Un plan qui devient un succès sous nos yeux

Jean-Charles Lajoie
Partager
Le processus de reconstruction dans lequel s’est engagé le Canadien suit son cours, mais le pire est passé. Les garçons que dirige Martin St-Louis sont désormais engagés sur la voie de l’excellence.
Le fameux grand plan existe et se vit plus qu’il ne se subit. Les architectes de la firme Gorton, Hughes & Associates le tiennent en bible au royaume des croyants.
Geoff Molson a pris une décision courageuse en embauchant celui qui a été rejeté par les Rangers, puis l’agent de joueurs de l’ouest de l’île qui était parti vivre aux États-Unis et y gagner sa vie.
Tout aussi ambitieuse fut sa décision d’endosser le plan proposé.
Pendant quelques saisons, on voyait que le règne actuel allait être lent, que ni le v.-p. devenu depuis le président des opérations hockey ni le directeur général n’allaient y déroger d’un iota... Gorton et Hughes sont demeurés imperméables aux nombreuses critiques.
Dès leur embauche, ils ont dit vouloir prendre le temps de reconstruire l’organisation de fond en comble et de lui redonner son lustre d’antan.
Ils nous disaient que le club allait redevenir dominant, et ce, pour longtemps. Un vœu aux allures de prédiction hasardeuse dans une LNH de plus en plus au pair. Une ligue savamment réglementée afin d’en assurer la parité.
Gary Bettman y a mis le temps, un peu comme Gorton et Hughes à Montréal. Mais il a installé sur des bases solides le hockey amateur américain.
Ce qui me ramène au CH. Je parlais plus tôt de la prédiction hasardeuse de Gorton et d’Hughes quant à la dominance du Canadien pour plusieurs saisons.
Avec ce qui se déploie depuis la saison dernière, il y a peu de chances que le beau roman du Tricolore tourne au désastre.
Ce qui se construit, un petit geste à la fois, est exaltant. Pendant près de 25 ans, on cherchait le talent brut dans la formation de l’équipe. On en venait à espérer des miracles de développement transformant des attaquants de troisième trio en ailiers dominants de première unité.
À cette époque, la venue d’un Zachary Bolduc a été providentielle. Aujourd’hui, on est heureux de l’ajout d’un talent québécois, marqueur naturel choisi en milieu de première ronde et âgé de seulement 22 ans, en même temps qu’on se demande quelle sera sa place sur l’échiquier offensif lorsque celui-ci sera majoré de Michael Hage et d’Alexander Zharovsky.
Ceci n’est pas une critique de Bolduc, mais bien une ode à l’excellence du travail de Gorton et d’Hughes. Travail bien amorcé avec la nomination de Martin St-Louis.
Coach recrue avec le livre des erreurs à rééditer, fit parfait pour une équipe sans objectifs précis en termes de victoires ou de défaites. Un amas de confusion vu de l’extérieur, qui en réalité était un grand ballet de précisions de l’intérieur.
Martin, qui s’occupe de tout et alimente le peuple en preacher charismatique. Tellement qu’il s’est lui-même acheté du temps pour écrire son propre manuel du coach parfait. Un best-seller qui sera lu et copié pour longtemps.
Pendant que Martin s’occupait du moral de l’équipe et des partisans, Jeff et Kent ont beau jeu de bien faire les choses, de manière lente, mais certaine.
Une téléréalité est même venue témoigner du processus. Du travail impeccable qui reste à poursuivre et achever. La perfection n’existe pas en ce bas monde, une autre preuve nous en fut donnée samedi soir à Ottawa.
Mais le résultat autant que l’excellence du spectacle offert apposent aux «Glorieux» l’étiquette de respectabilité.