout le mérite lui revient!»
Une nouvelle chance
Il serait faux de penser que Pelletier ne se demande pas parfois pourquoi il n’obtient pas lui-même une opportunité pour le «show». Cela étant dit, il se montre surtout heureux pour son bon vieux coéquipier. Pas de place pour la jalousie!
«Sans rien leur enlever, il y a quand même d’autres joueurs qui ont eu des opportunités dans les dernières années, vis-à-vis desquels je crois être aussi bon, sinon meilleur», laisse toutefois tomber le numéro 30 des Aigles.
Pelletier avait lui-même été repêché par les Astros de Houston, en 2016, mais après une saison dans la ligue des recrues, le Québécois avait choisi de rentrer à la maison pour des raisons familiales. Il n’a jamais regretté cette décision, qui était en lien avec ses valeurs. Par contre, l’athlète pense qu’il mériterait maintenant une autre chance.
Si le chemin vers le baseball majeur ne s’ouvre pas, Pelletier avoue étudier différentes options. Il a d’ailleurs été repêché, l’an dernier, par les Wolves de Dubai dans une nouvelle ligue de baseball professionnel qui pourrait finalement voir le jour, aux Émirats arabes unis, en 2025.
Une commotion plus tard
Louis-Philippe Pelletier est revenu fort en 2024, après une récente saison marquée par une appendicite et surtout... une commotion cérébrale.
C’était le 13 août 2023, au Stade Canac, à Québec. Pelletier a alors été atteint par une balle rapide à la tête par le releveur des Capitales, Frank Moscatiello. Le joueur des Aigles de Trois-Rivières, qui s’était placé en position pour déposer un amorti en début de 10e manche, allait ensuite rater le reste de la saison. La situation l’a fait réfléchir.
«Mon but est de rester en santé et d’avoir du plaisir sur le terrain, dit Pelletier. J’ai eu une mauvaise passe cet hiver, j’ai trouvé ça difficile de penser à l’après-carrière. À 28 ans, je suis encore jeune, mais je m’en fais encore parfois. Je me demande ce que je vais faire après le baseball.»
Vivre dans le présent
Le Québécois reconnaît avoir consulté des psychologues, mais aussi quelques anciens athlètes ayant déjà passé par de tels questionnements.
«Je tente de changer un peu ma mentalité et d’être davantage dans le présent, mentionne Pelletier. Je fais moins d’anxiété en pensant à ce qui m’attend dans le futur. Pour moi, le baseball, ça doit être plus un jeu qu’un travail.»

Le Québécois insiste sur l’importance de prendre soin de sa santé physique et mentale.
«Pour être honnête, je n’ai pas changé grand-chose [dans mon entraînement hivernal], mais je me suis concentré un peu plus sur des exercices au niveau de la flexibilité, a révélé Pelletier, qui a notamment pratiqué le yoga. Je me sens en forme, plus que l’an dernier, quand je traînais quelques petits bobos.»
Voué aux Aigles
Pour ceux qui aimeraient voir Pelletier à l’œuvre dans l’uniforme des Aigles, le club de Trois-Rivières sera de retour à domicile, le week-end prochain, alors que les Capitales de Québec seront justement les visiteurs, de vendredi à dimanche.
«J’ai un grand sentiment d’appartenance face aux Aigles, a conclu le Québécois. Ils ont confiance en moi et j’aimerais assurément gagner un championnat à Trois-Rivières avant de prendre ma retraite.»