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Un Québécois tourne le dos à son rêve de la NCAA pour se joindre au Rouge et Or... et aider son prochain

Photo BENJAMIN RICHARD
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2024-12-09T20:30:00Z

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Quart-arrière étoile dans les rangs scolaires, secondeur hybride dans une école préparatoire américaine et dans la NCAA ainsi que futur médecin, Noah Gravel rentre au Québec où il veut laisser sa marque sur le terrain de football, mais aussi à l’extérieur.

Après deux saisons avec les Buccaneers d’East Tennessee State University (ETSU), Gravel se joindra au Rouge et Or de l’Université Laval à compter de janvier. «J’ai réalisé un de mes rêves en évoluant en Division I de la NCAA, mais je me suis regardé dans le miroir cet automne, a-t-il raconté. Avec encore trois années d’admissibilité, j’aurais pu faire une petite différence en demeurant aux États-Unis et en continuant mon implication comme ambassadeur auprès de la fondation Uplifting Athletes, qui vient en aide aux enfants aux prises avec une maladie rare, mais je pourrai avoir un plus grand impact à Québec avec le pouvoir d’attraction du Rouge et Or.»

Photo BENJAMIN RICHARDS
Photo BENJAMIN RICHARDS

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Évoluer sous les yeux de sa famille, étudier en médecine et se battre pour remporter un championnat sont trois facteurs qui l’ont incité à rentrer à la maison. «Je veux que ma famille me voie jouer. La médecine est une vocation pour moi. J’ai toujours voulu aider les gens. D’une part, je ne sais pas si mon diplôme en kinésiologie d’ETSU aurait été reconnu au Québec et, d’autre part, je pourrai avoir un plus grand impact comme médecin, où je pourrai changer la vie de plus de gens. Le football est important, mais ce n’est pas le plus important.»

Il y a quelques semaines, il a passé avec succès le test CASPer réservé aux étudiants des programmes contingentés du domaine de la santé. Ses résultats dans le plus fort percentile lui donnent de très bonnes chances d’être reçu en entrevue en avril. Les réponses d’admission tombent par la suite en mai.

Une décision pas facile

En demeurant aux États-Unis, Gravel aurait tout misé sur le football, mais ce n’est pas ce qu’il souhaitait faire. «Je misais tout sur le football et je revenais déçu au Québec si ça ne fonctionnait pas ou j’optais pour ce qui était le mieux pour moi, a-t-il expliqué. Ce ne fut pas une décision facile parce que j’ai une copine depuis trois ans. J’aurais été partant l’an prochain, j’étais impliqué avec Uplifting Athletes et les banques alimentaires et j’aurais vécu une belle expérience.»

L’ancien pivot des Dynamiques du Collège Charles-Lemoyne veut se battre pour un championnat. «Aux États-Unis, les joueurs qui ne sont pas dans les programmes les plus prestigieux ne veulent pas gagner un championnat, mais le meilleur film possible afin d’être capables de transférer dans un plus gros programme, avec les avantages financiers que cela comporte. Ça ne m’intéressait pas. À Charles-Lemoyne, Michel-Pierre Pontbriand [maintenant entraîneur-chef des Élans de Garneau] m’a inculqué de belles valeurs, notamment que chaque joueur doit faire son 1/12 avec l’objectif de gagner.»

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Tout jeune, il rêvait aux Alouettes

Son rêve d’enfant n’était pas d’atteindre la NFL, mais de jouer pour les Alouettes de Montréal. «Je n’ai jamais rêvé à la NFL, a mentionné le secondeur hybride de 6 pi et 205 lb, qui effectue du bénévolat à l’Accueil Bonneau à Montréal avec sa mère un samedi sur deux. Mon rêve d’enfant le plus pur était de jouer pour les Alouettes, que mon chandail soit retiré et qu’on érige une statue de moi devant le stade. Plus jeune, j’assistais aux parties des Alouettes avec mon père.»

Photo fournie par la famille Gravel
Photo fournie par la famille Gravel

Si ses études sont très importantes, Gravel a aussi de grands objectifs sur le terrain. «Je suis un étudiant-athlète et non un athlète-étudiant, mais j’ai aussi de grandes ambitions sur le terrain. Je veux qu’on se souvienne de moi 10 ans après mon départ. Je veux faire les équipes d’étoiles canadiennes et être capitaine du Rouge et Or. Le but ultime demeure toutefois de gagner un championnat.»

«On ne m’a rien garanti, et ça va être un gros défi, d’ajouter Gravel. Laval mise sur une jeune défensive et plusieurs joueurs de deuxième année. Je veux escalader la montagne. J’ai beaucoup appris sur moi dans la NCAA. Pour la première fois, j’ai débuté au bas de l’échelle et j’ai dû mériter ma place. J’ai apprécié ce défi.»

Colocataire pendant trois ans

Avec le Rouge et Or, Gravel retrouvera des visages connus, notamment le receveur Louis Vincent, avec qui il a joué deux ans à Baylor et une saison à ETSU. Vincent est rentré au Québec l’an dernier après une saison avec les Buccaneers. Opéré à une hanche en 2023 et âgé de seulement 20 ans, Gravel est admissible pour quatre saisons dans les rangs universitaires canadiens.

«C’est en grande partie grâce à Louis si je me retrouve à Laval. On se parlait tous les jours cet automne, et je lui ai [dit] à un moment donné que je pensais revenir au Québec. Il a passé le message à Mathieu Bertrand [le responsable du recrutement]. J’étais tout excité quand j’ai reçu un appel de M. Constantin.»

Gravel voulait jouer à Laval ou avec les Carabins de l’Université de Montréal à son retour au Québec. «J’ai eu de belles discussions avec les deux équipes, mais l’aspect académique à Laval a fait la différence.»

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