Un premier projet d’écriture très personnel pour Hélène Bourgeois Leclerc
Alicia Bélanger-Bolduc
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Hélène Bourgeois Leclerc enchaîne les projets de cœur et signe cette fois-ci un retour au théâtre. Elle fera partie de la programmation du TNM dans la pièce Ubu roi en mars 2027.
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Peux-tu commencer par me parler de cette pièce, Ubu roi?
C’est une pièce fondamentale dans l’histoire de la dramaturgie grotesque et absurde. Alfred Jarry a écrit cette œuvre en 1896. On souligne donc le 130e anniversaire de la pièce. Ubu roi a beaucoup fait réagir au fil des années, par son audace, sa vulgarité et sa critique sociale. Alix Dufresne, la metteuse en scène, a décidé d’en proposer une distribution entièrement féminine, même si plusieurs rôles sont masculins. On porte chacune plusieurs personnages ; pour ma part, je jouerai par exemple une reine et un soldat. On respecte le texte d’Alfred Jarry, mais on pense le transformer en langue québécoise. C’est une critique du capitalisme, de la société de consommation et de la soif de pouvoir. Tout ça est encore extrêmement d’actualité.
Comment envisages-tu ce grand trip de filles ?
Je suis entourée de grandes actrices vraiment pas plates ! On parle notamment d’Anne-Élisabeth Bossé, Kathleen Fortin, Debbie Lynch-White, Sophie Cadieux, et j’en passe. On se voit aujourd’hui pour la première fois toutes ensemble, mais j’ai très hâte de voir ce qu’on va être capables de créer.

C’est également un retour au théâtre après plusieurs années pour toi.
C’est une très grande joie. Ça fait huit ans que je ne suis pas montée sur les planches. La dernière fois, c’était ici, au TNM, pour Demain matin, Montréal m’attend. Ça avait été un immense succès, mais avec mes enfants, le théâtre était plus difficile à concilier à mon horaire. Maintenant, j’avais vraiment envie d’y retourner. Le timing était parfait dans ma vie. L’idée de partager la scène et la loge avec une gang de femmes, je sais que ça va me faire énormément de bien. Il y a déjà une sororité qui s’installe très rapidement. C’est vraiment comme un rêve.
C’est également un luxe de pouvoir avoir une année pour se préparer, j’imagine ?
C’est une immense chance, surtout pour une comédie. Aujourd’hui, avoir simplement des répétitions est presque devenu un luxe au théâtre. Rien n’est encore confirmé, mais il est question d’organiser des ateliers de jeu et des rencontres avant les répétitions officielles en janvier, pour arriver sur scène en mars. On est prêtes à donner du temps.
Parlons de tes autres projets. La deuxième saison de Donner l’goût vient de sortir. Que va-t-on découvrir cette fois-ci ?
J’adore ce projet et j’en suis très fière. Je trouve que c’est une série lumineuse et pertinente. Elle donne envie de voyager, autant au Québec qu’ailleurs dans le monde, et de s’ouvrir à d’autres cultures. Cette saison, on va encore plus loin dans l’ouverture, et j’en suis très heureuse. Je suis aussi très fière de la facture visuelle, que je trouve particulièrement belle.
Quelle belle découverte as-tu faite cette saison-ci ?
Ce n’est pas une bonne réponse, mais chaque épisode a été un coup de cœur ! Chaque rencontre et chaque saveur ont été formidables. Parfois, c’étaient les chefs, d’autres fois la famille qui les entourait, ou encore les pêcheurs avec qui ils faisaient affaire. On a beaucoup voyagé, jusqu’aux îles de la Madeleine. J’ai vu chez ces chefs et ces entrepreneurs un regard qui s’élargit par le cœur et par la bouffe. C’est extraordinaire.
Trouves-tu que tu voyages différemment maintenant ?
Ça m’a assurément donné une nouvelle vision de ce que nous avons au Québec, et de la chance que nous avons d’accueillir des gens de partout dans le monde qui choisissent de partager leur culture, leurs traditions et leur héritage à travers la nourriture. Je vais souvent au restaurant dans la vie, surtout dans les nouveaux restos montréalais, des cuisines de marché, de la bistronomie. Avoir accès à ce type de cuisine — ça n’est pas que je n’y allais jamais — m’a surtout donné le goût d’explorer encore plus de possibilités et, idéalement, de voyager davantage pour en découvrir encore plus.
Nous avons pu te revoir aussi dans L’œil du cyclone. Est-ce que c’est un projet aussi génial que ce qu’on perçoit ?
C’est vraiment de la grosse joie, et ça se ressent. Une grande partie de l’équipe est composée de gens avec qui j’ai travaillé lors du Bye Bye. Je retrouve des membres de l’équipe technique, mais aussi Véronique Cloutier. C’est une émission familiale, portée par une équipe qui est devenue une famille et qui accueille les autres comme tels. C’est sain, beau, riche, vrai et simple. J’adore profondément ce projet.

Dirais-tu qu’en ce moment, c’est une très belle période de ta vie ?
Absolument ! Je suis à l’aube de mes 52 ans. Ça fait 26 ans que je travaille sans jamais avoir manqué de rien. J’ai le privilège de recevoir des propositions super intéressantes et de pouvoir faire de beaux choix. Tout ce que je fais présentement me ressemble énormément et correspond exactement à l’endroit où je veux être.
Avec l’arrivée prochaine de l’été, y a-t-il des projets familiaux ?
Je pars à Paris avec ma fille ! Juste nous deux, pour un beau voyage mère-fille. Margot a maintenant 13 ans. Ce sera sa première fois à Paris, et c’était son choix. Il n’y a pas de raison particulière pour ce voyage : ce n’est pas sa fête et il ne s’est rien passé d’extraordinaire. On avait simplement envie de le vivre. J’ai du temps avant l’été et j’en profite. J’ai le privilège d’avoir la santé, les moyens et l’espace dans ma vie pour faire ça. Elle va manquer un peu d’école, mais ça se rattrape bien. Sinon, nous avons un chalet dans le Bas-du-Fleuve, où nous passerons une bonne partie de l’été.

As-tu d’autres projets à annoncer ?
J’ai un projet en gestation, très personnel, qui pourrait prendre beaucoup de place prochainement... Je suis habitée par une belle idée de fiction que j’aimerais voir prendre forme. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant !