Un Québécois savoure le championnat national avec l’Université du Michigan
Alessandro Lorenzetti a vécu le rêve ultime dans la NCAA


Stéphane Cadorette
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Le joueur de ligne défensive montréalais Alessandro Lorenzetti est devenu l’un des rares Québécois à avoir vécu l’ivresse d’un championnat national sur la scène du football universitaire américain, lorsque les Wolverines du Michigan ont été couronnés, lundi soir, à Houston.
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Lorenzetti devient le premier joueur du Québec à vivre pareil moment depuis l’instauration en 2014 du format actuel des matchs éliminatoires.
Sinon, de mémoire d’homme, il n’y a eu qu’un autre Québécois avant lui à savourer un championnat national universitaire dans la NCAA, soit Miguel Robédé, avec les Hurricanes de l’Université de Miami, en 2001.
Les Wolverines l’ont emporté 34-13 contre les Huskies de l’Université de Washington, procurant ainsi un premier titre national à Michigan depuis 1997.
Une semaine plus tôt, Michigan l’avait emporté de justesse au Rose Bowl par 27-20 pour poursuivre sa route en finale.
«Il n’y avait pas tant de nervosité parce que pour plusieurs gars, c’est comme si le Rose Bowl (la demi-finale contre Alabama) était un match encore plus gros. Ça fait tellement de bien de faire partie de cette équipe qui a enfin gravi la montagne. Ça faisait tellement d’années que le programme n’avait pas remporté de championnat. Ça vient d’arriver et c’est surréaliste», a confié au Journal le gaillard de 6 pi 5 po et près de 300 lb.
Contre le reste du monde
Le programme de l’Université du Michigan a été accusé d’avoir concocté dans les dernières années un système élaboré de vol de signaux adverses. La bombe a éclaté en cours de saison et l’entraîneur-chef Jim Harbaugh a été suspendu pour les trois derniers matchs de la saison régulière.
Selon Lorenzetti, qui a vécu les événements de l’intérieur, les accusations n’ont fait que souder les troupes.
«Nous étions numéro un au pays, mais on a joué comme si nous avions toujours quelque chose à prouver. C’est un peu comme si nous étions négligés. Nous étions affamés.
Nous sommes passés à travers tellement d’adversité. On n’a jamais laissé toute cette merde nous affecter. Ça entrait par une porte et ça sortait tout de suite par l’autre», a dit l'ancien de Selwyn House School, dans Westmount.
Unis pour la vie
Debout jusqu’au petit matin dans la nuit de lundi à mardi, Lorenzetti a festoyé comme il se doit. Après tout, seulement sept Canadiens depuis 1998 ont eu l’honneur de remporter le championnat national.
«Je me suis couché à 5 h du matin et je n’arrêtais pas de penser à tout ça. C’est beaucoup d’émotions. Ça va vraiment nous unir toute la vie. On a gagné ensemble en formant un tout. L’une des raisons qui nous a menés jusque-là est qu’on a fait qu’un. Dans plusieurs années, on sera encore une équipe très unie», a-t-il lancé.
De retour l’an prochain

En ce moment, l’incertitude plane quant à l’allure qu’aura l’équipe l’an prochain. Plusieurs joueurs étoiles vont quitter pour la NFL et des rumeurs envoient aussi Jim Harbaugh dans le circuit Goodell.
Pour sa part, Alessandro Lorenzetti sera de retour et son objectif, à sa troisième saison, est de se faire une place sur le terrain.
«Je suis un gars de Michigan et je veux le rester. On ne sait pas qui va rester ou partir, mais pour moi, c’est ma famille qui est ici.
«Le but pour moi est d’obtenir du temps de jeu. J’ai beaucoup de répétitions à l’entraînement et l’objectif est de transposer en situation de match. Je sais quel genre de joueur que je suis. Je suis un champion moi aussi.»