Un premier groupe d'auxiliaires afghans arrive aux États-Unis

AFP
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Washington | Quelque 2500 auxiliaires afghans de l'armée américaine et leurs familles, qui craignent des représailles des talibans après le retrait des forces étrangères, arriveront aux États-Unis dans les prochaines semaines, selon le gouvernement américain.
Un premier vol transportant plus de 200 d'entre eux était attendu aux premières heures de la journée vendredi. Ses passagers devaient être accueillis sur une base militaire pour y subir des examens médicaux et achever leurs dossiers administratifs avant d'être relocalisés dans le pays, selon Russ Travers, un responsable du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.
«Ils ont tous subi de rigoureux contrôles de sécurité, menés par les services de renseignement, le département d'État et celui de la Sécurité intérieure», a précisé M. Travers à la presse.
Au total, 2500 Afghans ayant assisté l'armée américaine, notamment comme interprètes, ont achevé le dossier pour l'obtention d'un visa d'immigration spécial (SIV).
Mais quelque 20 000 Afghans ont à ce stade demandé à être évacués par les États-Unis avec leur famille immédiate, ce qui veut dire que jusqu'à 100 000 personnes sont éligibles pour ces visas.
Les premiers 2500 seront envoyés à Fort Lee, une base de l'armée de terre située à quelque 200 km au sud de Washington, a précisé Tracey Jacobson, chargée du dossier au département d'État.
«Ils ont tous été testés pour la COVID-19. Ils ont tous été déclarés en état de prendre l'avion. Et nous avons proposé des vaccins à Kaboul à ceux qui le souhaitaient et nous allons aussi proposer ces vaccins à Fort Lee», a-t-elle ajouté.
Ils seront relogés chez des parents s'ils ont déjà de la famille aux États-Unis ou dans des logements fournis par le département d'État ou par l'agence de l'ONU chargée des migrations, l'OIM, a-t-elle précisé.
«Temps difficiles»
Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a réaffirmé jeudi au Koweït l'engagement de Washington à «aider ceux qui nous ont aidés pendant les temps difficiles en Afghanistan», notamment «les traducteurs et interprètes» ainsi que leurs familles.
«Nous sommes très activement engagés dans ce processus» de «relocalisation», a-t-il ajouté, sans donner plus de précisions.
Vu le nombre important de candidats à l'émigration et les combats en cours entre l'armée afghane et les talibans, alors que la pandémie de COVID-19 fait rage dans le pays, les responsables américains ont prévenu que les évacuations allaient prendre du temps.
«Nous avons absolument l'intention de poursuivre ce programme après le retrait total des troupes», le 31 août, a indiqué Mme Jacobson. «Nous faisons aussi vite que possible.»
Pour assurer leur protection pendant les contrôles de sécurité, qui peuvent prendre plusieurs mois, ils pourraient recevoir des autorisations préliminaires de voyager vers des pays tiers.
Mme Jacobson a précisé que Washington envisageait aussi d'aider les Afghans qui n'ont pas aidé l'armée américaine --et qui ne peuvent donc pas bénéficier d'un SIV-- mais qui risquent des représailles des talibans, comme des Afghanes en vue, des militants des droits humains ou des journalistes.
«L'administration envisage un éventail d'options» pour eux, a-t-elle dit.
Le Congrès américain a approuvé jeudi un financement de 1,1 milliard de dollars pour l'accueil des auxiliaires afghans.