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Un projet de prison pour migrants soulève la colère dans une ville qui a pourtant voté pour Donald Trump

AFP

2026-02-18T13:40:18Z

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Roxbury, commune à majorité républicaine du New Jersey, est connue pour ses lacs et sa tranquillité. Mais un projet de transformation d’un entrepôt commercial en centre de détention pour migrants a poussé nombre d’habitants à descendre dans la rue.

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Les milliers d’arrestations liées à la campagne d’expulsions massives de Donald Trump ayant augmenté le besoin de lieux de rétention, les autorités lorgnent les plateformes logistiques vacantes à travers le pays.

Le site que le gouvernement souhaite acquérir à Roxbury est un bâtiment blanc s’étendant sur près de 46 000 mètres carrés, comprenant plusieurs quais de chargement pour camions.

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« C’est un entrepôt. Il est conçu pour stocker des colis et des marchandises, pas des êtres humains », s’emporte auprès de l’AFP William Angus, 55 ans, qui mène la fronde dans la ville.

L’agence gouvernementale chargée de la police de l’immigration (ICE), fer de lance du durcissement en la matière, a acheté ou loué au moins huit installations de ce type, du Texas à la Pennsylvanie.

Il lui est aussi arrivé de renoncer face à l’opposition du public.

Dans l’espoir de la dissuader de s’installer dans leur ville, environ 500 habitants de Roxbury - qui en compte 23 000 - se sont rassemblés lundi en brandissant des pancartes « Pas une ville-prison » et « ICE hors de notre quartier ».

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Certains évoquent la mort de deux Américains tués par des agents fédéraux à Minneapolis en janvier, drames qui ont suscité une vague d’indignation dans le pays et accru l’hostilité à la politique migratoire du président.

« Je ne veux pas de camps de concentration inhumains dans mon pays, encore moins ici, dans le New Jersey », lance Heidi, une infirmière de 50 ans qui ne souhaite pas donner son nom de famille.

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Le conseil municipal, entièrement composé d’élus républicains, a lui adopté une résolution - à la portée essentiellement symbolique - s’opposant à la transformation de l’entrepôt.

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Passant devant la manifestation, de nombreux automobilistes klaxonnent en signe de soutien. D’autres au contraire manifestent leur opposition : « Rentrez chez vous ! »

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Dans un supermarché Walmart près de là, certains habitants disent être favorables au projet.

« Je pense qu’il y a là une opportunité de remettre de l’ordre dans cette région du New Jersey. Il y a probablement beaucoup de gens ici illégalement », tranche Gordon Taylor, 71 ans, ancien directeur d’usine.

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« Traiter les gens comme des colis »

Le nombre de centres de détention pour migrants aux États-Unis a presque doublé depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, passant de 114 en janvier 2025 à 218 fin novembre, selon l’ONG American Immigration Council.

Nayna Gupta, directrice des politiques publiques de l’organisation qui n’a de cesse de dénoncer les mauvaises conditions dans les centres existants, assure que des entrepôts commerciaux ne peuvent pas accueillir des détenus en toute sécurité.

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« Le gouvernement Trump traite les gens comme des colis », dénonce-t-elle auprès de l’AFP.

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Selon elle, l’opposition à ces installations montre que, « même si (les autorités) disposent de milliards de dollars pour ouvrir ces entrepôts, elles n’ont pas le large soutien public qu’elles prétendent avoir pour ce programme ».

Des élus démocrates comme républicains se sont opposés à l’implantation de centres de détention dans leurs circonscriptions - même si les républicains mettent moins l’accent sur les questions de droits et davantage sur les conséquences économiques.

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Les opposants disposent toutefois de moyens limités pour empêcher la police de l’immigration d’acquérir des entrepôts privés, si ce n’est en faisant pression sur ICE et les propriétaires.

À Roxbury, certains s’inquiètent aussi de l’augmentation du nombre d’agents qui interpellent des centaines de personnes chaque jour.

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Pablo Arceo, employé dans un restaurant mexicain à quelques minutes en voiture de l’entrepôt vide, redoute qu’ICE intimide ses collègues migrants.

« Aujourd’hui, même si vous avez vos papiers - ce qui est leur cas -, tout peut arriver », affirme l’homme de 20 ans.

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