Un quatrième trio qui a des ailes


Dave Lévesque
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Parmi les choses qui vont bien chez le Canadien, il y a le quatrième trio composé de Lucas Condotta, Emil Heineman et Joel Armia.
Au cours des trois derniers matchs, c’est l’unité qui a présenté le plus faible indice Corsi (tirs accordés) parmi les quatre trios de l’équipe, selon le site spécialisé Natural Stat Trick.
Il y a quelque chimie intéressante qui s’est installée entre ces trois joueurs qui semblent dépareillés, mais qui se complètent finalement très bien.
«Armia est un gros bonhomme qui a un bon lancer, Heineman patine vite et Condotta est responsable et il joue physique», a indiqué Martin St-Louis, vendredi midi, en précisant qu’il ne pensait pas encore aux décisions qu’il devrait prendre quand Rafaël Harvey-Pinard et Patrik Laine seront de retour.
Temps limité
Pour Heineman, c’est un ajustement puisqu’il évoluait d’un trio plus offensif à Laval où il obtenait plus de temps de glace l’an passé. Cette année, il a joué en moyenne 10:21 en 18 rencontres.
«Pour tout joueur dans sa situation, c’est un ajustement de ne pas jouer 15 minutes, reconnaît St-Louis. Si tu en joues sept, joues-en sept bonnes, tu vas peut-être en jouer huit le prochain match. Il faut que tu forces ton entraîneur à t’en donner plus.»
Heineman souligne cependant qu’à son arrivée dans la ligue élite de Suède, il était surtout confiné à des missions défensives.
«L’année où j’ai signé, j’ai surtout joué au sein de la quatrième unité et nous avons fait du bon travail, un peu comme ce que nous faisons maintenant. Nous créons beaucoup d’occasions, nous gagnons des rondelles et je me sens à l’aise dans ce rôle. Je trouve aussi que l’échec avant est une situation avantageuse pour créer des occasions en plus de défendre en récupérant rapidement des rondelles.»
Défensif, mais pas que
Quand on mentionne à Heineman qu’il évolue au sein d’un trio surtout défensif, il hésite, il estime que c’est plus que ça.
«Oui, nous avons un rôle plus défensif, mais c’est surtout dans la façon de jouer, mentionne-t-il, en faisait allusion à la prudence qu’ils doivent afficher dans leur jeu. J’ai l’impression qu’on joue de la même façon, peu importe les situations.
«De toute façon, jouer avec énergie et aller gagner des rondelles, ça fait partie de mon style et j’aime créer de l’attaque à partir de jeux brisés et déranger les sorties de zone adverses.»
C’est en fin de compte un peu la même méthode qu’il appliquait à Laval la saison dernière, où il a récolté 15 buts et 14 passes en 48 parties.
Jouer gros
Heineman, qui fait 6’ 2’’ et 198 lb, a un physique moyen pour la LNH, mais ça ne l’empêche pas d’avoir un style de jeu très physique. Vous pouvez laisser derrière vous les préjugés que les Nord-Américains ont souvent par rapport aux joueurs européens.
«C’est un très bon joueur qui est très physique en plus d’avoir un bon tir», souligne Lucas Condotta.
«Pour être physique, il faut que tu amènes du rythme et ça, ça amène de la force et ça t’approche des situations physiques plus rapidement», analyse pour sa part Martin St-Louis.
Heineman a pu s’habituer au jeu robuste dans la Ligue américaine l’an passé, mais c’est une facette du jeu qu’il affectionnait déjà.
«Ç’a toujours fait partie de mon jeu. Je ne veux pas frapper juste pour frapper, mais je veux le faire pour gagner des rondelles, avoir un objectif. J’aime jouer avec intensité et être combatif pour obtenir la rondelle.»