Un pont Guy-Lafleur entre Montréal et l’île Bizard
Le nouveau pont de l’île porte maintenant son nom


Marc de Foy
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Le souvenir de Guy Lafleur est encore bien présent dans la mémoire québécoise. Après l’autoroute 50, voilà que le nouveau pont de l’île Bizard, mis en service l’an dernier, portera le nom de l’ancien numéro 10 du Canadien.
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L’arrondissement de L’Île-Bizard–Sainte-Geneviève en a fait l’annonce aujourd’hui en présence de dignitaires de la Ville de Montréal et d’anciens coéquipiers de Lafleur.
La nouvelle appellation du pont liant le quartier Sainte-Geneviève à l’île était un naturel. Lafleur a vécu les 27 dernières années de sa vie dans la résidence de style «Plantation» qu’il avait fait bâtir sur place du Moulin. Son épouse, Lise, qui a partagé sa vie pendant 50 ans, y est demeurée une année de plus, la propriété ayant été vendue en 2023.

Impliqué dans la communauté
Aussi incroyable que ça puisse paraître, le projet de renommer le pont de l’île en mémoire de Lafleur a fait l’objet de tiraillements bureaucratiques liés à la toponymie. Après plusieurs mois d’attente, la demande a finalement été acceptée vendredi dernier.
La famille Lafleur en a été informée dimanche.
«Il s’agit vraiment d’un superbe honneur, réagit l’aîné des deux fils du célèbre couple, Martin.
«Mon père était tellement impliqué dans la communauté. Quand il y a eu les grosses inondations [en 2019], mon père est venu en aide aux sinistrés. Il allait leur porter de l’essence avec une embarcation.
«L’île est comme un petit village. Les gens se connaissent et s’entraident quand les circonstances le demandent.»

Retour dans le temps
Martin et sa mère se sont remémoré un tas de souvenirs en traversant le pont en voiture mercredi.
«Nous sommes arrivés avant le temps et nous avons fait le tour de l’île, raconte Martin.
«Je n’étais pas venu ici depuis deux ans [année de la vente de la maison]. L’île était une oasis de paix pour mon père. C’est ici qu’il se ressourçait. C’est tellement tranquille. Il aimait regarder les couchers de soleil.»

Martin a franchi le cap de la cinquantaine cette année. Il s’est rappelé ses souvenirs d’enfance en compagnie de Réjean Houle, d’Yvon Lambert et de Guy Carbonneau, qui étaient présents à la cérémonie annonçant la nouvelle identification du pont.
«Mon père m’amenait avec lui au Forum, relate-t-il.
«Je patinais et je jouais au hockey après les séances d’entraînement. C’était comme si ça se passait encore hier. Le temps passe tellement vite.»

Lise reprend le dessus
Sa mère reprend le dessus, trois ans après le départ de son époux.
«Elle sort plus, indique Martin.
«Elle n’est pas prête à parler en public, mais elle se sent à l’aise en présence de gens.»
La dame a dû subir une opération à un genou, conséquence d’un accident de motoneige survenu pendant sa jeunesse.
«Elle marche cinq kilomètres trois fois par semaine», de dire Martin.

La bonté de l’homme
Le maire de l’arrondissement, Doug Hurley, a pour sa part connu Lafleur bien avant que celui-ci ne devienne un résident de l’île. Ancien policier à Montréal, M. Hurley était attaché à un poste situé à proximité du Forum. Il connaissait tous les joueurs du Canadien.
Il a vécu dans ces années mémorables un épisode qui traduit bien qui était le «Démon blond».
«Un jour, j’ai reçu un appel de l’Hôpital de Montréal pour enfants, dit-il.
«C’était pour me dire qu’un enfant en phase terminale voulait rencontrer Guy.»
Lafleur n’a fait ni une ni deux.
«Il est arrivé dans la chambre du jeune garçon avec un bâton qui lui appartenait, continue M. Hurley.
«Mais ce n’était pas tout. Il lui a ensuite remis un chandail autographié par tous les joueurs du Canadien. Guy est resté là 25 minutes, tout en faisant profil bas.»
Une dizaine de jours plus tard, l’enfant malade a dû subir une opération, mais il a finalement succombé à la maladie qui l’affligeait. Ses parents ont demandé à M. Hurley d’en informer Guy.
Le jeune a été inhumé avec son chandail du Canadien.
«Guy Lafleur, c’était ça, reprend M. Hurley.
«Il avait toujours le temps pour les jeunes.»

Qu’en est-il du film?
À propos, qu’arrive-t-il avec le projet de film sur la vie de Guy Lafleur annoncé en 2020?
«Le projet est encore bien vivant, répond Martin.
«Luc Picard a terminé le scénario et le projet a été ou sera bientôt déposé à la SODEC [Société de développement des entreprises culturelles]. Tout suit son cours.
«Qu’importe le temps que ça prend. Le plus important est que les préparatifs soient bien faits afin que le film soit à la hauteur de l’image que projetait mon père. J’ai hâte que le tournage commence.»