Un premier titre pour Joey Savoie sur le PGA TOUR Americas


Stéphane Cadorette
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Aux prises avec d’intenses douleurs chroniques au dos il y a un an, Joey Savoie se trouvait en Équateur, où il réfléchissait à l’idée de tout larguer. Non seulement a-t-il choisi de s’accrocher, mais dimanche, le golfeur québécois a décroché dans ce même pays sa toute première victoire sur le PGA TOUR Americas.
C’est le jour et la nuit par rapport à l’an dernier pour le compétiteur de Saint-Jean-sur-Richelieu.
À Quito, au Kia Open, il est devenu le cinquième joueur canadien seulement à remporter un tournoi sur ce circuit.
Et pas de n’importe quelle façon ! Le golfeur de 30 ans, qui a détenu l’avance pendant la majeure partie du tournoi, a vu l’Américain Jack Lundin lui ravir la pole après des bogueys au 16e et au 17e trou.
Il avait besoin d’un oiselet sur une distance de 10 pieds au 18e trou pour forcer la prolongation. Au troisième trou supplémentaire, il l’a emporté avec un autre oiselet sur la même distance.
Les deux golfeurs avaient ramené des cartes identiques de -21 au terme des 72 trous réguliers du tournoi.
« Quand j’avais besoin de faire ce birdie, la bonne nouvelle, c’est que je n’avais plus rien à protéger. C’était la première fois depuis à peu près 36 trous que je savais que j’étais un coup en arrière. Ça m’a libéré et mon état d’esprit était un peu plus agressif », a affirmé Savoie, en entretien téléphonique.
Un monde de différences
L’an dernier, Savoie avait pris quelques semaines pour décompresser en Équateur. Il tentait désespérément de trouver une solution à ses maux de dos.
« L’année passée a été tough pour moi. Physiquement parlant, c’était très rocambolesque, mais là, j’ai trouvé une solution à mes problèmes. Ça a changé ma vie. Cette victoire prouve que j’ai pris la bonne décision. Ça prouve aussi que j’ai une bonne équipe, qui a fait un bon plan autour de moi », s’est-il réjoui.
Cette fois, Savoie ne s’est pas éternisé en Équateur. Il avait un incitatif pour revenir à la maison.
« J’ai une semaine de pause et le Canadien est en séries. Je n’allais quand même pas rater ça. Je vais fêter cette victoire au match 4, mercredi soir au Centre Bell ! » a-t-il lancé.
Calibre relevé
Il y a de quoi célébrer. Savoie a dû s’armer de patience pour savourer son grand moment. Cette victoire est survenue à son 36e départ sur le circuit et à son 74e départ professionnel.
« C’est une grande fierté parce que les gens ne réalisent pas à quel point c’est difficile de gagner à ce niveau-là.
« Les gens diraient que ce circuit, par rapport à la PGA, c’est comme la LNAH par rapport à la LNH. La réalité, c’est que c’est tellement plus compétitif. L’an passé, un golfeur du nom de Michael Brennan a gagné trois tournois dans notre circuit. Il a reçu une exemption pour le droit du PGA TOUR et il a gagné sur ce droit. Ça en dit long sur le niveau de jeu », a-t-il expliqué.
Comme Martin St-Louis...
La victoire permet à Savoie de grimper au deuxième rang du classement cumulatif du PGA TOUR Americas.
Il souhaite évidemment qu’elle lui serve de tremplin pour la suite des événements.
« Avec un peu de chance, peut-être que je pourrais recevoir une exemption au Canadian Open, par exemple », a-t-il dit, avant de citer l’entraîneur-chef du Canadien, question de rester bien ancré dans la thématique du printemps qui enflamme le Québec.
« Je dois y aller un tournoi à la fois. C’est le plus vieux cliché du monde, mais c’est pour ça que Martin St-Louis est si bon. Je ne sais pas comment il est comme personne, mais comme philosophe de vie, on va l’utiliser parce qu’il est l’homme de l’heure au Québec. »