Tous les résultats
Publicité

Un produit d’ici pour les classes sans ventilation

Martin Lavoie | Journal de Québec

2021-02-14T13:14:16Z

Partager

Deux entrepreneurs québécois sont convaincus d’avoir développé un purificateur d’air portatif parfaitement adapté aux salles de classe et affirment même avoir soulevé l’intérêt du gouvernement.

• À lire aussi: [EN DIRECT] Les derniers développements sur la COVID-19

Anthony Fasciano et Enrico Di Pietro, ingénieurs en mécanique du bâtiment, sont à la tête du Groupe Eode, qui distribue des produits de ventilation et d’assainissement de l’air, dont ceux de la firme américaine GPS utilisant le principe de l’ionisation.

«L’ionisation permet un échange d’électrons avec le virus qui éventuellement sera désactivé», explique M. Di Pietro.

Contrairement à des méthodes d’assainissement comme la filtration ou les ultraviolets, qui doivent aspirer l’air, l’ionisateur souffle et disperse des ions dans l’air. «Un système de ventilation n’est pas bon pour aspirer les contaminants ou les virus. La poussée de l’air est beaucoup plus efficace», ajoute M. Di Pietro.

«Les tests en laboratoires indiquent que 85 % des virus sont désactivés sur les surfaces après 15 minutes et 99,4 % après 30 minutes», renchérit M. Fasciano.

Solution maison

Eode propose des appareils d’ionisation pour les systèmes de ventilation existants. Mais pour les endroits où il n’y a pas de ventilation, ou pour traiter une pièce spécifique, comme une salle de classe, Eode a conçu une unité portative, le Eodeair Ionic.

Publicité

L’appareil ajoute à l’unité d’ionisation un filtre, un ventilateur et un tube de dispersion. «On utilise l’ionisateur de GPS, le reste, on l’assemble à notre usine de Terrebonne», indique M. Di Pietro.

«L’air est lancé dans la pièce au complet. Un appareil peut traiter une classe de 20 pieds par 30. Il peut être déplacé dans la cafétéria ou le gymnase», ajoute son collègue.

Les concepteurs précisent que le Eodeair Ionic est conçu pour que les personnes les plus proches de l’appareil ne sentent pas de courant d’air. Ils affirment que l’appareil est silencieux, assez robuste pour survivre aux abus d’élèves du secondaire et facilement déplaçable grâce à un poids inférieur à 20 kg.

«On s’est fait approcher par des CHSLD. On en a dans une dizaine d’écoles. L’école Saint-Joseph à Montréal en utilise 14, mais on est plus présent dans les bureaux d’entreprises. On en fait, c’est l’enfer. On a fait un prix agressif, 1500 $», lance M. Fasciano.

Les inventeurs estiment même que leur appareil pourrait contribuer à la réouverture des restaurants, cinémas et centres de conditionnement physique. «L’enjeu présentement est que l’air n’est nullement traité, or avec l’ionisation nous ajoutons une mesure de prévention supplémentaire», estime M. Fasciano.

«De plus, nous avons des ionisateurs assez petits qui pourraient être installés dans la ventilation des autobus ainsi que dans le métro ou les trains», avance-t-il.

Intérêt

Les ingénieurs ont demandé à leurs clients de les tenir au courant si des éclosions se produisent dans les milieux traités. «C’est encore trop tôt pour tirer des conclusions, mais en mars on pourrait être en mesure d’aller chercher des chiffres», espère M. Di Pietro.

Eode a récemment engagé un lobbyiste pour promouvoir son produit auprès du gouvernement. Récemment, ils ont eu une rencontre virtuelle avec des membres du cabinet du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.

«Ils sont très intéressés par notre produit. On pousse fort parce qu’on a confiance que l’appareil peut avoir un gros impact», avance Anthony Fasciano.

Publicité
Publicité